Moindou fait le ménage

Résumé IA
À Moindou, six véhicules hors d'usage sont enlevés du lotissement Les Palmiers par l'entreprise TREDCODEC, avec l'accord des propriétaires. L'adjudant-chef Saint-Pol, de la brigade territoriale mobile, rapproche la mairie et l'éco-organisme pour lutter contre les épaves. L'opération, gratuite, vise à prévenir la pollution, les troubles à l'ordre public et à préserver le cadre de vie, et sera renouvelée.
Moins de discours, plus de résultats : à Moindou, ce sont six carcasses qui ont disparu du paysage.
Et derrière cette opération, il y a un gendarme qui a décidé de ne pas attendre.
Le terrain plutôt que les discours
Six.
C’est le nombre de véhicules hors d’usage enlevés du lotissement Les Palmiers, à Moindou.
L’opération a été menée par l’entreprise TREDCODEC, éco-organisme partenaire de la commune.
Rien de spectaculaire, diront certains. Pas de grande annonce, pas de plan quinquennal, pas de colloque sur la transition écologique.
Juste des carcasses qui étaient là hier, et qui n’y sont plus aujourd’hui.
C’est précisément ce qui rend l’initiative intéressante.
À l’origine du projet, on ne trouve ni un cabinet de conseil ni une commission ad hoc, mais l’adjudant-chef Saint-Pol, de la brigade territoriale mobile de Moindou.
C’est lui qui a contribué à rapprocher la mairie et l’éco-organisme afin de lutter contre la présence d’épaves sur la commune.
Un gendarme qui identifie un problème concret, qui trouve les bons interlocuteurs et qui fait avancer le dossier jusqu’au résultat.
On aimerait voir cette méthode plus souvent.
Gratuit, encadré, respectueux de la propriété
Le dispositif repose sur un principe simple, et il mérite d’être souligné : les enlèvements se font avec l’accord des propriétaires.
Y compris lorsque les véhicules se trouvent sur des terrains privés.
Personne ne se voit confisquer quoi que ce soit. On propose, on s’entend, on agit.
Et pour les propriétaires concernés, l’enlèvement est entièrement gratuit.
Autrement dit, il n’y a plus vraiment d’excuse pour laisser pourrir une voiture au fond de sa cour ou au bord de la route.
Cette façon de faire tranche avec une certaine culture de l’abandon, où l’on finit par considérer l’épave comme un élément normal du décor. Elle ne l’est pas.
Une commune qui se respecte n’a pas à vivre au milieu de la ferraille.
Pollution, sécurité, cadre de vie : trois raisons d’agir
L’action poursuit trois objectifs clairement affichés.
Le premier est environnemental. Une carcasse qui se dégrade, ce sont des fluides qui fuient et des sols qui se chargent de polluants. Limiter les risques de pollution des sols, c’est protéger la terre que les habitants cultivent et sur laquelle ils vivent.
Le deuxième touche à l’ordre public, et il est sans doute le plus parlant.
Il s’agit de réduire le nombre d’épaves susceptibles d’être utilisées lors de troubles à l’ordre public.
Les Calédoniens n’ont pas besoin qu’on leur fasse un dessin. Depuis les émeutes de mai 2024, chacun sait ce que deviennent des carcasses abandonnées quand la situation dégénère : des barricades, des obstacles, des foyers d’incendie.
Retirer ces véhicules en amont, c’est priver de matériau ceux qui voudraient bloquer les routes.
C’est de la prévention au sens le plus concret du terme. Pas de la répression : de l’anticipation.
Le troisième objectif est plus simple encore : préserver la propreté, l’attractivité et le cadre de vie de la commune.
Une rue débarrassée de ses épaves, c’est une rue où l’on a envie de vivre, de circuler, d’investir. Le respect du cadre commun commence par là.
Et l’histoire ne s’arrête pas à ces six véhicules.
L’opération sera renouvelée dès qu’un nombre suffisant de véhicules aura été recensé.
Le dispositif est donc appelé à durer, au rythme des besoins réels du terrain.
Au fond, cette démarche partenariale dit quelque chose de la gendarmerie.
Elle illustre l’engagement des gendarmes aux côtés des acteurs locaux, au-delà de leurs missions habituelles de sécurité.
Une présence qui ne se limite pas aux interventions, mais qui s’inscrit dans le quotidien des communes de l’intérieur.
À Moindou, l’ordre républicain a aussi pris la forme d’une dépanneuse.
Et c’est très bien ainsi.
(Crédit photo : Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie)


