Ils promettent la liberté financière, la réussite rapide et l’argent “sans patron”. Sur les réseaux sociaux, les systèmes pyramidaux refont surface, plus habiles, plus discrets, plus viraux. En Nouvelle-Calédonie, le sujet est désormais ouvertement débattu, porté par des auditeurs inquiets et des témoignages contradictoires. Le coup de gueule n’est pas moral : il est préventif.
Des promesses trop belles pour être vraies
À l’antenne, une auditrice a posé la question frontalement :
On en entend parler partout, et certains disent que c’est une arnaque. D’autres défendent le système
Le schéma est connu : recrutement via Facebook, TikTok ou messageries, discours de motivation, mise en avant de “leaders”, et revenus conditionnés au recrutement de nouveaux membres. Or, selon l’ Autorité des marchés financiers, un système devient pyramidal lorsque les gains proviennent essentiellement de l’adhésion de nouveaux entrants, et non de la vente réelle d’un produit ou service. Un critère clair, vérifiable, et rarement assumé par les promoteurs.
“Libre à eux”… jusqu’au jour où ça casse
À l’antenne, le débat a été posé sans détour :
Libre à eux de soutenir, mais moi je savais que c’était une arnaque
Ce “libre à eux” revient souvent. Il traduit une tolérance sociale dangereuse : on laisse faire tant que ça ne touche pas son entourage direct. Or, les autorités de protection des consommateurs rappellent que les pertes financières touchent en priorité les derniers arrivés, souvent les plus fragiles. Le Service de la consommation et de la concurrence de la DAE
La Direction des Affaires Économiques (DAE), souligne régulièrement que ces montages reposent sur une illusion de réussite, entretenue par quelques profils mis en avant, pendant que la majorité perd sa mise initiale.
Réseaux sociaux : accélérateurs d’arnaques
Ce qui change aujourd’hui, c’est la vitesse. Les réseaux sociaux suppriment les garde-fous. Vidéos courtes, témoignages “inspirants”, captures d’écran de gains non vérifiables : tout est pensé pour créer l’urgence et la peur de rater l’opportunité. Un auditeur l’a résumé simplement :
On ne te parle jamais du produit, seulement de combien tu peux gagner
Un signal d’alerte majeur. On rappelle qu’un discours centré sur le recrutement et les commissions, au détriment de l’usage réel, doit immédiatement éveiller la méfiance.
Pourquoi la Calédonie est particulièrement exposée
Territoire insulaire, forte interconnaissance, réseaux familiaux et amicaux serrés : la Nouvelle-Calédonie offre un terrain idéal à ces dérives. La pression sociale joue à plein : refuser, c’est parfois refuser à un proche. D’où l’appel lancé à l’antenne :
Si vous avez été victimes ou témoins, parlez-en
Parler, ce n’est pas dénoncer pour dénoncer. C’est éviter que d’autres tombent. Les autorités rappellent que la participation à un système pyramidal peut engager la responsabilité pénale, y compris pour ceux qui recrutent, même “de bonne foi”.
Le coup de gueule n’est pas contre l’entrepreneuriat, ni contre la réussite. Il est contre les mirages dangereux qui prospèrent sur la crédulité et la pression sociale.
En Nouvelle-Calédonie, la vigilance est une responsabilité collective. Avant de cliquer, d’investir ou de recruter un proche, une règle simple : si l’argent vient surtout des nouveaux entrants, ce n’est pas une opportunité, c’est un piège. Et les réseaux sociaux, eux, n’effacent jamais les dégâts.


















