Chaque année, les provinces Nord et Sud assument un principe clair : préserver la ressource avant de relancer l’activité.
La pêche et la vente du picot étaient interdites depuis le 1ᵉʳ septembre, celles du crabe de palétuvier depuis le 1ᵉʳ décembre.
Depuis ce week-end, cette période de repos biologique a officiellement pris fin, notamment au marché de Nouméa.
Les pêcheurs professionnels et les revendeurs retrouvent enfin un produit phare.
Chaque mois, le crabe et le picot représentent entre 400 et 500 kilos de ventes, un volume essentiel pour l’économie des étals.
Une réouverture encadrée pour protéger le lagon
La réouverture ne signifie pas une liberté totale. Les autorités provinciales rappellent que la pêche durable n’est pas un slogan, mais une obligation légale.
Pour le crabe de palétuvier, la règle est constante : la capture est autorisée uniquement pour les individus de plus de quatorze centimètres.
Cette taille minimale garantit que les crabes ont atteint leur maturité sexuelle et se sont déjà reproduits.
Concernant les picots, toutes les espèces de canidés sont de nouveau autorisées. Le picot rayé reste soumis à une taille réglementaire de 20 centimètres, mesurée jusqu’à la fourche.
Pour les autres espèces, aucune taille minimale n’est imposée, mais les volumes restent surveillés.
La logique est assumée par les provinces : ne pas pêcher trop petit ni en trop grande quantité, afin de maintenir la ressource sur le long terme.
Quotas, contrôles et sanctions : la fermeté provinciale
Les contrôles sont réguliers et les sanctions dissuasives. La pêche hors limitation est considérée comme un délit, passible de sanctions pouvant atteindre 2 684 000 francs CFP.
Autre point fondamental : la vente et l’achat sont strictement réservés aux pêcheurs professionnels autorisés.
Vendre ou acheter du crabe ou du picot sans autorisation expose les deux parties à des poursuites.
En province Sud, un guide du lagon est mis à disposition en ligne pour rappeler les règles applicables.
En province Nord, la réglementation est proche, mais légèrement plus restrictive.
Les quotas y sont clairement définis :
– 10 kilos de produits lagonaires par personne et par sortie
– 40 kilos maximum par bateau
– interdiction des nasses ou casiers avec un maillage inférieur à 65 mm
– pour la pêche de plaisance, deux nasses maximum par bateau
Les poissons du large, comme le thon, le maï-maï ou le marlin, sont exclus de ces quotas. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 2,2 millions de francs CFP.
Un retour progressif sur les étals de Nouméa
Malgré l’attente, la réouverture n’a pas provoqué d’afflux spectaculaire immédiat. Ce dimanche matin, à peine une cinquantaine de kilos de crabes étaient proposés à la vente au marché de Nouméa.
En cause : un climat encore trop chaud.
L’ouverture est mal tombée, nous n’avons eu qu’un seul jour de pêche. Les crabes restent en profondeur, explique une poissonnière.
Selon les professionnels, la situation devrait s’améliorer dès la semaine prochaine, avec deux arrivages hebdomadaires, le jeudi et le samedi.
Pour l’instant, le crabe reste un produit de luxe, autour de 3 000 francs CFP le kilo.
Mais les vendeurs se montrent confiants : avec l’arrivée de la saison fraîche et une ressource plus abondante, les prix devraient baisser.
Comme pour les picots, le retour des crabes est vécu comme un moment fort. Les Calédoniens répondent présents, malgré les difficultés économiques liées au Covid et aux émeutes passées.
La clientèle fidèle demeure, preuve que les produits du lagon restent au cœur des habitudes locales.
À noter enfin que l’achat de picots issus de l’aquaculture est autorisé toute l’année, une alternative légale pour les consommateurs.
Bonne dégustation !


















