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88 vies en danger : la France décolle

11 octobre 2026 à 08:05
3 min de lecture
88 vies en danger : la France décolle

Résumé IA

88 personnes sont en détresse sur le ferry AWKA, battant pavillon des Îles Salomon, à la dérive dans le Pacifique. Sur demande du MRCC Honiara, un avion CASA de l’Armée de l’Air et de l’Espace décolle de la base de La Tontouta, en Nouvelle-Calédonie, pour larguer radeaux, eau et vivres. L’opération, menée sous l’autorité du Haut-commissaire de la République, se poursuit avec des moyens australiens.

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88 personnes en perdition au milieu du Pacifique, sur un ferry à la dérive. Et c’est depuis la Nouvelle-Calédonie, avec des moyens militaires français, que les secours ont pris l’air.

Une décision rapide, sous l’autorité de l’État

Samedi 10 octobre, au matin. L’alerte tombe au Centre Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage de Nouvelle-Calédonie, le COSS NC.

Un ferry est en détresse.

Il s’appelle AWKA, il bat pavillon des Îles Salomon, et il transporte 88 personnes. L’avarie s’est produite dans la zone de recherche et de sauvetage, la zone SAR, qui relève des Salomon. C’est donc le MRCC Honiara, le centre de coordination de l’archipel, qui a la main sur l’opération.

Mais la situation est grave. Assez grave pour qu’Honiara sollicite le concours des centres de coordination de la région.

Nouméa a répondu présent.

Le COSS NC se mobilise immédiatement pour organiser un appui opérationnel. Pas de tergiversation, pas de réunion interminable : la mécanique de l’État fonctionne comme elle doit fonctionner.

C’est sous l’autorité du Haut-commissaire de la République, et dans le cadre des accords de coopération régionale, que la décision est prise. Un avion CASA de l’Escadron de Transport 52, l’ET 52 de l’Armée de l’Air et de l’Espace, est engagé depuis sa base de La Tontouta.

On l’oublie trop souvent dans les débats sur le coût de la présence militaire outre-mer. Ces appareils, ces équipages, cette chaîne de commandement ne sont pas des lignes abstraites dans un budget. Ce sont des outils prêts à décoller quand des vies sont en jeu, y compris hors de nos propres eaux.

Ce samedi, ils ont décollé.

Radeaux, eau et vivres largués au plus près du navire

Dans l’après-midi, le CASA atteint la zone. Il réalise avec succès un aéro-largage d’équipements de secours à proximité immédiate du ferry.

Cinq chaînes SAR, pour Search and Rescue, sont larguées. Chacune comprend des radeaux de survie dotés d’eau et de vivres de première nécessité. De quoi offrir aux 88 personnes à bord une marge de sécurité concrète, tangible, pendant que la suite de l’opération s’organise.

Car l’affaire n’est pas terminée. Le ferry AWKA reste en attente d’un moyen de remorquage.

Sur zone, la France n’est pas seule. Des moyens aériens australiens, engagés par le JRCC Canberra, interviennent également en appui du MRCC Honiara. Trois centres, trois pays, une même mission : ne laisser personne à la mer.

La France, puissance du Pacifique qui tient ses engagements

Cette opération de grande ampleur dit quelque chose de simple. Les liens de coopération et d’entraide maritime entre les pays du Pacifique Sud ne sont pas des formules de communiqué. Ils se vérifient en conditions réelles, entre le MRCC Honiara, le COSS NC et le JRCC Canberra.

Elle rappelle aussi une réalité que certains préfèrent ignorer.

La France n’est pas une puissance du Pacifique par accident de l’histoire ou par simple tracé sur une carte. Elle l’est parce qu’elle y maintient des moyens, des hommes et une capacité d’action. La posture permanente des Forces armées en Nouvelle-Calédonie, les FANC, existe précisément pour cela : concourir à la sauvegarde de la vie humaine en mer dans toute la région.

Quand Honiara appelle, c’est aussi vers la Nouvelle-Calédonie, donc vers la France, que se tournent les regards. Ce n’est pas un détail diplomatique. C’est la preuve d’une crédibilité construite sur la durée, et que l’on entretient en répondant présent à chaque fois.

Samedi, un avion parti de La Tontouta a largué de l’eau, des vivres et des radeaux à des centaines de personnes qui n’avaient rien demandé d’autre que de rentrer chez elles.

La France était là. Et c’est exactement ce qu’on attend d’elle.

(Crédit photo : FANC/NICOLAS NACHER)