Depuis plusieurs années, la protection de l’environnement ne se limite plus aux discours institutionnels en Nouvelle-Calédonie. Avec le lancement des aires éducatives environnementales (A2), la province Sud a choisi une approche concrète : faire des élèves des acteurs directs de la préservation des milieux naturels. Sur le terrain, l’Association Symbiose joue un rôle central dans la mise en œuvre de ce dispositif, en accompagnant chaque année plusieurs établissements scolaires.
Un dispositif éducatif ancré dans les réalités locales
Lancé en 2020, le programme des aires éducatives environnementales repose sur un principe simple : confier à des classes un espace naturel proche de leur établissement, qu’il soit terrestre ou marin. L’objectif est double : sensibiliser les élèves aux enjeux écologiques tout en les impliquant concrètement dans des actions de suivi, d’entretien ou de restauration.
Mangroves, récifs frangeants ou zones littorales figurent parmi les premiers terrains investis. Cette proximité géographique permet de relier les enseignements scolaires à l’environnement quotidien des élèves, en donnant du sens aux notions abordées en classe.
La forêt sèche, priorité écologique et pédagogique
Au fil des années, un constat s’est imposé : la forêt sèche est devenue l’un des axes majeurs des projets A2. Cet écosystème, parmi les plus menacés de Nouvelle-Calédonie, a subi une dégradation massive liée à l’urbanisation et aux activités humaines. Il ne subsiste aujourd’hui qu’une part infime de sa surface d’origine.
La localisation même des établissements scolaires explique ce choix. De nombreuses écoles et collèges sont implantés sur d’anciens espaces de forêt sèche, ce qui rend la démarche de restauration à la fois logique et pédagogique. Les élèves travaillent ainsi sur un patrimoine naturel directement lié à l’histoire de leur territoire.
Quand les établissements innovent faute de milieux naturels
Tous les établissements ne disposent pas d’un espace naturel immédiatement accessible. Pour répondre à cette contrainte, de nouveaux projets ont émergé, notamment la création d’arboretums au sein même des écoles et des collèges.
Ces espaces plantés avec des espèces de forêt sèche ont une fonction éducative, mais aussi écologique : ils servent de réservoirs de semences destinées à être utilisées ultérieurement pour des opérations de replantation sur des sites naturels. Cette approche permet de dépasser les limites géographiques et d’inscrire les projets dans une logique de long terme.
L’association Symbiose, un acteur historique de l’éducation scientifique
L’implication de l’association Symbiose dans les aires éducatives environnementales s’inscrit dans une continuité. Depuis plus de trente ans, la structure œuvre à la contextualisation de l’enseignement scientifique en Nouvelle-Calédonie.
À travers des projets emblématiques comme le Vaisseau des sciences ou la Fête de la science, Symbiose a contribué à rapprocher les jeunes Calédoniens des réalités locales : géologie, nickel, biodiversité ou encore milieux naturels spécifiques du territoire. Les A2 prolongent cette philosophie en liant apprentissage théorique et action concrète.
Un dispositif ouvert aux établissements volontaires
L’adhésion aux aires éducatives environnementales repose sur l’initiative des enseignants ou des directions d’établissement. L’inscription se fait directement auprès de la Province Sud, qui pilote le dispositif en lien avec les acteurs éducatifs et environnementaux.
Le suivi des projets peut s’étendre sur une année scolaire, mais l’expérience montre que les actions les plus efficaces sont celles inscrites dans la durée. Pour illustrer ces démarches, une vidéo réalisée en 2023 avec des élèves du lycée Lapérouse est disponible en ligne, offrant un aperçu concret d’un projet mené à son terme.
En misant sur l’école et la jeunesse, la province Sud fait le choix d’une écologie pragmatique, fondée sur l’action et la transmission. Les aires éducatives environnementales traduisent une volonté claire : ancrer la protection de la biodiversité dans le quotidien des élèves, pour former des citoyens conscients des fragilités et des richesses de leur territoire.


















