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Gadji : 8 000 MWh promis, 4 137 livrés

4 octobre 2026 à 09:00
4 min de lecture
Gadji : 8 000 MWh promis, 4 137 livrés

Résumé IA

À Païta, la centrale biogaz de Gadji Énergie, première du territoire, produit environ la moitié de son objectif annuel prévu, faute de biogaz suffisant. Alcide Ponga, membre du gouvernement chargé de l'énergie, a visité le site et annonce un audit technique du réseau de captage pour améliorer la production.

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Une centrale pionnière, un moteur performant… et un réservoir de gaz qui ne suit pas.
À Païta, la première filière biogaz du pays affronte l'épreuve du réel.

Une idée simple, une installation ambitieuse

Il y a les annonces. Et il y a le terrain.

C'est sur le terrain qu'Alcide Ponga, membre du gouvernement chargé de l'énergie et des mines, a choisi de se rendre. Direction le site de Gadji Énergie, à Païta, pour faire le point sur la première centrale biogaz de Nouvelle-Calédonie.

Mise en service en décembre 2024, l'installation devait incarner une nouvelle manière de produire de l'électricité sur le territoire. Elle rencontre pourtant des difficultés depuis ses débuts. Le ministre a voulu les regarder en face.

Le principe tient en quelques mots : transformer nos déchets en électricité.

Les déchets enfouis sur l'installation de stockage de Gadji se décomposent et libèrent du biogaz. Ce gaz est capté, traité, puis brûlé comme combustible dans un moteur de 1 067 kW. L'électricité ainsi produite est renouvelable. Elle part directement sur le réseau public.

Sur le papier, les chiffres ont de quoi séduire.

À pleine capacité, la centrale a été dimensionnée pour produire près de 8 000 MWh par an. C'est l'équivalent de la consommation d'environ 2 400 foyers calédoniens.

Une production locale, issue de ressources locales, au service des Calédoniens. Le genre de projet qui parle à tous ceux qui croient qu'un territoire gagne en solidité quand il compte d'abord sur lui-même.

Encore faut-il que la machine tourne à plein régime.

Un moteur performant, mais un gaz qui manque

Le constat est sans détour. Le moteur fonctionne bien. Ses performances techniques sont bonnes.

Le problème est ailleurs.

La centrale tourne aujourd'hui autour de 650 kW, loin de sa puissance nominale. La raison : le volume de biogaz capté est insuffisant. Le moteur est prêt. Il n'a simplement pas assez de carburant.

Les résultats s'en ressentent directement. En 2025, l'installation a produit 4 137 MWh. Soit environ la moitié du productible initialement prévu.

La moitié. Pour un projet présenté comme une première, l'écart est significatif.

Pas question pour autant de baisser les bras ni de chercher des excuses. L'enjeu est identifié, et il est technique : il faut améliorer le réseau de captage.

La CSP, qui exploite l'installation de stockage, s'est engagée à conduire un audit technique. Ces travaux doivent permettre d'augmenter la quantité de biogaz valorisée. Objectif : rapprocher progressivement la centrale de sa puissance nominale.

Un diagnostic, des responsabilités claires, un plan de travail. C'est la méthode.

L'équilibre économique, l'autre front

Reste une question que la visite n'a pas éludée : celle de l'argent.

Une centrale qui produit deux fois moins que prévu, ce sont aussi des recettes en deçà des attentes. Or les coûts d'exploitation et de maintenance demeurent importants. Ils, ne baissent pas avec la production.

Résultat, la baisse de production par rapport aux prévisions fragilise l'équilibre du projet.

C'est tout le défi des filières naissantes. Le potentiel est réel, mais il faut le transformer en résultats concrets, sans quoi la viabilité même de l'outil est en jeu.

Alcide Ponga a résumé la situation sans langue de bois :

Cette visite permet de mesurer concrètement le potentiel de cette installation, mais aussi les difficultés auxquelles elle est confrontée. L'enjeu est de permettre à cette première filière de valorisation du biogaz de fonctionner dans de bonnes conditions, tout en veillant à l'équilibre économique du projet et à l'intérêt du système électrique calédonien.

Potentiel et difficultés, dans la même phrase. Ambition et rigueur budgétaire, sur le même plan.

Le message est clair : la transition énergétique ne se décrète pas, elle se gère. Et à Gadji, la suite se jouera dans les tuyaux du réseau de captage autant que dans les comptes de l'exploitant.

(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)