Une croissance qui ralentit, mais qui tient. En Polynésie française, 2024 confirme un modèle économique où l’État et les ménages demeurent les piliers de la prospérité locale.
Une économie résiliente grâce à la consommation et au soutien public
En 2024, le PIB de la Polynésie française atteint 700 milliards de F.CFP, avec une progression de 1,1 % en volume. Certes, ce chiffre marque un net ralentissement après le +2,8 % de 2023, mais il traduit une réalité : l’économie polynésienne repose sur des bases solides. La demande intérieure reste la clé, portée à la fois par la consommation des ménages et par l’investissement public.
La consommation des ménages, qui pèse pour près de trois quarts du PIB, continue de progresser (+1,3 % en volume). Ce moteur demeure vital, grâce à un marché du travail dynamique, une hausse de la masse salariale (+6 %) et une inflation en net repli (+1,2 %). Ce sont là des éléments concrets qui renforcent le pouvoir d’achat des familles, loin des discours victimaires : quand l’emploi progresse, le revenu suit.
L’État, le Pays et les communes jouent un rôle moteur dans le soutien à la croissance. Les dépenses publiques augmentent (+3,2 % en volume), dopées par l’effet Jeux olympiques, et soutiennent directement l’activité. L’investissement public croît de +3,7 %, alors même que l’investissement privé reste hésitant. Une fois encore, c’est la puissance publique qui garantit la stabilité, confirmant l’importance de la France dans la vitalité économique polynésienne.
Commerce extérieur en berne : l’enjeu d’une économie trop dépendante
Le contraste est saisissant : si la demande intérieure progresse, le commerce extérieur, lui, pèse sur la croissance. En 2024, les exportations chutent de 6 %, après une année 2023 exceptionnelle. Les perles, produit emblématique, chutent de 45 % en volume. Les autres filières locales – poisson, vanille – se maintiennent, mais ne suffisent pas à compenser.
À l’inverse, les importations continuent de grimper légèrement (+1,3 %), accentuant un déficit extérieur qui atteint 146 milliards de F.CFP. La Polynésie confirme ici une fragilité structurelle : trop de dépendance aux importations, pas assez de filières exportatrices diversifiées.
Il est temps de regarder les choses en face : la perliculture, malgré son prestige, ne peut pas à elle seule porter l’économie extérieure du Pays. Les choix de diversification doivent être assumés, avec une politique claire tournée vers la production locale et le soutien à des secteurs compétitifs. Ce n’est pas en se repliant sur un discours victimaire anti-France que la Polynésie s’en sortira, mais en renforçant son attractivité économique et en ouvrant ses marchés.
Emploi et pouvoir d’achat : une dynamique positive à préserver
L’autre bonne nouvelle de 2024, c’est l’emploi. Le taux de chômage recule à 7,5 %, tandis que le taux d’emploi grimpe à 57,7 %. Ce sont 2 000 postes supplémentaires ont été crées, principalement dans le commerce, l’hôtellerie-restauration et les transports. Cette progression est d’autant plus significative qu’elle réduit la part des emplois précaires à son niveau le plus bas depuis cinq ans.
Le pouvoir d’achat des ménages se maintient à un niveau supérieur à la croissance démographique. En 2024, le revenu disponible brut progresse de +3,5 % en valeur, soit +2,3 % en pouvoir d’achat réel. Autrement dit : malgré les contraintes extérieures, les familles polynésiennes vivent mieux. Ce résultat n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’un marché du travail solide et d’un soutien public ciblé.
Il serait irresponsable de nier ces progrès au nom d’un discours d’autoflagellation. La Polynésie bénéficie de la stabilité française, de ses transferts financiers et de son cadre institutionnel. L’avenir repose sur un cap clair : encourager l’initiative privée, développer les filières productives locales, et assumer pleinement l’ancrage à la République, seule garante de stabilité économique et sociale.
En 2024, la croissance ralentit mais reste positive et soutenue par la consommation, l’investissement public et un marché du travail en nette amélioration. Le commerce extérieur, fragilisé par la chute des exportations de perles, rappelle l’urgence d’une stratégie de diversification économique.
La réalité est simple : sans la France, son soutien public et son ouverture économique, la Polynésie ne connaîtrait pas cette stabilité. Plutôt que de céder à une rhétorique du repli, il est temps de consolider cette dynamique, d’assumer une orientation claire : travailler, investir, produire, et renforcer les liens avec l’Hexagone.
Le ralentissement de 2024 n’est pas un signe de faiblesse, mais un appel à la lucidité : la prospérité polynésienne repose sur le travail, la responsabilité et l’ancrage français.