Fabriqués ici, plantés sur nos crêtes

Résumé IA
Cinq pylônes de téléphonie ont été fabriqués en Nouvelle-Calédonie depuis début 2025, conçus par le bureau d'études ATEMO et produits par MEGATRAV, SOLUTION CONCEPT et EB TRAVAUX. Déjà installés sur plusieurs sites, ils bénéficient d'une peinture marine et de tronçons modulables, réduisant les coûts d'importation pour l'OPT-NC.
Ils sont conçus ici, soudés ici et peints pour affronter le climat du pays. Les pylônes du réseau mobile calédonien ne viennent plus tous de l’autre bout du monde.
Des plans calédoniens, des mains calédoniennes
Pour faire passer le signal, il faut d’abord de l’acier. Antennes, équipements radio, matériel de télécommunications : tout repose sur des pylônes. Sans eux, aucun réseau mobile ne s’étend ni ne gagne en qualité.
Pendant longtemps, le schéma n’a pas bougé. On commandait ces structures à des fournisseurs de métropole, puis on les faisait traverser la planète jusqu’à la Nouvelle-Calédonie. Avec la facture correspondante : le prix d’achat d’un côté, le transport de l’autre.
À la Direction des télécommunications de l’OPT-NC, les équipes ont posé une question de bon sens. Et si une partie de ces pylônes pouvait sortir directement des ateliers du territoire ?
Le pari est double. Obtenir une solution taillée pour les besoins du réseau. Et confier davantage de travail aux entreprises calédoniennes. Pas de grand discours. Du concret.
Tout commence par l’ingénierie. C’est le bureau d’études ATEMO qui a conçu puis validé les plans.
Rien n’a été laissé au hasard. Hauteur des structures, poids des antennes et des équipements radio, nature des sols, fondations, contraintes mécaniques et climatiques : chaque paramètre a été passé au crible pour garantir des ouvrages robustes, capables de s’adapter aux configurations très diverses rencontrées sur le terrain.
Place ensuite à l’atelier. Trois entreprises locales de métallurgie se partagent la fabrication : MEGATRAV, SOLUTION CONCEPT et EB TRAVAUX.
Le résultat est déjà là. Depuis le lancement du projet début 2025, cinq pylônes ont été fabriqués en Nouvelle-Calédonie. Cinq structures qui n’ont pas eu besoin de traverser les océans.
Un acier pensé pour le terrain calédonien
Le principe retenu, c’est la modularité. Chaque pylône s’assemble à partir de tronçons de 6 mètres, ce qui permet d’élever des structures de 6, 12 ou 18 mètres selon les exigences du site. Une première réalisation de 24 mètres est prévue d’ici fin 2026.
La qualité suit. Les soudures sont confiées à des professionnels qualifiés et certifiés, et chaque structure reçoit une peinture bi-composant de qualité marine, choisie pour résister à la corrosion comme aux conditions climatiques calédoniennes.
Les fondations, elles, s’ajustent au relief. Plusieurs solutions peuvent être retenues selon la configuration du terrain. Une souplesse précieuse, qui permet d’intervenir sur des sites aux profils très différents, parfois isolés ou soumis à des environnements exigeants.
Pour la pose, l’OPT-NC s’appuie notamment sur Melcom et Oceanic Electric, qui interviennent sur les sites du réseau mobile.
Du Grand Sud à Koné, le local qui fonctionne
Ces pylônes ne dorment pas dans un hangar. Ils sont déjà en service.
On les trouve à Poudéhoume, sur les hauteurs du barrage de Dumbéa. À Pidjen, près de Koné. À la Rivière Bleue. À la Laverie, dans le Grand Sud. Sur les hauteurs de Gouaro Déva, aussi. Autant de terrains différents, autant de démonstrations que le modèle s’adapte à la réalité de chaque site.
Derrière chaque installation, c’est toute une chaîne de métiers qui se met en mouvement : ingénierie, métallurgie, soudure, génie civil, travaux électriques. Des compétences qui existent ici, et qu’on choisit enfin de mobiliser.
L’intérêt est d’abord économique. Produire sur place permet de réduire les coûts liés à l’importation et de limiter la dépendance aux équipements venus de l’extérieur. Mais l’enjeu dépasse la seule ligne comptable : il s’agit aussi de faire travailler les entreprises du territoire et de reconnaître leur savoir-faire.
Voilà une démarche qui tranche avec la rhétorique de l’impuissance. Plutôt que de subir l’éloignement, on s’appuie sur les forces disponibles.
L’OPT-NC l’assume : développer le réseau, c’est aussi chercher des réponses adaptées aux réalités calédoniennes. En associant l’expertise de ses équipes à celle des entreprises locales, l’office montre qu’on peut répondre à des exigences techniques élevées tout en créant de l’activité et en valorisant les compétences présentes sur le territoire.
Des pylônes pensés pour le réseau calédonien, fabriqués en Nouvelle-Calédonie, installés au plus près des besoins. Une autre manière, selon l’office, de bâtir la connectivité de demain. Ici, et ensemble.
(Crédit photo : Hélia NC)


