Sarah Knafo promet de diviser la dette de Paris par deux

Ce matin, la question est brutale : Paris peut-elle encore être sauvée d’une dérive financière durable ?
En direct sur Thinkerview, Sarah Knafo a choisi d’attaquer frontalement la gestion budgétaire de la capitale.
Une dette de 10 milliards au cœur du débat municipal
Dès les premières minutes de l’entretien, Sarah Knafo met en avant un chiffre devenu central dans la campagne : environ 10 milliards d’euros de dette pour la Ville de Paris. Pour la candidate, ce montant symbolise une gestion qu’elle juge déséquilibrée depuis plus de vingt ans, sous des majorités de gauche successives.
Elle insiste sur un paradoxe politique : Paris concentre les sièges sociaux, attire des millions de touristes, affiche une fiscalité locale élevée, et pourtant la situation budgétaire serait, selon elle, structurellement fragilisée. La question qu’elle pose est simple : comment une capitale aussi riche peut-elle se retrouver dans une telle situation d’endettement ?
Logement social et loyers capitalisés : la mécanique contestée
Le cœur de son argumentation repose sur le logement social. Selon Sarah Knafo, la Ville aurait massivement utilisé la préemption pour acquérir des immeubles existants, puis mobilisé des dispositifs comme les baux emphytéotiques permettant de percevoir en avance des loyers sur plusieurs décennies.
Dans sa lecture, ces loyers capitalisés auraient été injectés dans les budgets afin de compenser des déficits de fonctionnement, créant un déséquilibre à long terme. Elle va jusqu’à évoquer un « ponzi immobilier », formule politique forte destinée à dénoncer une fuite en avant financière. Il s’agit d’une qualification de campagne et non d’une qualification juridique, mais l’expression illustre la radicalité de sa critique.
La candidate estime que la ville s’est ainsi retrouvée avec une dette importante, tandis que les recettes futures auraient été en partie consommées par anticipation.
Paris Habitat et les soupçons de dérives
L’entretien évoque également Paris Habitat, principal bailleur social de la capitale, détenu par la Ville de Paris. Des révélations récentes dans la presse ont mis en lumière des soupçons de surfacturations de travaux, suscitant un débat sur la gouvernance et le contrôle des organismes liés à la municipalité.
Sarah Knafo s’appuie sur ces éléments pour affirmer qu’il existerait un manque de vigilance politique et un défaut de contrôle suffisant. Elle affirme que de nombreuses informations seraient accessibles en open data, mais insuffisamment mises en lumière dans le débat public.
Les propositions : moratoire, ventes et baisse des impôts
Face à ce diagnostic, la candidate propose une rupture nette. Elle annonce vouloir instaurer un moratoire sur le logement social à Paris afin de stopper ce qu’elle considère comme une dynamique financière risquée. Elle souhaite également vendre une partie du parc social à ses occupants, en mettant en avant l’accession à la propriété comme levier de responsabilité et de désendettement.
Sarah Knafo avance qu’une telle politique pourrait, à horizon dix ans, contribuer à réduire significativement la dette municipale. Elle associe ce plan à un programme d’économies budgétaires et à une baisse des impôts locaux, notamment la taxe foncière et certaines taxes répercutées sur les locataires. Elle propose également des mesures concrètes sur le stationnement afin de redonner du pouvoir d’achat aux Parisiens et soutenir les commerçants.
Une vision politique fondée sur la réduction de la dépense publique
Au-delà des chiffres, l’entretien révèle une ligne idéologique claire. Sarah Knafo défend l’idée que « l’argent public n’existe pas », estimant qu’il s’agit avant tout de l’argent des contribuables. Elle soutient que le pouvoir d’achat ne repose pas sur les aides distribuées, mais sur la baisse des prélèvements.
Elle relie la dette municipale à une philosophie plus large de la dépense publique en France, qu’elle juge excessive et inefficace au regard des services rendus. Selon elle, la clé d’un redressement durable passe par une réduction du train de vie municipal et une responsabilisation budgétaire stricte.
Une campagne qui se structure autour de la gestion
Cette intervention marque un tournant stratégique. En mettant la dette au centre du débat, Sarah Knafo cherche à transformer l’élection municipale parisienne en référendum sur la gestion financière des vingt-cinq dernières années.
Reste à savoir si cette approche, centrée sur la comptabilité et le désendettement, convaincra un électorat sensible à d’autres enjeux comme le logement, l’écologie ou les services publics de proximité. La bataille de Paris se jouera désormais autant sur les chiffres que sur la vision politique.

