Il y a des polémiques qui ressemblent à une dispute d’ego, et qui finissent pourtant par poser une question très simple : qui informe vraiment les Calédoniens quand le ciel commence à se fâcher ?
Depuis plusieurs jours, le débat remonte en surface, encore une fois, autour de la même tension : d’un côté, un service officiel jaloux de sa parole ; de l’autre, des passionnés, des pages suivies, des analyses relayées, et une population qui, elle, veut surtout éviter de se faire surprendre.
Le dernier épisode a un visage : Jojo Santino Wegoa, administrateur de la page L’œil sur le CYCLONE, 12 ans d’existence, plus de 94 000 membres, et une communauté qui, au fil des saisons, a fini par installer une évidence gênante pour certains : on peut être crédible, utile et précis sans badge officiel.
Le cœur du problème : prévenir, même quand ce n’est “pas encore sûr”
L’accusation qui revient est toujours la même, et elle agace : Météo NC ne supporte pas que des alertes circulent en dehors d’elle, surtout quand elles s’appuient sur des modèles internationaux (américains, néo-zélandais, australiens, etc.).
Sauf que la météo, par définition, c’est du risque, de la probabilité, des scénarios. Et prévenir, ce n’est pas “faire peur” : c’est donner de l’avance.
Jojo, lui, pose ça sans se cacher, avec un ton simple et un positionnement clair :
celle d’un simple passionné, sans formation dans le métier ni de stage à Météo France NC 😏
Il rappelle surtout ce que beaucoup feignent d’oublier : il ne “prédit pas dans sa cuisine”, il relaie et croise les infos des centres de référence de la zone :
je relaie la plupart du temps des analyses des centres spécialisés de la région (JTWC et NHC pour les USA, JMA pour le Japon, BOM pour l’Australie, FMS pour les Fidji et notre service météo officiel)
Et il détaille même ses outils, sans posture, sans mystère :
Tropical Tidbits d’un expert hawaïen Levi Cowan, Zoom Earth et Windy
Bref : du factuel, du traçable, du compréhensible. Tout l’inverse d’une communication parfois perçue comme verticale, fermée, et surtout, aux yeux d’une partie du public, trop souvent résumée à : “circulez, il n’y a rien à voir”.
Une confiance massive : “Vous êtes notre météo”
Ce qui frappe, dans cette affaire, ce n’est pas seulement le post de Jojo. Ce sont les commentaires. Le volume, le ton, l’unanimité.
On ne parle pas ici d’une petite fanbase bruyante : on parle d’une communauté qui dit noir sur blanc qu’elle s’informe autrement.
Vous êtes notre météo…la plus fiable …
Notre METEO préférée
je ne suis que tes prévisions
je n ai confiance qu’en vous
Et parfois, c’est encore plus direct, sans diplomatie, sans détour :
Toi oui tu gères
RESTE COMME TU ES, TU ES NOTRE CHAMPION DE LA METEO, MERCI POUR TES PRÉVISIONS
Merci beaucoup a vous… franchement je vs fait plus confiance que la météo nc
Ce n’est pas une attaque institutionnelle, c’est un constat populaire : la confiance s’est déplacée. Et quand la confiance quitte un service, elle ne revient pas avec un post pédagogique et deux codes couleur.
La méthode Jojo : humble, transparent, et… utile
Ce qui vaut à Jojo cette fidélité, ce n’est pas seulement “il a raison”. C’est aussi sa manière de faire : de la disponibilité, de la pédagogie, de l’humilité.
Et ça, les gens le voient. Ils le disent.
Merci beaucoup pour votre humilité, qualité tellement rare sur les réseaux
vous prenez de votre temps pour nous partager votre passion… à titre gracieux😉 en toute modestie et humilité
merci de nous informer toutes les heures de la progression de la dépression
Tes synthèses nous sont très utiles… un travail bénévole que tu réalises pour les Calédoniens
Même quand il parle d’un autre passionné, Nathan Di Matteo, 18 ans, il le fait avec élégance et respect :
le jeune Nathan Di Matteo qui, a 18 ans, fait un travail de synthèse remarquable et bien argumenté
La communauté, elle, suit et valide :
je vous suis tout les 2… vos publications très complémentaires
Une leçon simple : l’info météo n’appartient à personne
Ce dossier, au fond, dit une chose assez brutale : l’information météo n’est pas une chasse gardée.
Elle est d’intérêt public. Elle doit circuler. Elle doit être comprise. Elle doit être multipliée, croisée, discutée. Parce que c’est comme ça qu’on anticipe.
Et pendant que certains expliquent qu’il ne faut pas “écouter les réseaux sociaux”, d’autres font exactement ce que la population attend : ils montrent les scénarios, ils expliquent, ils préviennent sans hurler, et ils laissent chacun prendre ses précautions.
Un commentaire résume tout, sans fard :
Des infos simple, précis et compréhensible…
Alors oui : quand on voit ce soutien massif, il faut le dire clairement. La Dépêche de Nouméa tire son chapeau à Jojo Santino Wegoa.
Pas parce qu’il “remplace” un service officiel. Mais parce qu’il fait ce que beaucoup réclament : informer à temps, sans mépris, sans posture, sans confiscation de la parole.
Et si, dans les jours à venir, certains modèles annoncent à nouveau un risque à 7 ou 10 jours, ce sera toujours la même logique : on ne décrète pas le silence au nom du confort institutionnel. On prévient. On suit. On recoupe. On se protège.
Parce que la météo, elle, ne s’excuse jamais d’arriver. Et peut-être que ça pourrait permettre aussi d’éviter ça :
“Les chiens aboient, la caravane passe”
La communauté a déjà choisi son camp, et elle le dit avec une ironie qui pique juste ce qu’il faut :
les chiens 🐕 aboient… continues dans ta lancée
les chiens aboient, la caravane passe.
Et visiblement, la caravane L’œil sur le CYCLONE continue de rouler. Avec 94 000 personnes derrière.
Et c’est peut-être ça, le message le plus désagréable pour certains : quand un passionné devient la référence, ce n’est pas un accident. C’est un échec ailleurs.
Conclusion – Rester vigilants, sans paniquer
Une fois tout cela posé, une chose doit être dite clairement. Les Calédoniens doivent rester vigilants.
Les dernières modélisations issues de plusieurs centres internationaux continuent de simuler un phénomène potentiellement costaud, susceptible cette fois d’arriver par le nord, une zone historiquement plus propice à la structuration des systèmes tropicaux. L’échéance se situe dans une dizaine de jours, ce qui ne relève ni de l’alerte immédiate ni de la certitude, mais bien d’un signal à surveiller sérieusement.
Il ne s’agit pas d’annoncer un cyclone dix jours à l’avance, encore moins d’affoler qui que ce soit. Il s’agit simplement de faire ce que le bon sens impose : regarder les scénarios, suivre leur évolution jour après jour, et se tenir informé.
La modélisation correspondante est mise ci-dessous, en vidéo, afin que chacun puisse voir par lui-même, comprendre les trajectoires possibles et mesurer les incertitudes.
Informer n’a jamais été synonyme de dramatiser. C’est au contraire donner une longueur d’avance.
@ladepechedenoumea ATTENTION : Simulation météo pour la fin du mois. À surveiller. Pas de panique, suivez Jojo de Wegoa ! C’est lui le vrai ! www.ladepeche.nc #nouvellecaledonie #newcal ♬ son original – La Dépêche de Nouméa



















