Prison calédonienne : place aux actes

Résumé IA
Alexandre Caby, secrétaire général de l'Ufap Unsa Justice, effectue un déplacement en Nouvelle-Calédonie pour rencontrer les personnels pénitentiaires de Nouméa et Koné, ainsi que les équipes du SPIP. Il visite les centres et examine le terrain envisagé pour le futur établissement pénitentiaire.
Ils tiennent la détention quand plus personne ne veut en entendre parler. Ils travaillent loin des caméras, rarement dans de bonnes conditions.
Pendant 48 heures, le secrétaire général de l'Ufap Unsa Justice est venu les voir, de Nouméa à Koné.
Quarante-huit heures au contact de ceux qui tiennent la pénitentiaire
Il y a les discours. Et il y a le terrain.
Alexandre Caby, secrétaire général de l'Ufap Unsa Justice, a choisi le second. Son déplacement en Nouvelle-Calédonie n'a pas commencé dans un salon officiel. Il a commencé derrière les murs.
Les premières heures ont été consacrées aux équipes. Il a d'abord rencontré les bureaux locaux du syndicat, au Centre pénitentiaire de Nouméa, au Centre de détention de Koné et au SPIP, le service pénitentiaire d'insertion et de probation. Il a ensuite pris le temps de s'immerger complètement dans les structures.
À Nouméa, il a parcouru l'ensemble des quartiers de l'établissement. Il n'a pas fait une visite guidée de façade : il est allé partout et a rencontré les agents à leur poste.
Puis cap au nord, vers Koné. Il a visité le centre de détention et échangé avec les collègues sur place.
Les personnels administratifs n'ont pas été oubliés. On les cite peu, et pourtant sans eux rien ne fonctionne. Le syndicat le rappelle sans détour : ils sont indispensables à la marche de l'administration.
Même démarche auprès du SPIP, à Nouméa comme à Koné, avec les agents du milieu ouvert comme avec ceux du milieu fermé.
Le ton de ces rencontres ? Direct. Sans filtre.
C'est peut-être là l'essentiel. Le responsable syndical a pu mesurer concrètement ce que vivent, jour après jour, les personnels pénitentiaires calédoniens. Pas à travers un rapport, mais face à face.
Futur établissement pénitentiaire : le terrain a été vu, reste à décider
Le deuxième temps fort du déplacement portait sur un dossier que tout le monde connaît et que personne n'a encore mené à terme : le futur établissement pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie.
La veille, le syndicat avait été reçu par Bastien Vandendick, directeur de cabinet de Sonia Backès, présidente de la Province Sud. Il a suivi les échanges avec sérieux. C'est grâce à lui qu'une visite du site envisagé a pu être organisée.
Sur place, Franck Ladrech, directeur adjoint de la Direction de l'Aménagement, de l'Équipement et des Moyens de la Province Sud, a accompagné la délégation. Il a présenté le domaine et détaillé les différents éléments liés au terrain. L'Ufap Unsa Justice a tenu à remercier l'ensemble des interlocuteurs provinciaux.
Alexandre Caby a ainsi pu juger par lui-même des caractéristiques et de la situation de ce foncier. Ce terrain pourrait accueillir le futur établissement, si le projet aboutit sur ce site.
Pour le syndicat, il n'y a pas d'ambiguïté : la relance de ce projet est une priorité.
Une prison neuve ne se construit pas en un an, et le syndicat ne fait pas semblant de l'ignorer. D'où une exigence immédiate : en attendant le nouvel établissement, les agents doivent pouvoir travailler dans des conditions dignes et sécurisées. Ce n'est pas un luxe. C'est le minimum qu'une République doit à ceux qui font respecter ses décisions de justice.
Le syndicat appelle plus largement à engager une réflexion sur l'avenir de la pénitentiaire en Nouvelle-Calédonie. Les personnels et leurs représentants doivent y être pleinement associés. On ne bâtit pas une politique pénitentiaire sans ceux qui la font vivre.
La formule de l'Ufap résume la séquence. Le constat est fait. Le terrain a été vu. Les échanges sont engagés.
Il reste à passer à la concrétisation.
Trois exigences, et une voix enfin portée
Deux jours de déplacement, de visites et de rencontres. Quarante-huit heures pour voir, écouter, constater et porter la réalité du terrain.
Alexandre Caby y a fixé trois priorités, sans détour.
La première, c'est la relance et l'aboutissement du futur établissement pénitentiaire. Selon le syndicat, c'est la seule réponse durable à la situation actuelle.
La deuxième vise l'immédiat : des moyens pour travailler dans la dignité et la sécurité tant que le nouvel établissement n'existe pas.
La troisième touche aux effectifs, et elle a une résonance particulière sur le Caillou. Le syndicat réclame le retour des originaires sur les postes vacants, afin de renforcer les effectifs dans la durée et de répondre aux besoins du territoire. Des agents calédoniens, formés, qui connaissent le pays et ne demandent qu'à y servir : l'idée relève du bon sens.
Le syndicat le dit lui-même, ce n'était pas un simple déplacement.
L'objectif était clair. Il s'agissait de porter la voix des personnels pénitentiaires de Nouvelle-Calédonie, de faire connaître leur quotidien et de faire avancer leurs revendications, concrètement.
Ces agents assurent une mission régalienne par excellence. Ils exécutent les peines prononcées au nom du peuple français. Ils méritent mieux que l'attente.
Le dossier est désormais sur la table. La balle est dans le camp des décideurs.
(Crédit photo : Ufap Unsa Justice Nouvelle-Calédonie)



