Sarah Knafo défend la Nouvelle-Calédonie au Parlement européen et dénonce les ingérences étrangères

Résumé IA
La députée européenne Sarah Knafo défend la Nouvelle-Calédonie au Parlement européen, dénonçant les conséquences des émeutes de mai 2024 et les ingérences étrangères, notamment de l’Azerbaïdjan et de la Chine. Elle critique les positions du Rassemblement national et de La France insoumise, et rappelle les résultats des trois référendums où les Calédoniens ont voté pour le maintien dans la République française.
La députée européenne Sarah Knafo a consacré une intervention à la Nouvelle-Calédonie, dénonçant les conséquences des émeutes de mai 2024, les ingérences étrangères et le manque d'attention accordé à l'archipel par les institutions européennes. Elle a également rappelé les résultats des trois référendums et adressé un message de soutien aux Calédoniens.
« 270 000 citoyens européens dont cette Assemblée ne parle jamais »
C'est par un constat sur la place de la Nouvelle-Calédonie dans les débats européens que Sarah Knafo a ouvert son intervention au Parlement européen.
À 17 000 kilomètres de cet hémicycle vivent 270 000 citoyens européens dont cette Assemblée ne parle jamais. Ils s'appellent les Calédoniens.
La députée européenne a immédiatement évoqué les difficultés économiques du territoire, notamment l'augmentation de 10 % des tarifs de l'électricité au 1er octobre 2026, qu'elle présente comme une nouvelle pression sur le pouvoir d'achat des ménages.
Elle a regretté que la Nouvelle-Calédonie, malgré ses ressources et son potentiel énergétique, ne dispose pas des moyens nécessaires pour renforcer son autonomie en matière de production d'électricité.
Une situation qu'elle replace dans le contexte de la reconstruction engagée après les événements de mai 2024.
Émeutes de mai 2024 : Sarah Knafo évoque une opération organisée
Revenant sur les violences qui ont frappé la Nouvelle-Calédonie à partir du 13 mai 2024, Sarah Knafo a rappelé un bilan de 14 morts et de deux milliards d'euros de dégâts, selon les chiffres qu'elle a cités devant les parlementaires européens.
Elle a notamment souligné que les conséquences économiques et sociales des destructions continuent de peser sur le territoire, avec des écoles, des entreprises et des commerces toujours engagés dans leur reconstruction.
Mais la députée est allée plus loin dans son analyse des événements.
Et ces émeutes, il faut le dire ici, n'étaient pas une colère spontanée. C'était une opération.
Elle a évoqué des barrages coordonnés, des cibles choisies et une jeunesse progressivement dressée, selon elle, contre une partie de la population.
Cette lecture des événements, qui met l'accent sur leur caractère organisé, constitue l'un des principaux messages politiques de son intervention.
RN et LFI directement interpellés
Sarah Knafo a également critiqué les positions prises par plusieurs formations politiques nationales pendant les émeutes.
Elle a reproché au Rassemblement national d'avoir, selon elle, renvoyé dos à dos les auteurs des violences et leurs victimes.
Elle s'en est également prise à La France insoumise, accusée d'avoir dénoncé une répression coloniale pendant que Nouméa était confrontée aux incendies et aux pillages.
La députée a estimé que ces responsables politiques devraient rendre compte des positions qu'ils avaient défendues au moment des événements.
Azerbaïdjan, Chine et nickel : les ingérences étrangères au cœur du discours
Autre point central de son intervention : les relations entre certains mouvements indépendantistes calédoniens et des puissances étrangères.
Sarah Knafo a notamment évoqué les liens établis avec l'Azerbaïdjan, rappelant la présence de drapeaux azerbaïdjanais dans des cortèges indépendantistes et la signature d'accords avec des représentants de ce pays.
Elle a également mentionné les relations du FLNKS avec la Chine, ainsi que l'importance du nickel calédonien pour les intérêts économiques et stratégiques de Pékin.
Pour la députée, la Nouvelle-Calédonie ne doit pas être considérée uniquement comme une question de politique intérieure française.
Elle a interpellé les institutions européennes sur leur vigilance face aux influences étrangères dans le Pacifique.
Mais alors, où est la résolution européenne sur la Nouvelle-Calédonie ? Où est l'indignation ? Où est cet hémicycle ?
En comparant cette situation à la mobilisation européenne contre les ingérences russes, Sarah Knafo a appelé à une attention comparable pour les enjeux géopolitiques de la Nouvelle-Calédonie.
Ces déclarations traduisent son analyse politique des influences étrangères ; elles ne constituent pas, à elles seules, une démonstration de leur rôle dans l'organisation des violences de mai 2024.
La Nouvelle-Calédonie, un territoire stratégique pour la France et l'Europe
La députée a insisté sur la place particulière qu'occupe l'archipel dans l'espace indopacifique.
Le nickel, les routes maritimes et la position géographique du territoire constituent, selon elle, des enjeux qui dépassent largement les frontières de la Nouvelle-Calédonie.
Elle a notamment posé la question de la capacité de l'Europe à protéger ses intérêts stratégiques face à des régimes autoritaires cherchant à accroître leur influence dans le Pacifique.
La Nouvelle-Calédonie bénéficie du statut de pays et territoire d'outre-mer (PTOM) associé à l'Union européenne. Elle ne fait pas partie du territoire de l'Union, mais ses ressortissants de nationalité française disposent de la citoyenneté européenne.
« Ils ont voté trois fois et trois fois, ils ont dit oui à la France »
Dans la dernière partie de son intervention, Sarah Knafo est revenue sur les trois référendums d'autodétermination organisés en 2018, 2020 et 2021.
Elle a rappelé que les trois consultations s'étaient soldées par une majorité de suffrages exprimés en faveur du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République française.
Les Calédoniens, eux, ont répondu. Ils ont voté trois fois et trois fois, ils ont dit oui à la France.
Ce rappel intervient alors que l'avenir institutionnel du territoire demeure un sujet majeur des discussions politiques.
Le troisième référendum, organisé en décembre 2021, avait notamment été boycotté par les principales formations indépendantistes, qui continuent de contester les conditions de cette consultation.
« Vous êtes l'honneur de la France »
Pour conclure son intervention, Sarah Knafo s'est directement adressée aux habitants de la Nouvelle-Calédonie, évoquant ceux qui ont traversé les violences et leurs conséquences.
Elle a réaffirmé son soutien aux Calédoniens et sa volonté de continuer à défendre leur situation dans le débat politique national et européen.
Vous êtes l'honneur de la France et aujourd'hui, dans cette Assemblée qui ne parlait jamais de vous, votre nom a été prononcé.
Une conclusion qui résume le message de son intervention : faire de la Nouvelle-Calédonie un sujet européen, à la fois sur le plan humain, économique et géopolitique.


