La tarification scolaire n’est jamais un simple tableau de chiffres.
Elle révèle une vision politique de l’école, de l’égalité territoriale et de la responsabilité publique.
Une décision de continuité
Lors de sa séance de collégialité du mercredi 14 janvier 2026, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a validé les tarifs 2026 des services de restauration et d’hébergement (SRH) des établissements publics d’enseignement.
Sur les 43 établissements publics d’enseignement de la Nouvelle-Calédonie (EPENC), 26 disposent d’un service de restauration et d’hébergement, soit neuf lycées et dix-sept collèges directement concernés.
Cette décision s’inscrit dans la poursuite de l’homogénéisation tarifaire engagée depuis 2021, dans le cadre du Projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie.
L’objectif affiché est clair : réduire les écarts de prix historiques entre établissements, provinces et filières, sans céder à une inflation incontrôlée.
Comme en 2025, le choix politique est celui de la stabilité des tarifs, dans un contexte économique pourtant marqué par la hausse des coûts alimentaires, de l’énergie et des charges de fonctionnement.
Un signal assumé : ne pas faire porter aux familles le poids des tensions budgétaires.
Des tarifs encadrés, mais toujours différenciés selon les territoires
Pour les lycées, les tarifs 2026 de la demi-pension et de l’internat restent alignés sur ceux de l’année précédente.
La demi-pension est fixée à 50 400 francs dans plusieurs établissements emblématiques, dont Dick-Ukeiwë, Lapérouse et Auguste-Escoffier.
Les lycées Jules-Garnier et du Mont-Dore affichent un tarif légèrement supérieur, à 53 100 francs, tandis que les établissements de la province Nord et de la province des Îles culminent respectivement à 56 520 francs et 58 860 francs.
Côté internat, les écarts demeurent plus marqués.
Les tarifs s’étendent de 130 860 francs à Dick-Ukeiwë à 149 220 francs pour les établissements de la province des Îles, en passant par 134 100 francs pour plusieurs lycées de Nouméa et du Grand Nouméa.
Pour les collèges, la demi-pension en province Sud est fixée à 46 980 francs, tandis que le collège de Païamboué relève d’une tarification décidée directement par la province Nord.
Cette différenciation territoriale, bien que contenue, rappelle une réalité incontournable : l’égalité tarifaire parfaite reste difficile à atteindre dans un territoire aux contraintes logistiques et géographiques fortes.
Stabilité des prix, mais la qualité est-elle à la hauteur ?
Si la non-augmentation des tarifs peut être saluée, une question s’impose désormais avec force : la qualité du service est-elle réellement au rendez-vous ?
Car derrière les chiffres, les familles attendent autre chose qu’un équilibre comptable.
Elles attendent des repas équilibrés, des produits de qualité, des conditions d’hébergement dignes et une gestion rigoureuse des fonds publics.
Le gouvernement rappelle que les fonds sociaux alloués aux EPENC permettent de soutenir les familles défavorisées et très défavorisées, en complément des bourses scolaires.
Un dispositif indispensable pour garantir l’accessibilité de la restauration scolaire, pilier silencieux de la réussite éducative.
Mais la stabilité tarifaire ne peut servir de paravent.
Elle impose, en contrepartie, une exigence accrue de transparence, de contrôle des prestataires et d’évaluation concrète de la qualité des repas et des internats.
Dans une école publique qui se veut exigeante, républicaine et structurante, la cantine et l’internat ne sont pas des services annexes.
Ils sont des outils d’égalité réelle, à condition que la promesse de qualité suive la décision budgétaire.
En 2026, les prix n’augmentent pas.
Reste désormais à prouver que le service rendu justifie chaque franc engagé, au nom des élèves, des familles et de la crédibilité de l’action publique.


















