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NakamaIs : réguler ou laisser faire ?

3 mars 2026 à 09:00
5 min de lecture
NakamaIs : réguler ou laisser faire ?
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En Nouvelle-Calédonie, le débat sur la régulation des nakamals prend une tournure politique assumée.
D’un côté, le premier vice-président de la province Sud, Philippe Blaise, appelle à voter sans tarder la loi de pays déposée au Congrès. De l’autre, la Fédération des artisans du kava (FAK) réclame une régulation spécifique et concertée.

Philippe Blaise : « Il faut voter la loi »

Le 29 août 2025, un projet de loi de pays relatif à la régulation des nakamals a été déposé sur le bureau du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, après validation par le gouvernement Ponga.

Dans un message publié sur Facebook, Philippe Blaise, également élu au Congrès, demande que ce texte soit examiné et voté.
Il affirme avoir interrogé par mail la présidente du Congrès afin de connaître la date d’inscription à l’ordre du jour, indiquant être toujours dans l’attente d’une réponse.

Pour l’élu de la province Sud, la question est claire : il ne s’agit pas de remettre en cause l’existence des nakamals, qu’il reconnaît comme « populaires », mais de mettre fin à des situations jugées problématiques.

Il cite notamment le cas d’un établissement situé rue Noellat, à Rivière-Salée, implanté entre une école maternelle et une école primaire.
Selon lui, certains nakamals génèrent des « nuisances inacceptables » pour les riverains.

Il évoque des attroupements de personnes alcoolisées ou sous l’emprise du cannabis sur la voie publique, ainsi que la proximité de certains établissements avec des structures scolaires.

Des contrôles conjoints de la police nationale et municipale auraient déjà conduit à des fermetures administratives après constat d’infractions.
Mais, insiste-t-il, il n’existe aujourd’hui aucun cadre juridique spécifique pour encadrer cette activité, classée administrativement en « salon de thé ».

Le projet de loi viserait à donner au gouvernement le pouvoir de réguler l’implantation et le fonctionnement de ces établissements. Le Conseil économique, social et environnemental de la Nouvelle-Calédonie a été saisi pour avis.

La Fédération des artisans du kava refuse « l’arbitraire »

En réponse, la Fédération des artisans du kava (FAK) affirme partager le constat de la nécessité d’un cadre.
Mais elle rejette toute assimilation du kava au régime juridique de l’alcool.

Dans un post Facebook daté du lundi 2 mars 2026, en réponse à Philippe Blaise, la FAK précise qu’elle ne s’oppose pas à la régulation, mais au contenu du projet actuel.
Elle estime qu’assimiler le kava à l’alcool sans étude scientifique ou sanitaire constitue une erreur d’appréciation.

Selon la Fédération, une réglementation inadaptée pourrait avoir un effet inverse à celui recherché : pousser les exploitants vers l’informel, rendant les contrôles plus difficiles.

Les professionnels dénoncent également l’absence de reconnaissance administrative de leur filière : ni code APE spécifique, ni code douanier dédié, ni registre professionnel propre au kava n’existeraient à ce jour.

Pour la FAK, la solution réside dans la création d’une licence KAVA spécifique, co-construite avec les acteurs du secteur. Objectif affiché : professionnaliser la filière, encadrer les pratiques et sécuriser les produits.

La Fédération rappelle que le nakamal est aussi un lieu de socialisation.
Elle conteste l’idée selon laquelle la consommation de kava serait uniquement une pratique « importée », soulignant son ancrage dans certaines pratiques communautaires locales.

Ordre public, économie et responsabilité politique

Au-delà du débat culturel, le différend porte sur des enjeux économiques et sociaux concrets.
La FAK évoque des centaines d’exploitants, de salariés et de familles concernées par la future réglementation.

Elle demande qu’une étude d’impact économique et social soit réalisée avant l’adoption de la loi.
Selon elle, des sanctions telles que des amendes ou un numerus clausus pourraient avoir des conséquences lourdes.

De son côté, Philippe Blaise met en avant la responsabilité des élus face aux troubles constatés.
Il insiste sur la nécessité de protéger les riverains et les établissements scolaires.

Il affirme qu’en tant qu’élu au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, il votera la loi si elle est inscrite à l’ordre du jour.

Le débat illustre une fracture classique : entre défense de l’ordre public et crainte d’une régulation jugée inadaptée. Mais il révèle aussi une réalité institutionnelle : sans cadre juridique clair, l’administration dispose de moyens limités.

La province Sud, confrontée à des plaintes de riverains, plaide pour un outil légal précis. La filière kava réclame, elle, une reconnaissance officielle et un statut adapté.

Au fond, la question posée est celle de la cohérence normative : peut-on continuer à classer des nakamals en « salons de thé » tout en dénonçant leurs dérives ?

Pour les partisans du texte, l’absence de loi entretient le flou et l’impunité. Pour ses opposants, une loi mal calibrée risquerait de fragiliser une activité économique légale.

Le projet de loi de pays, approuvé par le gouvernement et transmis au Congrès, attend désormais son examen.
Son contenu prévoit de donner au gouvernement un pouvoir explicite de régulation des implantations et des conditions d’exploitation.

Dans ce bras de fer, chacun campe sur ses positions. Mais une chose est certaine : le statu quo juridique apparaît de plus en plus intenable.

Entre exigence d’ordre, respect des riverains, reconnaissance d’une filière économique et affirmation d’une autorité publique claire, le débat dépasse la seule question du kava.

Il interroge la capacité des institutions calédoniennes à trancher. Et à assumer politiquement leurs choix.

#Fédération des Artisans du Kava#Philippe Blaise#kava Nouvelle-Calédonie#régulation nakamals#loi de pays Nouvelle-Calédonie#nuisances riverains
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