Deux nuits de congrès, un second tour sans adversaire, et une réélection marquée par un nombre élevé de bulletins blancs. À Maré, l’Union calédonienne reconduit Emmanuel Tjibaou, tout en affichant ses lignes de fracture internes.
Un congrès tardif et une réélection sans élan majoritaire
Réunis à Maré pour leur 56ᵉ congrès, les militants de l’Union calédonienne ont reconduit Emmanuel Tjibaou à la présidence du mouvement. Les travaux, prolongés jusqu’au petit matin, se sont achevés peu après 4 heures, signe d’un congrès plus laborieux qu’enthousiaste.
Au premier tour, quatre candidatures étaient en lice : Emmanuel Tjibaou, Jacques Lalié, Nadine Pidjot et Gaston Nedenon. Faute de majorité, un second tour a été organisé, au cours duquel Emmanuel Tjibaou s’est retrouvé seul candidat.
Il a néanmoins été élu avec 139 voix, un score accompagné de 58 bulletins blancs et 3 votes nuls. Un résultat qui traduit un soutien formel, mais aussi une réserve significative au sein des délégués.
Une ligne politique durcie contre l’accord de Bougival
Dans son intervention, Emmanuel Tjibaou a fixé les priorités de sa nouvelle mandature. Le député de la deuxième circonscription a confirmé que l’UC engagerait un travail de lobbying auprès des parlementaires, dans l’objectif assumé de faire échouer le processus institutionnel issu de l’accord de Bougival.
Cette position marque une rupture politique claire. Le 12 juillet 2025, Emmanuel Tjibaou figurait pourtant parmi les signataires de l’accord, avant d’en contester désormais le contenu dans son ensemble, au même titre que les discussions ultérieures auxquelles le FLNKS a choisi de ne pas participer.
Le président de l’UC a également formulé une critique appuyée de l’accord Élysée-Oudinot, dénonçant une trajectoire institutionnelle jugée incompatible avec les revendications indépendantistes actuelles.
Municipales et reconduction d’un bureau sans changement
Sur le terrain électoral, l’Union calédonienne annonce son engagement actif dans les prochaines échéances, en particulier les élections municipales dans l’agglomération. Le parti estime que les événements du 13 mai ayant principalement touché le Grand Nouméa, la présence indépendantiste dans ces communes constitue désormais une priorité stratégique.
À l’issue du congrès, les militants ont choisi la continuité organisationnelle, en reconduisant le même bureau que celui élu en 2024 à la tribu de Mia, à Canala.
La direction de l’UC s’établit ainsi :
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Président : Emmanuel Tjibaou
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Vice-présidents : Pierre Chanel Tutugoro et Mickael Forrest
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Commissaire général : Christian Tein
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Commissaire général adjoint : Hervé Tein Taouva
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Secrétaire général : Dominique Fochi
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Premier secrétaire général : Romuald Pidjot
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Deuxième secrétaire générale : Amandine Darras
Cette reconduction intégrale confirme une stratégie de verrouillage interne, dans un contexte politique où l’UC entend durcir son discours, tout en affichant des divisions que le scrutin présidentiel a laissées transparaître.


















