Poindimié : l’alcool, c’est fini dans la rue

Résumé IA
À compter de samedi, la consommation d'alcool sur la voie publique est interdite à Poindimié jusqu'au 22 novembre 2026, selon un arrêté du commissaire délégué de la République pour la province Nord, Gérard Péhaut. Cette mesure répond à une demande du maire et vise à lutter contre les troubles à l'ordre public, les violences et les nuisances nocturnes.
Poindimié siffle la fin de la récréation. À compter de ce samedi, l’alcool n’a plus sa place dans la rue.
Un arrêté pour reprendre la main
L’État a tranché. Par un arrêté daté du 16 octobre 2026, le commissaire délégué de la République pour la province Nord, Gérard Péhaut, impose des mesures exceptionnelles de police sur la commune de Poindimié.
Le texte est sans ambiguïté. Du 17 octobre au 22 novembre 2026, la consommation de boissons alcoolisées ou fermentées est interdite sur les voies publiques et dans les lieux publics de la commune. Les attroupements liés à cette consommation le sont aussi.
Certains secteurs sont expressément visés. Les aires de repos et de stationnement le long de la RT3, celles des voies urbaines 15 et 16, mais aussi les abords immédiats des commerces.
Ce n’est pas une décision tombée du ciel. Elle répond à une demande formulée par le maire de Poindimié, reçue par les services de l’État le 14 octobre. Le lendemain, la compagnie de gendarmerie de Poindimié transmettait un procès-verbal de renseignement administratif. Quarante-huit heures plus tard, l’arrêté était signé.
Voilà une chaîne de décision qui fonctionne : un élu local qui alerte, des gendarmes qui documentent, un représentant de l’État qui agit.
Ce que l’État a constaté
Les motifs de l’arrêté dressent un tableau sans fard de la situation.
Les services de l’État relèvent d’abord une recrudescence de l’alcoolisme sur la voie publique, notamment chez les jeunes. Une réalité qui occasionne, selon le texte, des troubles à l’ordre public et à la tranquillité publique.
Le reste suit logiquement.
Des violences commises sur la voie publique par des personnes fortement alcoolisées, à l’origine d’ameutements et d’attroupements. Des nuisances sonores, surtout la nuit, qui privent les habitants de leur repos. Des espaces publics dégradés, jonchés de déchets. Et des accidents corporels sur la route.
Autrement dit, ce ne sont pas seulement les buveurs qui paient le prix de leurs excès. Ce sont les riverains, les commerçants, les familles qui veulent simplement circuler et dormir en paix.
Un détail retient l’attention. L’arrêté précise que les risques perdurent particulièrement les fins de semaine et que l’essentiel des interpellations pour surconsommation d’alcool est désormais concentré sur ces périodes. Le constat vient du terrain, pas d’un bureau.
D’où le choix d’une interdiction couvrant plus d’un mois, week-ends compris, plutôt qu’une mesure ponctuelle de quelques jours.
L’autorité de l’État assumée
Le texte le rappelle sans détour : il appartient au représentant de l’État de maintenir l’ordre public et la sûreté publique. Il lui revient de réprimer les rixes, les disputes accompagnées d’ameutement dans les rues, les attroupements, les bruits et les rassemblements nocturnes.
C’est précisément ce qu’il fait ici.
On entend parfois que ce type d’interdiction stigmatiserait une population ou une jeunesse. L’argument ne tient pas face aux faits consignés dans l’arrêté. Il ne s’agit ni de punir un mode de vie ni de désigner des coupables, mais de protéger l’espace commun, celui qui appartient à tous.
La liberté de chacun s’arrête là où commence la tranquillité des autres. À Poindimié, l’État a décidé de le rappeler noir sur blanc.
L’exécution de l’arrêté est confiée conjointement au maire de Poindimié et au général commandant la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie. Le texte doit être affiché en mairie et aux lieux habituels, publié au recueil des actes administratifs et mis en ligne sur le site du haut-commissariat.
La mesure est temporaire. Elle prendra fin le 22 novembre.
D’ici là, la règle est simple. Sur la voie publique de Poindimié, l’alcool, c’est non. Et pour ceux qui l’auraient oublié, les gendarmes seront là pour le rappeler.
(Crédit photo : Mairie de Poindimié-Pwêêdîwiimîâ)



