Policière lynchée en plein Paris

Résumé IA
Une policière stagiaire est poursuivie, jetée au sol et frappée en plein Paris, une scène filmée qui choque. Ce jeudi, 1.027 établissements sont touchés par des blocus, avec près de 2.000 interpellations et 300 blessés parmi les forces de l'ordre. La lieutenante stagiaire, en état de choc, dépose plainte vendredi matin.
Une policière stagiaire pourchassée, jetée au sol et frappée en plein Paris. Plus de mille lycées touchés en une seule journée : les blocus ont changé de nature.
La France tiendra-t-elle jusqu'à la Toussaint ?
La question n'a plus rien de rhétorique. Établissements incendiés ou cernés par les flammes, agressions, affrontements directs avec les forces de l'ordre dans certaines villes : ce qu'on présentait encore comme une mobilisation de jeunesse ressemble désormais à autre chose.
Et ce n'est pas qu'une impression.
Une journée noire, des chiffres sans précédent
Jeudi, 1.027 établissements ont été touchés. Soit un lycée sur quatre dans le pays. C'est trois fois plus que la veille.
Le mouvement ne connaît plus de frontière géographique. Aucun département n'est épargné.
Le ministère de l'Intérieur fait état de près de 2.000 interpellations sur la seule journée de jeudi. Un chiffre qui, à lui seul, dit l'ampleur des débordements.
Côté Éducation nationale, on recense 235 blessés. Du jamais-vu.
Et dans les rangs des policiers et gendarmes, le bilan grimpe à 300 blessés. Trois cents hommes et femmes envoyés pour maintenir l'ordre, et qui reviennent marqués.
Derrière ces données froides, il y a des visages. L'un d'eux a fait le tour des réseaux sociaux.
Le 20e arrondissement, ou la scène qui choque la France
Les images circulent depuis jeudi. Elles sont difficiles à regarder.
Une policière, casque vissé sur la tête, court dans une rue parisienne. Elle fuit. Derrière elle, une bande de jeunes la poursuit.
C'est l'un d'eux qui filme. Pendant toute la séquence, il l'insulte et la menace, téléphone à la main, comme on tournerait un divertissement.
Puis un adolescent la balaye d'un violent coup de pied. Elle tombe. Ses camarades accourent. Les coups pleuvent sur une femme à terre.
Qui est-elle ? Une lieutenante stagiaire. Elle devait achever sa formation d'officier de police en mars prochain. Ce jour-là, elle tentait simplement de rejoindre le blocus d'un lycée.
Elle n'a pas été gravement blessée physiquement. Mais elle est en état de choc.
On parle beaucoup de « jeunes en colère ». On parle moins de cette jeune femme, au tout début de sa carrière, traquée dans la rue parce qu'elle porte un uniforme.
« Inadmissible » : la colère des policiers face au discours de l'excuse
Chez Synergie Officiers, la réaction ne s'est pas fait attendre. Sa secrétaire générale, Gaëlle James, refuse de laisser passer.
Ces individus qui coursent une jeune femme parce qu'elle a police dans le dos, c'est inadmissible, dénonce-t-elle.
Elle vise aussi, sans les nommer, ceux qui minimisent depuis le début :
Quand j'entends certains partis politiques qui nous disent que les élèves sont inoffensifs, on a la preuve qu'aujourd'hui, non, ce n'est pas le cas.
Le constat est posé. Les faits l'imposent.
La syndicaliste s'inquiète surtout pour la suite, pour cette recrue qui découvre le métier de la pire des manières.
Commencer comme ça dans la police nationale, imaginez-vous le choc en se disant : mais est-ce que ça va m'arriver tout le temps ?
Une interrogation légitime. Car c'est bien la question que se posent aujourd'hui des milliers d'agents envoyés devant les grilles des lycées : jusqu'où ira-t-on avant que l'autorité ne soit rétablie ?
La victime, elle, ne compte pas en rester là. Selon les informations d'Europe 1, la lieutenante stagiaire a déposé plainte ce vendredi matin.
Un geste simple. Celui d'une représentante de l'État qui rappelle que frapper un policier n'est ni une revendication, ni une expression de la jeunesse.
C'est un délit.
(Crédit photo : JULIE SEBADELHA / AFP)



