INFO JDD. Ritchy Thibault administre un groupe Telegram où circulaient des appels à attaquer CNews

Résumé IA
Le JDD révèle que Ritchy Thibault, ancien collaborateur de LFI, coadministre un groupe Telegram de plus de 3 000 membres où circulent des appels à attaquer CNews, des menaces de mort et des consignes de pillage. La veille de l'attaque du 17 octobre, un rassemblement devant les locaux de la chaîne y est annoncé.
Menaces de mort, consignes de pillage, appels à attaquer CNews… Le JDD a consulté les échanges d’un groupe Telegram de plus de 3 000 membres, coadministré par l’ancien collaborateur de LFI. La veille de l’attaque du 17 octobre, un rassemblement devant les locaux de la chaîne y était annoncé.
Baudoin Moucadel 22/10/2026

Image d'illustration. Hans Lucas via AFP / © Raphaël Hulleu
La veille de l’attaque, la cible est déjà désignée. « Demain matin, rassemblement devant les locaux de CNews », annonce un message diffusé vendredi 16 octobre dans un groupe Telegram auquel le JDD a pu accéder. « Brûlez les locaux », lance l’un des membres, tandis que d’autres réclament des précisions sur les consignes.
Ce groupe rassemble plus de 3 000 personnes. Parmi ses coadministrateurs figure Ritchy Thibault, ancien collaborateur de La France insoumise. Dans les échanges consultés par le JDD, il ne prend toutefois pas part aux conversations. Placé en détention provisoire le 1er octobre après avoir appelé à former des « barricades » et à « brûler l’Élysée » devant un lycée de banlieue parisienne, le jeune militant ne semble pas près de sortir de prison. Le tribunal a prononcé le 5 octobre son maintien sous mandat de dépôt jusqu’à son procès, fixé au 9 décembre 2026 au tribunal de Bobigny. Ses avocats ont fait appel de cette décision. Les appels à la violence proviennent d’autres utilisateurs, dont les messages se multiplient à l’approche du 17 octobre.
Durant la semaine précédant les émeutes, certains évoquent la « guerre », diffusent des consignes de pillage et partagent des conseils pour s’en prendre à la police. Des instructions de fabrication de projectiles circulent également, ainsi que des appels à prendre l’Élysée.
Des menaces de mort et des adresses privées diffusées
Aux consignes s’ajoutent des cibles. Des listes d’adresses privées sont partagées, notamment celles des domiciles de Bernard Arnault, de Yaël Braun-Pivet et de Vincent Bolloré. Dans les messages, les ennemis sont désignés : « Les fachos, les capitalistes et les puissants. » Un utilisateur appelle explicitement au meurtre du chef de l’État : « Il faut tuer Emmanuel Macron. »
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C’est dans ce flot de messages que circulent, le 16 octobre, l’appel à se rassembler devant CNews et celui à incendier ses locaux. Quelques heures plus tard, samedi 17 octobre, peu avant 7 heures, une centaine de personnes cagoulées et vêtues de noir se présentent devant l’immeuble abritant les rédactions de la chaîne, d’Europe 1 et du JDD, dans le XVe arrondissement de Paris.
Les assaillants renversent des barrières et commettent des dégradations. Les forces de l’ordre interviennent et interpellent 21 personnes. Les éléments recueillis dans le groupe Telegram documentent les appels ayant précédé l’attaque ; ils ne permettent pas, à eux seuls, d’établir quels participants aux échanges ont effectivement pris part aux violences.
Un salarié de Mediawan parmi les interpellés
Parmi les personnes interpellées figure Jean-Baptiste Vernhes, révèle L’Infiltré, qui a obtenu leur liste. Sur son profil LinkedIn, l’intéressé indique occuper depuis plus de quatre ans un poste de chef monteur chez Mediawan Kids & Family. Cette société appartient au groupe de production fondé par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton, qui fournit notamment des programmes à l’audiovisuel public.
« CNews a commencé à morfler, c’est une bonne chose »
Toujours selon les informations de L’Infiltré, Jean-Baptiste Vernhes avait déjà été signalé pour sa participation à une action d’Extinction Rebellion, le 21 mars 2026, sur la passerelle Simone-de-Beauvoir, à Paris. Son rôle précis dans les faits du 17 octobre reste toutefois à établir. Une interpellation ne préjuge pas de la culpabilité des personnes concernées, toutes présumées innocentes.
Sur Telegram, après l’attaque, les messages de satisfaction prennent le relais des appels à l’action. Dans le groupe coadministré par Ritchy Thibault, un membre se félicite : « CNews a commencé à morfler, c’est une bonne chose. »



