Aller au contenu
0%
Au delà du récif

Amelia Earhart : une expédition dans le Pacifique pour retrouver son avion disparu depuis 89 ans

11 octobre 2026 à 15:00
4 min de lecture
Amelia Earhart : une expédition dans le Pacifique pour retrouver son avion disparu depuis 89 ans

Résumé IA

Une expédition américaine de 17 chercheurs, dirigée par Richard Pettigrew, quitte Los Angeles pour explorer l'atoll de Nikumaroro, où elle espère retrouver l'épave de l'avion d'Amelia Earhart, disparue en 1937. L'équipe examine une structure immergée repérée par satellite, qui pourrait être le Lockheed Electra de l'aviatrice, malgré les doutes de certains spécialistes.

Aa

Près de 90 ans après la mystérieuse disparition de l'aviatrice américaine Amelia Earhart, une nouvelle expédition scientifique met le cap sur un atoll isolé du Pacifique. Objectif : retrouver les restes de son avion et résoudre l'une des plus grandes énigmes de l'histoire de l'aviation.

Une expédition scientifique au cœur du Pacifique

Une équipe américaine de 17 chercheurs et archéologues marins a quitté Los Angeles début octobre pour rejoindre Nikumaroro, un atoll inhabité de la République des Kiribati, situé dans l'archipel des îles Phoenix. Soutenue par l'université Purdue, dans l'Indiana, cette mission estimée à 900 000 dollars américains doit atteindre l'atoll le 13 octobre 2026.

Les scientifiques espèrent identifier une mystérieuse structure immergée, repérée sur des images satellites en 2020, qui pourrait correspondre aux débris du Lockheed Electra 10-E, l'avion piloté par Amelia Earhart lors de son dernier voyage.

L'expédition est dirigée par Richard Pettigrew, responsable de l'Archaeological Legacy Institute, en collaboration avec l'université Purdue, historiquement liée à l'aviatrice.

Les chercheurs prévoient de passer cinq jours sur place pour examiner cette anomalie avant de regagner Tarawa, la capitale des Kiribati.

Une disparition mystérieuse depuis 1937

Le 2 juillet 1937, Amelia Earhart, âgée de 39 ans, décolle de Lae, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, accompagnée de son navigateur Fred Noonan. L'aviatrice tente alors de devenir la première femme à réaliser un tour du monde en avion en suivant une route proche de l'équateur.

Leur prochaine destination est l'île Howland, un minuscule territoire du Pacifique situé à environ 4 000 kilomètres de leur point de départ. Mais l'appareil n'atteindra jamais sa destination.

Lors de ses dernières communications radio, Amelia Earhart signale que ses réserves de carburant diminuent dangereusement. Le contact est ensuite définitivement perdu.

Les autorités américaines lancent une opération de recherche d'une ampleur exceptionnelle, mobilisant d'importants moyens aériens et maritimes. Malgré ces efforts, aucune trace certaine de l'avion ni de ses deux occupants n'est retrouvée.

La thèse officielle américaine privilégie depuis longtemps un épuisement du carburant suivi d'un amerrissage ou d'un crash en pleine mer, à proximité de l'île Howland.

L'hypothèse d'un atterrissage sur Nikumaroro

Depuis plusieurs décennies, certains chercheurs défendent une autre explication. Selon cette hypothèse, Amelia Earhart et Fred Noonan auraient réussi à se poser sur le récif corallien de Nikumaroro, situé à plusieurs centaines de kilomètres de leur destination initiale.

Ils auraient ensuite survécu quelque temps sur l'île avant de mourir faute de secours.

Plusieurs découvertes alimentent cette théorie. Des expéditions précédentes ont notamment retrouvé un ancien pot de crème cosmétique datant des années 1930, des fragments de couteau et d'autres objets susceptibles de correspondre à l'époque de la disparition.

Des analyses réalisées à partir de mesures d'ossements humains découverts dans les années 1940 ont également été avancées pour soutenir cette hypothèse, sans apporter de preuve définitive.

Les chercheurs se sont aussi intéressés à des signaux radio captés après la disparition et à une ancienne photographie du littoral montrant une forme pouvant évoquer un élément du train d'atterrissage de l'avion.

Aucun de ces indices n'a toutefois permis d'établir avec certitude la présence de l'aviatrice sur l'atoll.

Un avion ou simplement un arbre immergé ?

La nouvelle mission repose principalement sur une anomalie visible dans le lagon de Nikumaroro.

Identifiée sur des images satellites de 2020, cette structure présente une forme ramifiée qui pourrait, selon les organisateurs, évoquer le fuselage et les ailes d'un avion.

L'équipe affirme également avoir retrouvé des traces possibles du même objet sur des photographies aériennes remontant jusqu'à 1938.

Mais cette interprétation ne fait pas l'unanimité.

Ric Gillespie, spécialiste de la disparition d'Amelia Earhart et cofondateur de l'organisation TIGHAR, estime que la mystérieuse silhouette serait en réalité un pandanus déraciné, emporté dans le lagon. Paradoxalement, ce chercheur figure parmi les principaux défenseurs de la théorie selon laquelle Earhart aurait terminé son voyage sur Nikumaroro. Après une douzaine d'expéditions menées sur l'atoll, il considère néanmoins que l'avion aurait depuis longtemps été emporté au large par les marées et détruit par les vagues.

Plusieurs recherches sous-marines ont déjà échoué, notamment une mission conduite en 2019 par Robert Ballard, célèbre pour avoir retrouvé l'épave du Titanic.

Une découverte qui pourrait résoudre une énigme historique

Si les scientifiques identifient effectivement des éléments du Lockheed Electra, il s'agirait d'une avancée majeure pour l'histoire de l'aviation. L'université Purdue, qui avait contribué au financement de l'appareil original, souhaite participer à la préservation d'éventuels vestiges.

Toutefois, aucune pièce ne devrait être remontée lors de cette première mission. Une opération de récupération nécessiterait des autorisations supplémentaires du gouvernement des Kiribati.

L'expédition pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouvelles investigations archéologiques.

Près de 89 ans après la disparition d'Amelia Earhart, le Pacifique conserve peut-être encore les réponses à l'une des plus célèbres énigmes aéronautiques du XXe siècle.

Et c'est désormais dans les eaux isolées de Kiribati que les chercheurs espèrent les découvrir.