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Mémoire

7-Octobre : le pire massacre de juifs depuis la Shoah

7 octobre 2026 à 12:00
4 min de lecture
7-Octobre : le pire massacre de juifs depuis la Shoah

Résumé IA

Le 7 octobre 2023, le Hamas lance une attaque meurtrière en Israël, tuant 1 219 personnes et prenant 251 otages lors du pire massacre de juifs depuis la Shoah. La riposte israélienne à Gaza fait plus de 66 000 morts, tandis que l'antisémitisme connaît un réveil en France. Trois ans après, le Hamas conserve son emprise sur Gaza et ne renonce pas aux armes.

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Il y a des dates qui coupent l'Histoire en deux. Le 7 octobre 2023 en fait partie.
Ce jour-là, le Hamas a rappelé au monde ce que signifie la barbarie quand elle se filme et s'en vante.

Le jour où le Mal s'est filmé

Samedi 7 octobre 2023. Un demi-siècle exactement après le début de la guerre du Kippour, Israël se réveille sous une pluie de roquettes tirées depuis la bande de Gaza.

Pendant ce temps, des centaines d'hommes armés percent la barrière de sécurité.

Ils déferlent sur les kibboutzim et les localités voisines, Sderot en tête. Ils tuent sans distinction. Des nourrissons, des malades, des vieillards, des femmes enceintes. Ailleurs, d'autres commandos se posent en deltaplane et en parapente près du festival Supernova. Les jeunes qui dansaient sont pourchassés et exécutés avant que Tsahal ne puisse intervenir.

L'opération porte la signature du Hamas, qui règne sur Gaza d'une main de fer et bénéficie du soutien actif de la République islamique d'Iran. Le bilan établi depuis fait état de 1 219 personnes tuées et de 251 otages emmenés à Gaza.

Il y a pire que les chiffres. Les tueurs filment. Ils exultent. Ils publient leurs crimes sur les réseaux sociaux.

C'est là que tout bascule. Le Mal ne se dissimule plus, il se revendique comme légitime. Les nazis eux-mêmes savaient ce qu'ils faisaient et prenaient soin de le cacher. Le Hamas, lui, a monté son massacre comme un spectacle.

En France, le réveil antisémite

L'émotion est immédiate dans tout l'Occident. Elle sera brève.

Le vent tourne d'abord contre Israël, accusé d'une riposte disproportionnée. Puis contre les juifs eux-mêmes. Dans une partie de la jeunesse urbaine et des campus, un discours hostile s'installe sous l'étiquette commode de l'antisionisme. L'antisémitisme s'est simplement trouvé un nouveau costume.

Le 12 octobre 2023, Emmanuel Macron appelle les Français à « rester unis ». Le lendemain, à Arras, le professeur Dominique Bernard est assassiné dans son lycée. Des drapeaux palestiniens apparaissent dans les rues.

Le président, manifestement tétanisé par la peur d'un embrasement communautaire, met deux semaines à se rendre en Israël et en Cisjordanie. Sa proposition d'une « coalition internationale » contre le Hamas sidère les chancelleries, avant d'être discrètement abandonnée.

Trois ans plus tard, le chef de l'État s'apprête à quitter la scène. Le 22 septembre dernier, il a prononcé à New York le dernier discours de son mandat à la tribune de l'ONU. Le malaise français face au 7-Octobre, lui, n'a jamais vraiment été dissipé.

Gaza, l'Iran, et un Hamas qui refuse de disparaître

La réponse de Benyamin Netanyahou a été d'une ampleur jamais vue. L'opération « Sabre de fer » a soumis Gaza à des bombardements massifs, puis à une offensive terrestre. Au bout de deux ans, le ministère de la Santé du Hamas revendiquait plus de 66 000 morts et 170 000 blessés, des chiffres qui ne distinguent pas civils et combattants.

Le mot de génocide a été brandi, notamment à gauche. Israël le rejette fermement. Une chose est certaine : il s'agit de l'opération la plus meurtrière de l'histoire de l'État hébreu, d'une violence sans commune mesure avec celle du pogrom qui l'a déclenchée.

En juin 2025, Netanyahou a porté le fer jusqu'en Iran, parrain du Hamas. S'en est suivie une guerre éclair de douze jours entre les deux pays. Les frappes israéliennes avaient visé le programme nucléaire iranien et décapité une partie de la hiérarchie militaire, dont le chef des Gardiens de la révolution, Hossein Salami, et le chef d'état-major, Mohammed Bagheri.

À Gaza, les armes se sont largement tues depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025. Mais la paix reste une illusion.

Le Hamas n'a pas rendu les armes. Le 31 juillet 2026, Donald Trump a annoncé que son Conseil de la paix avait obtenu un accord pour désarmer le Hamas et les autres groupes armés de Gaza. Sur le terrain, rien n'est réglé. Selon la chaîne israélienne N12, les responsables sécuritaires s'inquiètent de voir le Hamas resserrer son emprise sur la population dans les zones qu'il contrôle, et jugent qu'une opération militaire élargie pourrait devenir inévitable.

Israël, de son côté, continue de frapper. Le 1er septembre 2026, ses forces spéciales ont mené un raid dans la ville de Gaza pour arrêter le chef des renseignements du Hamas.

Quant à la direction du mouvement, elle s'est réorganisée. Khalil al-Hayya a été élu le 20 juillet 2026 à la tête du bureau politique du Hamas.

Une question dérangeante revient aussi en Israël même : celle des responsabilités d'avant le massacre. La cellule investigation de Radio France a enquêté sur la manière dont Netanyahou a laissé le Qatar transférer de l'argent au Hamas avant le 7-Octobre.

Trois ans ont passé. Les victimes du 7-Octobre attendent toujours que leurs bourreaux soient vaincus. Le Hamas, lui, n'a renoncé à rien.

(Crédit photo : AFP)