Présidentielle : Gabriel Attal à la conquête des étudiants et des jeunes actifs

Résumé IA
Gabriel Attal, candidat Renaissance à l’Élysée, présente ce samedi à Lyon son « pacte pour la jeunesse », fondé sur quatre piliers : école, salaire, frontière et IA. Il cherche à séduire étudiants et jeunes actifs, alors qu’il est devancé dans les sondages par Édouard Philippe.
OFFENSIVE. Le candidat Renaissance à l’Élysée a présenté ce samedi à Lyon son projet pour la jeunesse, se démarquant d’Édouard Philippe.
Gautier Cruchaudet, envoyé spécial à Lyon (Rhône)10/10/2026

Gabriel Attal à Lyon ce samedi. © AFP
« La jeunesse, c’est un état d’esprit, c’est la victoire du courage sur le défaitisme ! » lance un élu Renaissance avant le début du rassemblement. La phrase est attribuée au général américain Douglas MacArthur, inspirée du poème Youth de Samuel Ullman, mais qu’importe : dans les rangs de Gabriel Attal, l’heure est à l’optimisme et au bain de jouvence. Dans l’Amphithéâtre 3 000 de Lyon rempli aux deux tiers, le candidat à l’élection présidentielle tient son grand raout de rentrée, le premier de son tour de France des régions. À six mois du scrutin, la campagne du suractif patron des députés Renaissance peine à décoller. Édouard Philippe, son rival du bloc central, le devance toujours de 4 à 5 points dans les sondages. L’opération « 1 000 bistrots » annoncée en grande pompe à la fin de l’été n’a guère réuni plus de 17 000 personnes, et sa proposition d’une coalition « de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine » n’a reçu aucun écho favorable.
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Alors Gabriel Attal cherche un second souffle. Celui qui lui permettra de troquer la peau du challenger pour le costume du présidentiable. Dans une campagne frappée de plein fouet par la colère lycéenne, le benjamin des candidats (37 ans) tente de rallier la jeunesse à son panache. Ce samedi, l’amphithéâtre de l’ancienne Lugdunum a de faux airs de stade de foot. Les gradins sont recouverts de tifos, les spectateurs arborent des écharpes blanc et bleu, les Jeunes en marche alternent entre « clapping » et « viking row », cette danse popularisée par les supporters norvégiens pendant la Coupe du monde. « Il est celui qui connaît le mieux les jeunes, leurs codes et leurs problèmes », confie Franck Riester, maire de Coulommiers et fidèle de la première heure.
Ces derniers jours, en pleine fièvre lycéenne, Gabriel Attal a multiplié les courtes vidéos à destination de la jeunesse. « En cumulé, on atteint les dizaines de millions de vues », s’enorgueillit un communicant. L’ancien ministre de l’Éducation nationale semble renouer avec le profil du jeune premier, dont il voulait naguère se départir pour ne pas apparaître comme le successeur d’Emmanuel Macron. « Gabriel Attal se soucie depuis toujours du sort de la jeunesse. Il a confiance en ses talents, en ses capacités d’agir et d’entreprendre, et veut investir dans son avenir, précise l’ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher. Il comprend bien mieux que d’autres les défis du XXIe siècle comme l’IA ; il est prêt à prendre plus de risques. »
Ses quatre piliers pour la jeunesse : école, salaire,
frontière, IA
Pendant une heure trente, le député des Hauts-de-Seine présente son « pacte pour la jeunesse » fondé « sur les droits, mais aussi des devoirs », autour de quatre piliers – « école, salaire, frontière, IA ». « Je veux regarder l’avenir avec elle », répète-t-il, rappelant son bilan rue de Grenelle, et notamment « la création de 6 000 postes de professeurs et de personnels scolaires ». L’occasion de déplorer « l’erreur du gouvernement », qui a annoncé la suppression de 1 600 postes au sein de l’Éducation nationale dans le budget 2027.
Séduire les jeunes
Cette stratégie d’agrégation des étudiants, jeunes actifs et primo-votants possède une vertu double, que résume ce pilier du bloc central : « Séduire une population qui s’abstient et imprimer une empreinte indélébile au centre. » En clair, forcer la main à une gauche sociale-démocrate encore empêtrée dans les méandres de la primaire et, surtout, à Édouard Philippe. « Ils ne cessent pas de se parler, tempère Agnès Pannier-Runacher. Le dialogue est vital dans un contexte de grande gravité, face à la menace que représentent LFI et le RN. »
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Selon le baromètre Ifop publié fin août, le candidat Renaissance recueille 18 % des intentions de vote des 18-25 ans. Bien plus que le maire du Havre (8 %), mais très loin derrière Jean-Luc Mélenchon (40 à 45 %). Offensif, il a accusé son adversaire insoumis de « faire de la jeunesse une chair à canon politique » et de promouvoir « le blocage plutôt que l’action ». Face au tribun de LFI, qui haranguait dans le même temps ses troupes à Gergovie, Gabriel Attal espère rallier à lui les tribus du centre de la Gaule.



