Chasse au cerf, projecteurs interdits, voisins en guerre : la Calédonie découvre que l’indiscipline peut transformer un loisir en chaos.
Le “projo” de trop
La scène, racontée dans l’émission des Coup de Gueule d’Océane FM, a fait rire… avant de mettre mal à l’aise.
Un chasseur calédonien, embusqué depuis une heure, voit un troupeau de huit cerfs débouler. Il vise, se concentre… et là, BAM, son voisin allume un projecteur digne d’un stade.
Il fait jour carrément ! Tous les cerfs sont partis
lâche l’auditeur. Rires gênés, mais fond du problème évident : la chasse vire au grand n’importe quoi.
Quand la chasse devient le théâtre de l’ego rural
Parce qu’il faut le dire sans trembler : le projecteur, c’est le symbole parfait de cette nouvelle mode où chacun veut “mieux voir” que son voisin.
Vu son projo, il faudrait un soleil carrément
a ironisé un autre auditeur.
Derrière la blague, une réalité : la chasse devient le terrain d’un concours de puissance ridicule.
Rappel brutal : le projecteur, c’est interdit. Point.
Dans un pays où tout le monde connaît un chasseur, il est bon de rappeler un détail essentiel : l’usage de sources lumineuses artificielles est illégal.
- La chasse de nuit est interdite.
- Les projecteurs sont interdits.
- La lumière pour repérer ou tirer du gibier est interdite.
Pas “discutable”. Pas “selon le contexte”. Interdit.
Mais certains pensent encore qu’un bon coup de LED leur donne un avantage. Résultat :
des tensions, des insultes… et un territoire où l’on confond parfois la chasse et une rave-party nocturne.
Pendant ce temps, les cerfs explosent les chiffres
Le vrai scandale est là : pendant que certains jouent aux gendarmes de la brousse avec leurs spots surpuissants, le cerf rusa, lui, prolifère.
Les données officielles sont connues :
- Entre 120 000 et 150 000 cerfs sur le territoire.
- Une espèce invasive classée comme telle par les provinces.
- Des dégâts agricoles massifs.
- Une pression énorme sur la biodiversité.
Bref : on a besoin de chasseurs responsables, pas d’artificiers amateurs.
Un voisinage au bord de la rupture
Le cœur du coup de gueule est là : la chasse n’est plus une pratique, c’est devenu un conflit de voisinage.
Il a flingué toute ma sortie avec son projecteur militaire
balance un auditeur, mi-rieur mi-exaspéré. Entre ceux qui revendiquent un “spot”, ceux qui se pensent experts, ceux qui utilisent du matériel interdit… la tension monte dans les tribus comme dans les lotissements périurbains. Et on fait semblant d’être surpris.
La sécurité, ce mot que personne ne veut entendre
Parce qu’éclairer une zone avec un projecteur surpuissant, ce n’est pas seulement gâcher la chasse du voisin. C’est dangereux.
Un jour il va éclairer la mauvaise personne
avertit un auditeur. Et il a raison.
La chasse en Calédonie, c’est déjà :
- des tirs non identifiés,
- des balles perdues,
- des zones privées mal délimitées,
- des comportements imprudents.
Ajoutez un projecteur illégal : vous avez la recette d’un drame annoncé.
Il est temps de chasser… les mauvaises habitudes
Ce coup de gueule tranche net : la chasse n’est pas le problème.
Le problème, ce sont les comportements.
Dans un territoire où le cerf pullule, où les agriculteurs serrent les dents, et où la sécurité devrait primer, il est urgent de rappeler une vérité simple :
Un chasseur responsable vaut mille bricoleurs armés de projecteurs.
Et si vraiment certains veulent “éclairer” la brousse, qu’ils commencent par éclairer leur conscience.


















