Camp-Est : les surveillants haussent le ton

Résumé IA
Au Camp-Est, l’UFAP UNSa Justice CP Nouméa dénonce l’attribution de la responsabilité de l’équipe locale de sécurité pénitentiaire (ELSP) sans appel à candidatures, malgré un officier volontaire qualifié. Le syndicat, qui dit avoir alerté la hiérarchie jusqu’à la DSPOM sur les locaux, plannings et missions, exige des règles claires.
Au Camp-Est, les surveillants ne réclament pas de passe-droit. Ils demandent des règles.
Et l’UFAP UNSa Justice prévient : elle ne lâchera pas.
Une nomination qui pose question
Le communiqué est daté du 16 octobre 2026. Le ton, lui, ne laisse aucune place au doute.
L’UFAP UNSa Justice CP Nouméa s’interroge publiquement sur la manière dont la responsabilité de l’équipe locale de sécurité pénitentiaire, l’ELSP, a été confiée. Un point cristallise la colère : aucun appel à candidatures n’a été organisé.
Pour comprendre, il faut revenir en arrière.
Jusqu’ici, l’équipe tournait avec un officier qui ne possédait pas l’ensemble des modules de formation ELSP. Le syndicat ne s’en cache pas. On a fait avec les moyens humains du moment, faute d’autre solution disponible. C’est le quotidien d’une administration pénitentiaire outre-mer souvent contrainte de composer avec ce qu’elle a sous la main.
Puis la donne a changé.
Depuis plusieurs mois, un officier titulaire de l’ensemble des modules ELSP est arrivé au centre pénitentiaire de Nouméa. Il s’est porté volontaire pour prendre la responsabilité de l’équipe. Pour l’organisation syndicale, sa candidature méritait au minimum d’être examinée dans un cadre transparent et équitable.
Elle ne l’a pas été. Le poste a été attribué sans consultation ouverte.
D’où cette question, posée sans détour par les représentants des personnels : pourquoi avoir attribué ce poste sans avoir préalablement ouvert un appel à candidatures ? Dans une institution qui exige de ses agents rigueur et discipline, l’interrogation n’a rien d’anodin.
Des alertes répétées, jusqu’à la DSPOM
Le dossier ne sort pas de nulle part.
Depuis des mois, l’UFAP UNSa Justice affirme avoir alerté sa hiérarchie, et jusqu’à la DSPOM, la direction chargée des services pénitentiaires d’outre-mer. Les difficultés signalées sont concrètes. Elles touchent au cœur du métier.
D’abord, l’absence de locaux adaptés pour l’équipe. Ensuite, la gestion des plannings, censée répondre aux contraintes opérationnelles d’une unité appelée à intervenir sur des missions sensibles. Le syndicat pointe aussi la gestion des missions ELSP elles-mêmes, qui réclame selon lui un cadre clair, cohérent et ajusté aux réalités du terrain. Enfin, le fonctionnement et l’organisation de l’équipe, qui mériteraient d’être véritablement pris en compte.
À chaque étape, les représentants disent avoir eu le sentiment d’être écoutés. D’avoir face à eux une administration attentive.
Le réveil est d’autant plus brutal.
Car aujourd’hui, la question de la responsabilité de l’équipe se règle sans même qu’un appel à candidatures ait été organisé. Les alertes, elles, restent sur la table.
Le syndicat résume sa position en une phrase qui sonne comme un avertissement : « Notre patience ne doit pas être interprétée comme une faiblesse. »
Pas de chasse à l’homme, mais des règles claires
L’UFAP UNSa Justice prend soin de cadrer son propos. Ici, pas de procès d’intention ni de règlement de comptes.
Il n’est pas question de dénigrer un officier. Pas question non plus de transformer le dossier en conflit de personnes, ni d’incriminer la nouvelle direction. Celle-ci, rappelle le communiqué, hérite d’une situation antérieure à sa prise de fonctions. Le syndicat attend simplement qu’elle rouvre le dossier à la lumière des alertes déjà transmises.
C’est une démarche responsable. Elle tranche avec la culture de la plainte permanente que l’on prête trop souvent aux organisations syndicales.
Mais la retenue a ses limites.
Pour l’UFAP UNSa Justice, ceux qui connaissent l’historique, les alertes et les enjeux du dossier ne peuvent pas faire comme si rien n’avait été signalé. Les revendications sont précises : clarifier les règles de désignation, tenir compte des compétences et des formations requises, garantir aux agents volontaires un examen équitable de leur candidature.
Rien de révolutionnaire. Simplement ce que n’importe quel agent est en droit d’attendre d’une administration qui prétend récompenser le mérite et la formation.
Le secrétaire local, Mikaele Kafikaila, signe le texte. Le message est sans ambiguïté : l’organisation ne lâchera pas le dossier.
Les ELSP, rappelle-t-elle, ont besoin de moyens adaptés, d’une organisation cohérente et d’un encadrement à la hauteur de leurs missions. Le syndicat promet de continuer à défendre les conditions de travail des agents, leurs intérêts professionnels et le bon fonctionnement de l’équipe, en particulier sur les locaux, les plannings et la gestion des missions.
La conclusion tient en quelques mots, presque martelés. Le syndicat a joué le jeu du dialogue. Il a respecté le cadre. Il a alerté.
Désormais, il exige des réponses claires et des garanties concrètes.
Au Camp-Est comme ailleurs, ceux qui tiennent les murs de la République méritent au moins cela : savoir que la compétence compte, et que les règles s’appliquent à tous.
(Crédit photo : Ufap Unsa Justice Nouvelle-Calédonie)


