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Au delà du récif

Microplastiques : des scientifiques tchèques développent des microrobots capables de dépolluer l’eau et les sols

18 octobre 2026 à 17:00
4 min de lecture
Microplastiques : des scientifiques tchèques développent des microrobots capables de dépolluer l’eau et les sols

Résumé IA

Des chercheurs tchèques de l’Université technique d’Ostrava développent des microrobots magnétiques capables d’éliminer jusqu’à 94 % des microplastiques dans l’eau et 81 % dans les sols en une heure. Cette technologie, publiée dans NPG Asia Materials, reste expérimentale et pourrait à terme être utilisée dans les stations d’épuration, malgré des limites liées au nickel.

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Des chercheurs tchèques ont développé une technologie prometteuse pour lutter contre la pollution aux microplastiques. Grâce à des essaims de microrobots magnétiques, ils sont parvenus à retirer jusqu’à 94 % des particules de plastique présentes dans l’eau et près de 81 % dans des échantillons de sol, en seulement une heure.

Une avancée scientifique qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour le traitement des eaux usées et la dépollution industrielle, même si plusieurs obstacles restent à surmonter.

Des microrobots capables de capturer les microplastiques

À l'Université technique d'Ostrava, en République tchèque, une équipe de scientifiques a conçu des microrobots dépourvus de moteur, de batterie et de composants électroniques.

Leur fonctionnement repose sur l'association de deux matériaux : le MXène, un composé constitué de couches extrêmement fines, et des nanoparticules de nickel qui réagissent aux champs magnétiques.

Sous l'effet d'un champ magnétique extérieur, ces minuscules structures se déplacent dans l'eau ou les sols humides. Leur surface attire les particules de plastique, qui viennent s'y fixer.

Une fois leur mission accomplie, un aimant permet de récupérer les microrobots et les microplastiques capturés.

Les résultats de cette recherche, menée notamment par Jeonghyo Kim et Martin Pumera, ont été publiés le 1er août 2026 dans la revue scientifique NPG Asia Materials, appartenant au groupe Nature.

Jusqu'à 94 % des microplastiques éliminés en une heure

L'une des particularités de cette technologie réside dans son fonctionnement collectif.

Plutôt que d'agir individuellement, les microrobots évoluent en essaims. Leurs mouvements coordonnés créent de minuscules tourbillons qui facilitent la capture des particules dispersées.

Les résultats obtenus en laboratoire sont particulièrement encourageants.

Ces performances ont été obtenues après seulement une heure d'expérimentation.

Les chercheurs ont également constaté que les microrobots en mouvement étaient plus efficaces que les mêmes matériaux utilisés de manière passive.

Dans les sols, leur agitation permet notamment de déloger des fragments de plastique coincés entre les particules minérales.

Le nickel, un obstacle environnemental à résoudre

Malgré ces résultats prometteurs, cette innovation présente encore plusieurs limites.

La première concerne les conditions expérimentales. Les essais ont été réalisés en laboratoire, sur des échantillons contenant deux types de plastique seulement.

Or, dans l'environnement naturel, les microplastiques proviennent de nombreuses sources : emballages, textiles synthétiques, pneumatiques ou encore peintures.

Leur comportement peut donc être beaucoup plus complexe.

Le second problème concerne le nickel, utilisé pour rendre les microrobots sensibles aux champs magnétiques.

Ce métal peut libérer des ions potentiellement toxiques lorsqu'il se corrode. Si certains microrobots échappaient au processus de récupération, ils pourraient contribuer à une nouvelle forme de pollution.

Les scientifiques devront donc améliorer la sécurité du dispositif, notamment en étudiant des matériaux magnétiques moins nocifs et en vérifiant leur efficacité après plusieurs utilisations.

Une technologie prometteuse pour les stations d'épuration

À court terme, ces microrobots ne sont pas destinés à être directement dispersés dans les océans ou les rivières.

Leurs applications les plus réalistes concernent plutôt les environnements industriels contrôlés, où leur récupération pourrait être assurée.

Les stations d'épuration, les installations de traitement des eaux industrielles et les unités de dépollution des sols pourraient constituer de premiers débouchés.

Cette technologie pourrait notamment compléter les systèmes de filtration traditionnels, qui rencontrent des difficultés pour éliminer certaines particules particulièrement petites ou présentes dans des milieux complexes.

Un enjeu environnemental majeur pour le Pacifique

Pour les territoires insulaires du Pacifique, dont la Nouvelle-Calédonie, la lutte contre les microplastiques représente un enjeu environnemental important.

La préservation des lagons, des récifs coralliens et des ressources marines nécessite de limiter les rejets de déchets plastiques dans les milieux naturels.

Si cette technologie franchit les prochaines étapes de validation scientifique, elle pourrait à terme contribuer au traitement des eaux usées avant leur rejet dans l'environnement.

Il reste cependant à démontrer son efficacité à grande échelle, son coût de fonctionnement et son innocuité environnementale.

Une innovation encore expérimentale, mais qui ouvre une piste intéressante : capturer les microplastiques à leur source plutôt que tenter de les récupérer une fois dispersés dans les océans.