Taïwan affirme avoir détecté un drone de reconnaissance chinois dans son ADIZ au sud-ouest, près de l’île de Dongsha, tandis que Pékin parle d’un exercice « légal ».
Un drone chinois repéré près de l’ADIZ taïwanaise
Les autorités de Taïwan ont annoncé samedi avoir détecté un drone de reconnaissance de l’Armée populaire de libération (APL) entrant dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) du sud-ouest de l’île. Selon le ministère taïwanais de la Défense, l’appareil a été repéré à 5 h 41 (heure locale) à proximité de île de Dongsha, également connue sous le nom d’îles Pratas.
Le ministère précise que des avertissements radio ont été émis et que le drone a quitté la zone après ces sommations. Les forces armées taïwanaises indiquent rester mobilisées et suivre l’évolution de la situation en temps réel.
L’ADIZ ne correspond pas à l’espace aérien souverain, mais à une zone tampon au-delà des frontières nationales, dans laquelle les aéronefs doivent s’identifier pour des raisons de sécurité.
Activité militaire accrue autour de Taïwan
Au-delà de cet incident, Taïwan a signalé une intensification des mouvements militaires chinois autour de l’île. Jusqu’à 6 heures du matin, les autorités disent avoir détecté 26 avions militaires chinois, huit navires de la marine de l’APL ainsi qu’un navire officiel opérant dans la zone.
Parmi ces aéronefs, sept sorties ont franchi la ligne médiane du détroit de Taïwan, pénétrant les secteurs nord, central et sud-ouest de l’ADIZ taïwanaise. Taipei affirme avoir surveillé l’ensemble de ces activités et réagi conformément à ses procédures de défense.
Pékin défend un exercice « justifié et légal »
De son côté, la Chine a rejeté toute accusation d’incursion provocatrice. L’APL a déclaré que ces vols s’inscrivaient dans le cadre d’entraînements réguliers de drones menés par le commandement du théâtre Sud au-dessus de Dongsha.
Un porte-parole a qualifié ces manœuvres de « complètement justifiées et légales », selon l’agence officielle Agence Xinhua. L’île de Dongsha se situe dans la partie nord de la mer de Chine méridionale, région stratégique marquée par des revendications territoriales concurrentes.
Ces déclarations interviennent quelques semaines après des exercices militaires chinois de grande ampleur autour de Taïwan, illustrant la pression constante exercée par Pékin.
Transit de navires américains dans le détroit de Taïwan
Par ailleurs, le commandement du théâtre Est de l’APL a indiqué avoir surveillé le passage de deux navires américains dans le détroit de Taïwan entre vendredi et samedi.
Selon Pékin, il s’agissait du destroyer lance-missiles USS John Finn et du navire océanographique USNS Mary Sears. Des moyens navals et aériens chinois auraient été déployés pour suivre leur progression, la Chine affirmant rester en état d’alerte élevé pour défendre sa souveraineté et la stabilité régionale.
Les États-Unis n’ont pas réagi immédiatement à ces affirmations chinoises.
Un point chaud persistant en Indo-Pacifique
La détection du drone près de Dongsha et le suivi des navires américains illustrent une nouvelle fois la forte tension militaire autour de Taïwan. Entre incursions aériennes répétées, démonstrations navales et rhétorique ferme de Pékin, le détroit de Taïwan demeure l’un des principaux foyers de crispation stratégique en Indo-Pacifique.


















