INFO JDD. 24 octobre : Arc de Triomphe, ambassades, 500 soldats… Le détail du dispositif militaire pour protéger les lieux sensibles

Résumé IA
Le 24 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez annonce le déploiement de 1 000 soldats de la mission Sentinelle en région parisienne, dont 500 en patrouille, pour sécuriser des sites sensibles comme l’Arc de Triomphe et des ambassades. Ces militaires remplacent les forces de sécurité intérieure sur des missions statiques, permettant de réaffecter policiers et gendarmes au maintien de l’ordre.
Contrairement à la journée du 17 octobre, Laurent Nuñez a annoncé vouloir s’appuyer sur les soldats de la mission Sentinelle pour soulager les forces de sécurité intérieure en région parisienne samedi prochain. L’armée aura pour mission de sécuriser des sites, et non de faire du maintien de l’ordre. Selon nos informations, 1 000 militaires seront en alerte, dont 500 en patrouille.
Nicolas Cuoco20/10/2026

Le dispositif Sentinelle va être renforcé pour la journée du 24 octobre. SIPA / © SOPA Images
Pour éviter un nouveau fiasco sécuritaire, le gouvernement compte utiliser toutes les cartes dont il dispose. Parmi elles : l’armée. Ce mardi 20 octobre, à l’Assemblée nationale, en prévision de la nouvelle journée de mobilisation de samedi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé qu’il déploierait « évidemment » le dispositif Sentinelle. D’après nos informations, l’état-major a d’ores et déjà activé son premier niveau d’alerte, appelé RO12. « Nous avons reçu 150 militaires supplémentaires depuis hier. Je ne peux pas encore affirmer qu’ils suffiront à assurer la garde des lieux concernés », explique au JDD un gradé. Au total, 1 000 soldats seront disponibles dans la capitale ce 24 octobre, dont 500 en patrouille, contre 300 habituellement. « Le reliquat est en alerte. Pour l’instant, il n’y a pas de mobilisation massive de tout Sentinelle », tempère notre interlocuteur. Selon nos informations, le dispositif a néanmoins été placé en état d’alerte renforcée afin de permettre une intervention rapide en cas de besoin.
Si d’autres renforts pourraient être mobilisés en activant un niveau d’alerte supérieur, les soldats devront déjà assurer la sécurité d'au moins cinq sites supplémentaires à Paris et dans sa petite couronne, lors d’une journée de mobilisation qui fait craindre le pire aux autorités. Selon nos informations, plusieurs lieux sensibles sont concernés, notamment des ambassades et le Cercle national des armées, dans le VIIIe arrondissement, qui aurait fait l’objet de menaces. Mais aussi et surtout l’Arc de Triomphe, saccagé lors d’une manifestation de Gilets jaunes, le 1er décembre 2018. Devant la représentation nationale, Laurent Nuñez a précisé que les militaires prépositionnés seront « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique ». Mais peut-on imaginer d’autres types de missions ? « Non, pas à ce stade », répond un gradé.
Si l’approvisionnement en munitions et en grenades lacrymogènes a été défaillant lors de la journée du 17 octobre, c’est surtout le manque d’effectifs policiers qui a été pointé du doigt. Pourtant, la préfecture de police de Paris n’avait pas jugé utile de faire appel à Sentinelle, dont les militaires auraient pu soulager les forces de sécurité intérieure lors de ce fiasco. Comme l’a précisé Laurent Nuñez à l’Assemblée nationale, les militaires vont permettre de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ». En reprenant certaines missions de surveillance, les militaires permettraient de réaffecter des policiers et des gendarmes vers les points chauds, alors que les actes de vandalisme ont touché plus de 1 500 magasins dans la capitale.
Créée en 2015, au lendemain des attaques terroristes contre Charlie Hebdo, Sentinelle a été lancée pour faire face à la menace terroriste. Ses soldats ne sont donc ni formés ni équipés pour assurer des missions de maintien de l’ordre. En revanche, au quotidien comme lors des Jeux olympiques ou de la visite du pape Léon XIV en septembre dernier, les militaires contribuent à soulager les effectifs policiers en sécurisant les sites touristiques, les gares, les aéroports et les lieux de culte. Un soutien qui peut également passer par la mobilisation d’équipes cynophiles et de spécialistes des explosifs.
Les armées pourraient héberger les renforts policiers
Un appui d’autant plus précieux que le gouvernement entend mobiliser davantage de forces de l’ordre. À l’Assemblée nationale, l’ancien préfet de police a annoncé vouloir « renforcer le volume d’effectifs disponibles » et « renforcer les unités déployées comme cela avait été fait en juillet 2023 [lors des émeutes, NDLR] en mobilisant la BRI, le GIGN, le RAID, les hélicos, les Centaures, les engins lanceurs d’eau ». Ces derniers « étaient mobilisés » ce samedi 17 octobre, « mais il faut aller au-delà », a martelé Laurent Nuñez. Dans cette perspective, un gradé affirme au JDD que certaines enceintes militaires pourraient également accueillir des forces de sécurité intérieure venues de toute la France, en mettant à leur disposition des capacités d’hébergement supplémentaires.



