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Au delà du récif

SONDAGE EXCLUSIF – Entre les Français et l'État, c'est je t'aime moi non plus

15 octobre 2026 à 13:00
5 min de lecture
SONDAGE EXCLUSIF – Entre les Français et l'État, c'est je t'aime moi non plus

Résumé IA

Un sondage OpinionWay pour le Cercle des entrepreneurs engagés et la Fondapol montre que 71 % des Français jugent l’État plus source de problèmes que de solutions, tandis que 58 % souhaitent lui donner plus de place. Hervé Novelli, président du Cercle, y voit une ambivalence entre rôle économique et régalien.

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Le JDNews dévoile les résultats d’un sondage réalisé par OpinionWay pour le Cercle des entrepreneurs engagés et la Fondapol, qui révèle le regard des Français sur le rôle de l’État et des entreprises.

Victor-Isaac Anne 14/10/2026 à 07:04

La création d’un mentorat professionnel assuré par des retraités est jugée utile par 78 % des sondés.

La création d’un mentorat professionnel assuré par des retraités est jugée utile par 78 % des sondés. SUD OUEST/MAXPPP / © PHOTOPQR

À l’occasion du salon SME (anciennement Salon des micro-entreprises), qui se tient les 13 et 14 octobre au Palais des congrès de Paris, Hervé Novelli, ancien ministre et président du Cercle des entrepreneurs, fait paraître une enquête sur le rapport des Français à l’entreprise et à l’État. Les résultats révèlent une certaine ambivalence chez les sondés. Premier enseignement majeur : 71 % des personnes interrogées estiment que l’État est davantage source de problèmes que de solutions. Ce chiffre peut étonner dans un pays où l’on se tourne régulièrement vers l’État pour pallier les difficultés du quotidien. Cette contradiction transparaît d’ailleurs dans un autre résultat de l’étude : 58 % des Français souhaitent donner davantage de place à l’État dans la résolution des problèmes du pays. Ce chiffre monte même à 65 % chez les CSP+. Alors, schizophréniques les Français ?

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Hervé Novelli, ancien ministre et président du Cercle des entrepreneurs. BESTIMAGE / © CEDRIC PERRIN

Pour Hervé Novelli, les choses sont plus complexes : « Ces réponses ne sont pas exclusives l’une de l’autre. On peut tout à la fois regretter que l’État joue davantage un rôle d’empêcheur que de facilitateur dans le champ économique, et souhaiter qu’il intervienne plus dans le domaine régalien. C’est ainsi qu’il faut lire cette apparente contradiction. » L’ancien ministre ajoute que cette enquête intervient dans un contexte de crises multiples – entre hausse des prix des carburants, colère des lycéens et flambée des taux (liste non exhaustive) – face auxquelles les Français estiment, à tort ou à raison, que l’État dispose de marges de manœuvre.

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On pourrait objecter à Hervé Novelli qu’il propose une interprétation toute personnelle de ces résultats. D’autres enseignements de l’enquête semblent en effet contredire son analyse. Ainsi, lorsqu’on leur demande quelles institutions devraient jouer un rôle plus important pour aider le pays à régler ses problèmes, 48 % des Français citent l’État et les régions, à égalité, contre 27 % pour les entreprises. « Ce chiffre est très encourageant pour les entrepreneurs », estime Hervé Novelli qui, depuis plus de vingt ans, milite pour une meilleure représentation de la société civile en politique et dans le débat public. L’expérience du premier quinquennat d’Emmanuel Macron ne l’a-t-elle pas échaudé ? Onze des 22 membres du premier gouvernement étaient précisément issus de la société civile. « Cet échec s’explique non par les personnalités présentes au sein de l’exécutif, mais par un mode d’exercice du pouvoir vertical d’un président persuadé de détenir la science infuse », balaie le fondateur du Cercle des entrepreneurs. Un sondage réalisé en octobre 2025 par ce même collectif révélait d’ailleurs que 71 % des Français étaient favorables à ce que davantage d’entrepreneurs s’engagent en politique, et que 69 % d’entre eux faisaient confiance aux dirigeants de TPE et de PME, contre 18 % seulement aux députés et aux sénateurs.

Marine Le Pen a gagné en crédibilité sur un terrain qui lui était traditionnellement défavorable

Mais revenons-en à ce nouveau sondage et à ce qui constitue sans doute son enseignement le plus important. Interrogés sur le candidat à l’élection présidentielle de 2027 qui leur semble le plus capable de favoriser la réussite des entreprises françaises, les sondés placent Marine Le Pen en tête, avec 26 % des réponses. Suivent Édouard Philippe (19 %), Gabriel Attal (15 %), Bruno Retailleau (14 %) et Jean-Luc Mélenchon (13 %). Quant à David Lisnard, dont Hervé Novelli est politiquement proche, il arrive en sixième position (11 %), devant Raphaël Glucksmann (10 %). L’ancien ministre préfère retenir un autre chiffre : les 31 % pour qui aucun des prétendants à l’Élysée n’est capable d’œuvrer à la réussite des entreprises. À tout le moins, ces chiffres suggèrent que Marine Le Pen a gagné en crédibilité sur un terrain qui lui était traditionnellement défavorable.

Insertion professionnelle

Il est en revanche un volet de l’enquête dont Hervé Novelli a toutes les raisons de se réjouir. Sa proposition de créer un dispositif de mentorat professionnel assuré par des retraités est jugée utile par 78 % des personnes interrogées. Le principe est simple : permettre aux retraités qui le souhaitent de reprendre une activité rémunérée de quelques heures par semaine, sous le statut d’auto-entrepreneur, pour aider des jeunes de moins de 25 ans, apprentis ou eux-mêmes auto-entrepreneurs, à réussir leur insertion professionnelle. « C’est du win-win », résume le créateur du statut d’auto-entrepreneur. 

À l’heure où les disparités entre les retraités et les actifs nourrissent la lutte des âges, Hervé Novelli veut croire à la réconciliation des générations par le travail. Au surplus, le dispositif ne nécessiterait aucun financement public, ce qui a le mérite d’être souligné en période de disette budgétaire. Cette proposition a d’autant plus de sens, selon lui, que le nombre de travailleurs indépendants a doublé en quinze ans pour atteindre 4,8 millions. Or, un auto-entrepreneur sur trois a plus de 30 ans. Encore faut-il que le futur chef de l’État se saisisse de ce dispositif pour le mettre en œuvre. Alors on pourra dire, sans trop exagérer, qu’entre la création du statut d’auto-entrepreneur et ce pacte générationnel, Hervé Novelli aura davantage œuvré à la libération des entreprises que bien des ministres du Travail ces dernières années. Mais nous n’en sommes pas encore là.