L’Indonésie alerte sur le recrutement de mercenaires russes visant les travailleurs migrants

Résumé IA
Les autorités indonésiennes des îles Riau alertent sur le recrutement de travailleurs migrants par des réseaux étrangers, après la mort de Rendi Apriyanto, parti combattre en Russie. L’enquête révèle un départ légal vers Dubaï avant de rejoindre la Russie, poussant à renforcer la coordination et la vigilance face aux offres d’emploi sur les réseaux sociaux.
Les autorités indonésiennes mettent en garde contre une nouvelle menace : le recrutement de ressortissants pour servir dans des unités militaires étrangères, notamment dans le cadre de la guerre en Ukraine. L’alerte intervient après la mort d’un habitant des îles Riau, parti combattre après avoir été attiré par la promesse d’un salaire élevé.
Un Indonésien tué après avoir rejoint une unité militaire étrangère
Les autorités des îles Riau, en Indonésie, renforcent leur vigilance face au recrutement de travailleurs migrants par des réseaux étrangers. Cette nouvelle menace a été mise en lumière après la mort de Rendi Apriyanto, originaire de la régence de Natuna.
Selon les autorités indonésiennes, l’homme aurait été attiré par la promesse d’une rémunération importante avant de rejoindre une unité militaire étrangère impliquée dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Son nom ne figurait pas dans le système officiel recensant les travailleurs migrants indonésiens, a indiqué Imam Riyadi, responsable de l’agence locale chargée de leur protection.
Le ministère indonésien des Affaires étrangères a depuis engagé des démarches, notamment par l’intermédiaire de l’ambassade d’Indonésie en Russie, afin de retracer son parcours et les circonstances de son décès.
Un départ légal vers Dubaï avant de rejoindre la Russie
L’enquête montre que Rendi Apriyanto avait pourtant quitté légalement l’Indonésie. Son passage à l’aéroport international Soekarno-Hatta, à destination de Dubaï, avait été enregistré conformément aux procédures officielles.
Il aurait ensuite poursuivi son voyage depuis les Émirats arabes unis vers la Russie, en utilisant les procédures migratoires locales.
Cette situation illustre la difficulté pour les autorités de détecter certains recrutements lorsque les candidats quittent initialement le territoire avec des documents parfaitement valides.
L’immigration des îles Riau veut désormais renforcer la coordination entre les ministères et les différentes administrations afin de mieux détecter les détournements de passeports et les départs susceptibles de conduire des ressortissants indonésiens vers des activités illégales ou dangereuses à l’étranger.
Les offres d’emploi sur les réseaux sociaux dans le viseur
Les autorités appellent également les Indonésiens à la prudence face aux offres d’emploi très rémunératrices diffusées sur les réseaux sociaux ou proposées par des intermédiaires dont l’activité n’est pas clairement encadrée.
Avant tout départ, les candidats sont invités à vérifier la légalité de l'emploi, l'identité et la crédibilité du recruteur, le pays de destination ainsi que les conditions précises du contrat.
L’objectif est d’éviter que des travailleurs ne deviennent victimes de traite des êtres humains, d’exploitation ou de recrutement militaire clandestin.
La question est d’autant plus sensible que la législation indonésienne prévoit qu’un citoyen servant dans une armée étrangère peut perdre sa nationalité indonésienne.
Plus de 3 000 départs clandestins empêchés depuis 2024
Les îles Riau constituent déjà une zone particulièrement exposée aux filières migratoires clandestines en raison de leur situation géographique. Entre 2024 et 2026, 3 160 départs non officiels de travailleurs migrants ont été empêchés par différentes administrations.
La police aurait intercepté à elle seule 2 036 personnes, tandis que les services du ministère chargé de la protection des travailleurs migrants en ont empêché 940 de partir. L'armée indonésienne est également intervenue dans 141 cas.
Pour la seule année 2026, près de 3 948 dossiers avaient été recensés à la fin du mois de septembre. Parmi eux figuraient 2 910 travailleurs clandestins expulsés de pays étrangers, 871 personnes empêchées de quitter le territoire et 93 rapatriements.
Des travailleurs déjà attirés par les réseaux clandestins en Asie
Avant l’apparition de cette nouvelle menace liée au recrutement militaire à l’étranger, certains habitants des îles Riau avaient déjà rejoint clandestinement la Malaisie ou des centres d’arnaques en ligne implantés notamment au Cambodge.
Les autorités cherchent donc à développer des alternatives légales pour les candidats au départ.
Un programme de formation baptisé SMK Go Global a notamment été lancé à Batam. Il propose des certifications gratuites, un hébergement, une allocation ainsi qu'un accès à des emplois officiels à l'étranger.
Deux premières classes regroupant 40 participants ont été ouvertes, dont environ 90 % sont originaires des îles Riau.
Pour Jakarta, l’enjeu est désormais de couper les filières de recrutement clandestines avant le départ et d’éviter que la promesse d’un salaire élevé ne conduise certains Indonésiens vers l’exploitation, les réseaux criminels ou les champs de bataille étrangers.


