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L'actualité locale

Un navire de guerre pour des collégiens de Thio

11 octobre 2026 à 14:00
4 min de lecture
Un navire de guerre pour des collégiens de Thio

Résumé IA

Les Forces armées en Nouvelle-Calédonie mènent des actions auprès des habitants. Des soldats du RIMaP-NC installent une cuve d’eau dans la tribu de Ina et participent à la fabrication d’un four traditionnel. Le patrouilleur Jean Tranape accueille par ailleurs des collégiens de Thio, et la ville pourrait devenir la marraine du navire.

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Pendant que certains entretiennent la défiance, l’armée française, elle, retrousse ses manches.
De la tribu de Ina aux collégiens de Thio, nos soldats et nos marins rappellent concrètement ce que la France apporte au Caillou.

Les marsouins du RIMaP-NC à pied d’œuvre dans la tribu de Ina

On parle beaucoup de l’armée quand il s’agit de maintien de l’ordre.
Beaucoup moins quand elle installe une cuve d’eau ou ouvre son navire à des collégiens.

C’est pourtant ce qui s’est passé ces dernières semaines en Nouvelle-Calédonie. Deux actions, deux unités, un même message : les Forces armées en Nouvelle-Calédonie ne se contentent pas de défendre le territoire, elles le servent.

Sans tapage. Sans posture. Avec des outils, du temps et de la sueur.

Du 7 au 11 septembre, une section du régiment d’infanterie de marine du Pacifique – Nouvelle-Calédonie s’est installée au sein de la tribu de Ina.

L’objectif était double. Renouer des liens avec les habitants, d’abord. Réaliser deux projets utiles à la collectivité, ensuite.

Le premier chantier n’a rien d’anodin : les militaires ont aidé la tribu à installer une cuve d’eau pour la maison commune. Dans bien des tribus, l’accès à l’eau reste un sujet du quotidien. Ici, il a trouvé une réponse concrète.

Mais les soldats ne sont pas venus seulement poser des équipements.

Ils ont mis la main à la pâte aux côtés des habitants pour la fabrication d’un four traditionnel en écorces de niaouli. Un geste qui en dit long. Respecter la coutume, apprendre des savoir-faire locaux, travailler ensemble plutôt que d’imposer : voilà une façon de faire que l’on aimerait voir plus souvent saluée.

Ils ont également participé au défrichage du cimetière. Une tâche ingrate, physique, et profondément symbolique. Entretenir le lieu où reposent les anciens, c’est respecter une communauté dans ce qu’elle a de plus intime.

La semaine a aussi été rythmée par des activités sportives et culturelles. Parce que le lien ne se construit pas uniquement sur un chantier.

Cette tournée en province s’inscrit dans une démarche assumée des FANC : rester au plus près des populations et entretenir la confiance entre les forces armées et les Calédoniens.

Une confiance qui ne se décrète pas. Elle se gagne, sur le terrain, à force de présence et d’actes.

Le POM Jean Tranape ouvre ses portes à la jeunesse de Thio

Changement de décor un mois plus tard, mais même philosophie.

Le 7 octobre, l’équipage du patrouilleur outre-mer Jean Tranape, nouveau bâtiment de la Marine nationale dans le Pacifique, a accueilli à bord une classe de collégiens et une délégation de la mairie de Thio.

Au programme : présentation du navire et de ses missions.

Les jeunes ne se sont pas contentés d’une visite guidée. Ils ont découvert le métier de marin-pompier et la lutte contre les incendies à bord, un savoir-faire vital sur un navire où le feu reste l’une des menaces les plus redoutées.

Ils ont aussi été sensibilisés à la biodiversité marine à travers la Mission Bougainville, dont l’objectif est d’étudier l’écosystème marin. Une manière de rappeler que la Marine nationale ne fait pas que patrouiller : elle contribue aussi à mieux connaître et protéger les richesses du Pacifique.

Pour des collégiens de Thio, monter à bord d’un bâtiment de la Marine, c’est voir de près des métiers exigeants, des carrières possibles, un avenir qui passe aussi par le service de la France.

Et c’est sans doute l’un des enjeux les plus importants de ces journées.

Thio et son patrouilleur, une relation qui s’installe dans la durée

Cette visite n’est pas un coup isolé.

Le commandant du navire et le maire de Thio s’étaient déjà rencontrés le 16 septembre. La venue du bâtiment et de son équipage au complet en est la suite logique.

Les FANC ne cachent d’ailleurs pas leur ambition : selon leur communication, Thio deviendra certainement la ville marraine du nouveau patrouilleur.

Le parrainage d’un navire par une commune n’est pas une simple formalité. C’est un lien durable entre un équipage et une population, fait de rencontres, d’échanges et de fierté partagée.

Et la suite est déjà sur la table. De nouvelles actions sont envisagées en 2027 pour poursuivre ce rapprochement.

Dans un territoire encore marqué par les tensions, ces initiatives rappellent une évidence trop souvent oubliée.

L’armée française n’est pas une force étrangère posée sur le Caillou. Elle est au service de tous les Calédoniens, en tribu comme en ville, de la Grande Terre au large de ses côtes.

Une cuve d’eau. Un four en niaouli. Un cimetière défriché. Une classe émerveillée sur le pont d’un patrouilleur.

Rien de spectaculaire, diront certains.

C’est justement ce qui en fait la force.

(Crédit photo : FANC)