Aller au contenu
0%
Au delà du récif

Vanuatu : l’Australie renforce son influence sécuritaire face à la Chine dans le Pacifique

20 octobre 2026 à 15:00
4 min de lecture
Vanuatu : l’Australie renforce son influence sécuritaire face à la Chine dans le Pacifique

Résumé IA

Le Vanuatu annonce une réduction progressive de sa coopération policière avec la Chine, confirmant l’Australie comme principal partenaire sécuritaire lors d’une réunion à Canberra le 15 octobre. Cette évolution, liée à l’accord de Nakamal signé par Anthony Albanese et Jotham Napat, illustre la rivalité entre Pékin et Canberra dans le Pacifique Sud.

Aa

Le Vanuatu annonce une réduction progressive de sa coopération policière avec la Chine, tout en confirmant l’Australie comme son principal partenaire en matière de sécurité. Une évolution diplomatique qui illustre la rivalité d’influence entre Canberra et Pékin dans le Pacifique Sud.

Le Vanuatu privilégie désormais son partenariat avec l’Australie

Le Vanuatu entend progressivement réduire sa coopération policière avec la Chine, au profit d’un partenariat stratégique renforcé avec l’Australie. Cette orientation a été confirmée à l’occasion d’une réunion bilatérale organisée le 15 octobre 2026 à Canberra, dont les conclusions ont été rendues publiques le 19 octobre.

Selon les informations rapportées par l’agence de presse Anadolu, les autorités vanuataises ont précisé que leur dispositif de coopération policière avec Pékin était limité dans le temps et devrait progressivement perdre de son importance.

À l’inverse, le partenariat conclu avec Canberra repose sur un engagement juridiquement contraignant, sans date d’expiration.

Cette clarification intervient dans le prolongement de l’accord de Nakamal, signé le 29 juin 2026 par le Premier ministre australien Anthony Albanese et son homologue vanuatais Jotham Napat. Ce texte couvre notamment la sécurité, la coopération économique et l’aide au développement.

Un accord stratégique pour consolider la présence australienne

La première réunion du comité chargé du suivi de l’accord de Nakamal s’est tenue le 15 octobre au Parlement australien, à Canberra.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, et le ministre chargé du Pacifique, Pat Conroy, y ont participé aux côtés du vice-Premier ministre vanuatais, Johnny Koanapo.

À cette occasion, Port-Vila a réaffirmé que l’Australie demeurait son principal partenaire en matière de coopération policière.

Le Vanuatu s’est également engagé à accorder la priorité aux demandes de coopération émanant des membres du Forum des îles du Pacifique.

Cette orientation conforte la stratégie australienne visant à préserver son rôle de partenaire sécuritaire privilégié des États insulaires de la région, dans un contexte de concurrence croissante avec les puissances extérieures.

La Chine avait progressivement développé sa coopération policière

Depuis 2023, Pékin a renforcé sa présence dans le secteur de la sécurité intérieure au Vanuatu, notamment par des programmes de formation, l’envoi de conseillers et des dons d’équipements aux forces de police locales.

En septembre 2025, les autorités vanuataises avaient également annoncé leur intention de formaliser cette coopération à travers un protocole d’accord avec la Chine.

Le projet devait notamment porter sur la lutte contre la cybercriminalité, la criminalité transnationale, la formation des policiers et la fourniture de matériel.

Toutefois, la signature définitive de ce protocole n’a pas été confirmée de manière indépendante.

Les dernières déclarations du gouvernement vanuatais ne signifient donc pas une rupture immédiate avec Pékin, mais traduisent une volonté de rééquilibrer ses partenariats sécuritaires au bénéfice de Canberra.

Une nouvelle illustration de la rivalité entre Pékin et Canberra

Depuis plusieurs années, la Chine cherche à accroître son influence diplomatique, économique et sécuritaire auprès des États insulaires du Pacifique.

En mai 2022, Pékin avait tenté de faire adopter un vaste accord régional de sécurité, sans parvenir à obtenir l'adhésion nécessaire des gouvernements concernés.

La diplomatie chinoise s’est depuis appuyée sur des partenariats bilatéraux, notamment avec les Îles Salomon et les Fidji, afin de développer sa coopération policière et sa présence institutionnelle.

Pour l’Australie, cette progression chinoise constitue un enjeu stratégique majeur. Canberra cherche à conserver une position centrale dans l’architecture de sécurité du Pacifique, tout en renforçant ses relations économiques et diplomatiques avec les États insulaires.

Situé dans l’environnement régional immédiat de la Nouvelle-Calédonie, le Vanuatu occupe une position importante dans cet équilibre géopolitique.

L’évolution de ses relations avec la Chine et l’Australie concerne donc directement les intérêts stratégiques de la région, où la France demeure également un acteur de sécurité à travers ses territoires et ses forces armées.

Un signal politique, mais pas encore une rupture avec Pékin

L’annonce vanuataise constitue un succès diplomatique pour Canberra, qui obtient une confirmation explicite de son statut de partenaire policier prioritaire.

Il reste néanmoins à déterminer à quel rythme la coopération avec la Chine sera effectivement réduite et quelles activités seront concernées.

Le Vanuatu ne ferme pas la porte à Pékin, mais semble désormais vouloir inscrire sa coopération sécuritaire dans un cadre plus durable avec l’Australie.

Dans un Pacifique devenu un espace de compétition stratégique entre grandes puissances, cette décision illustre une tendance majeure : les États insulaires cherchent à préserver leur autonomie diplomatique tout en arbitrant entre les offres de coopération de partenaires concurrents.