Panot sabote Octobre rose

Résumé IA
Mathilde Panot refuse de porter le ruban d’Octobre rose, dénonçant dans une vidéo les multinationales et politisant la campagne de sensibilisation au cancer du sein. Sa sortie suscite une indignation unanime de la classe politique, de la majorité à l’opposition. Les internautes rappellent aussi que le ruban fut créé en 1992 par Alexandra Penney et Evelyn Lauder.
Octobre rose devait rassembler. Mathilde Panot a choisi d’en faire une tribune.
Un ruban refusé, une vidéo de trois minutes, et une classe politique quasi unanime pour dénoncer la manœuvre.
Un ruban rose transformé en manifeste politique
Chaque année, le mois d’octobre est consacré à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Un rendez-vous de santé publique, consensuel par nature, où l’on parle prévention, diagnostic précoce et soutien aux malades.
La présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale a décidé d’en prendre le contre-pied.
Dans une vidéo publiée sur X, Mathilde Panot annonce qu’elle ne portera pas le ruban d’Octobre rose. Sa justification : refuser de tomber malade au profit de multinationales auxquelles, selon elle, on aurait accordé depuis trop longtemps de véritables autorisations de tuer.
En trois minutes, la députée enchaîne les sujets. Les insecticides. Le macronisme. Israël. Et, quelque part au milieu, le cancer du sein.
Sa conclusion résume la démarche. Plutôt qu’un Octobre rose, elle réclame un Octobre de la colère, au motif que le cancer serait à ses yeux une maladie politique.
Le message est clair, et il a été reçu comme tel : un symbole de solidarité envers les malades devient un support de combat idéologique.
Une indignation qui dépasse les clivages
Les réactions n’ont pas tardé, et elles sont venues de tous les horizons.
La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a répondu directement sous la publication en demandant à la députée si elle n’avait pas honte.
Claire Geronimi, vice-présidente de l’UDR et fondatrice de l’association Éclats de femme, a dénoncé une instrumentalisation d’Octobre rose et de la lutte contre le cancer du sein au service d’une idéologie. Pour elle, LFI a une nouvelle fois démontré qu’elle ne s’impose aucune limite.
Même tonalité chez Aurélien Rousseau. L’ancien ministre de la Santé, qu’on ne peut soupçonner de proximité avec la droite, a jugé la mise en scène indécente.
Prisca Thevenot, députée des Hauts-de-Seine et ancienne porte-parole du gouvernement, a rappelé ce que devrait être cette campagne : un moment de solidarité entre les femmes. Elle reproche à Mathilde Panot d’en avoir fait un sujet de division et d’avoir réussi l’exploit de politiser un simple ruban. Elle a aussi relevé que même ce symbole n’échappait pas à l’obsession insoumise pour Israël.
C’est précisément ce point qui a fait réagir Marine Le Pen. La candidate à l’élection présidentielle s’est dite surprise de voir Israël surgir dans une vidéo consacrée au cancer du sein. Elle estime que cette obsession dissimule un antisémitisme de plus en plus assumé, que La France insoumise qualifie par ailleurs de résiduel, et qu’elle ne trompera personne.
De la majorité présidentielle au Rassemblement national, en passant par un ancien ministre de gauche, le constat converge. Rare.
Une contre-vérité sur l’origine du ruban
Reste un problème de fond, au-delà du choix de ton : les faits.
Dans sa vidéo, Mathilde Panot affirme qu’Octobre rose aurait été inventé par une multinationale vendant à la fois des pesticides et des traitements contre le cancer.
Les internautes n’ont pas laissé passer. Ils ont rappelé l’histoire réelle du symbole.
Le ruban rose a été créé en 1992 par deux femmes. Alexandra Penney, rédactrice en chef du magazine américain Self. Et Evelyn Lauder, elle-même rescapée d’un cancer du sein, alors vice-présidente du groupe de cosmétiques Estée Lauder.
L’idée était simple : faire du ruban un emblème et le proposer dans les boutiques de la marque. À l’automne 1992, 1,5 million de rubans avaient déjà été distribués.
Pas de géant des pesticides à l’origine, donc. Une survivante de la maladie et une journaliste, qui ont voulu rendre visible un combat longtemps resté discret.
C’est sans doute là que la sortie de la députée insoumise heurte le plus. En réécrivant l’histoire d’Octobre rose pour la faire entrer dans son récit anticapitaliste, elle détourne un mouvement né de l’expérience intime d’une malade. Et elle relègue au second plan ce qui devrait primer en ce mois d’octobre : inciter les femmes à se faire dépister.
(Crédit photo : capture d'écran compte X Mathilde Panot)


