Tu casses, tu répares : c'est à Dumbéa

Résumé IA
La maire de Dumbéa, Cynthia Jan, signe une convention avec le parquet et la gendarmerie pour lutter contre la petite délinquance. Deux outils sont mis en place : le rappel à l’ordre pour les premières infractions et la transaction-réparation, une première en Nouvelle-Calédonie. L’auteur d’une infraction devra payer ou effectuer un travail non rémunéré pour la commune.
Une première infraction ne restera plus sans réponse à Dumbéa.
La maire Cynthia Jan s'arme juridiquement contre la petite délinquance, avec le parquet et la gendarmerie à ses côtés.
Le rappel à l'ordre : l'autorité du maire retrouvée
À Dumbéa, l'heure n'est plus aux constats. Elle est aux outils.
La maire, Cynthia Jan, l'a annoncé sur sa page Facebook officielle : elle a signé une convention avec le procureur de la République et le général Haouchine, commandant de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie. L'objectif est clair, assumé, revendiqué. S'attaquer à ce qu'elle nomme le premier degré d'insécurité.
Autrement dit, ces actes que l'on a trop longtemps laissés filer. Les dégradations, les incivilités, les premières infractions. Celles qui pourrissent le quotidien des habitants sans jamais faire la une, et qui, faute de réponse, finissent par installer un sentiment d'impunité.
Deux mesures concrètes en sortent. Pas des slogans. Des leviers.
Le premier outil est connu des juristes, beaucoup moins du grand public. Le rappel à l'ordre permet au maire de convoquer solennellement l'auteur d'une première infraction.
Solennellement. Le mot compte.
Car il s'agit de rappeler une évidence que certains semblent avoir oubliée : une infraction, même la première, ne doit pas rester sans conséquence. Cynthia Jan le formule sans détour dans sa publication. L'auteur d'un premier écart doit être recadré, en face, par l'autorité municipale.
Ce n'est pas une sanction pénale. C'est un avertissement républicain, porté par l'élue la plus proche des citoyens. Une manière de remettre de la verticalité là où la culture de l'excuse a souvent prospéré, et de signifier au jeune qui dérape que la commune voit, sait et réagit.
Dans une Nouvelle-Calédonie encore marquée par les violences de 2024, le symbole n'est pas anodin. L'ordre public ne se reconstruit pas seulement avec des escadrons et des moyens lourds. Il se reconstruit aussi, au quotidien, par des règles simples, appliquées sans faiblesse.
La transaction-réparation : Dumbéa, première commune du territoire
Le second outil marque une vraie nouveauté. Dumbéa est la première commune de Nouvelle-Calédonie à mettre en œuvre la transaction-réparation.
Le principe est d'une logique implacable. Lorsqu'une infraction est commise au préjudice de la commune, son auteur a le choix entre deux voies : verser une participation financière, ou effectuer un travail non rémunéré au profit de la commune.
Tu casses, tu répares. Tu dégrades, tu paies.
Voilà une philosophie que beaucoup de Calédoniens réclament depuis longtemps. Celle de la responsabilité individuelle, à rebours d'un discours qui fait systématiquement du délinquant une victime de son environnement. Ici, c'est la collectivité, et donc le contribuable, qui a subi le préjudice. Il est juste que ce soit l'auteur qui en assume le coût.
Le travail au profit de la commune a, en outre, une vertu que l'amende seule n'offre pas. Il confronte directement le fautif aux conséquences de ses actes, sur le terrain, au service de ceux qu'il a lésés.
Un plan de tranquillité publique qui passe aux actes
Cette convention ne tombe pas du ciel. Elle est, selon la maire, directement issue du Plan de Tranquillité Publique, adopté en conseil municipal en juillet dernier.
C'est là que réside sans doute l'essentiel. Un plan voté, puis un partenariat opérationnel signé quelques mois plus tard. La séquence est cohérente, et elle tranche avec ces documents stratégiques qui dorment dans les tiroirs des mairies.
Cynthia Jan a tenu à remercier le procureur de la République et le général Haouchine pour leur engagement aux côtés de Dumbéa. Car rien de tout cela ne fonctionne sans la justice et sans les forces de l'ordre. Le maire convoque, la gendarmerie constate, le parquet encadre. Chacun à sa place, mais tous dans la même direction.
Ce trio institutionnel envoie un message limpide aux délinquants comme aux habitants. À Dumbéa, l'État et la commune parlent d'une même voix.
La maire, elle, ne compte pas s'arrêter là. Sa conclusion sonne comme un engagement :
Je compte bien doter la Ville de tous les outils possibles pour lutter contre toutes les délinquances.
Toutes les délinquances. Pas seulement les plus spectaculaires.
Reste désormais à juger sur pièces. Mais en choisissant la fermeté dès le premier écart, Dumbéa assume une ligne que bien des communes de France hexagonale ont mis des années à adopter. Celle d'une sécurité qui commence par le respect de la règle, et d'une autorité qui ne s'excuse pas d'exister.
(Crédit photo : page Facebook "Cynthia Jan- Unir pour l'Avenir Dumbéa")


