Deuxième plus grand joyau naturel de la province Sud, les Lacs du Grand Sud rappellent que l’écologie n’est pas une idéologie, mais une responsabilité nationale et territoriale.
Ici, la protection de l’environnement va de pair avec l’indépendance énergétique, la sécurité de l’eau et un développement maîtrisé.
Un classement Ramsar qui consacre un intérêt mondial et des enjeux locaux majeurs
Depuis le 2 février 2014, la région des Lacs du Grand Sud néo-calédonien est inscrite à la Convention de Ramsar, une reconnaissance internationale réservée aux zones humides d’importance majeure.
Douze ans plus tard, ce classement demeure un marqueur fort : celui d’un territoire français du Pacifique qui assume la préservation de ses ressources naturelles stratégiques.
La zone Ramsar des Lacs du Grand Sud ne se limite pas aux plans d’eau emblématiques. Elle englobe également des rivières, des marais, des dolines, des creeks et des systèmes karstiques, formant un ensemble cohérent essentiel à la régulation du cycle de l’eau.
Ces milieux agissent comme de véritables réservoirs naturels, capables de stocker l’eau, d’en améliorer la qualité et de limiter les crues.
Étendue sur près de 44 000 hectares, la zone est couverte à 50 % par le parc provincial de la Rivière Bleue, garantissant un cadre de gestion strict, loin des discours incantatoires mais proche des réalités de terrain.
Ce site attire de nombreux chercheurs internationaux, preuve de sa valeur scientifique et écologique incontestable.
Un pilier de l’eau potable et de l’énergie pour la Nouvelle-Calédonie
Au-delà de l’écologie, les Lacs du Grand Sud constituent le plus grand réservoir d’eau douce de Nouvelle-Calédonie.
Dans un contexte insulaire marqué par la vulnérabilité climatique, la sécurisation de la ressource en eau n’est pas un luxe, mais une priorité vitale pour les populations et l’économie.
Le lac artificiel de Yaté, intégré à ce périmètre, joue un rôle déterminant en fournissant environ 20 % des besoins énergétiques du territoire grâce à l’hydroélectricité.
Une énergie locale, pilotable et décarbonée, qui contribue directement à la souveraineté énergétique calédonienne.
Contrairement à certains discours décroissants, la zone Ramsar du Grand Sud démontre que l’écologie et le développement ne sont pas incompatibles.
La sylviculture raisonnée, l’écotourisme encadré et la production d’énergie hydraulique y coexistent avec la protection des milieux naturels, dans une logique de développement durable pragmatique.
Une biodiversité exceptionnelle à protéger face à des menaces bien identifiées
L’isolement géographique de la Nouvelle-Calédonie et les particularités géologiques du Grand Sud expliquent un taux d’endémisme exceptionnel.
Plus de 1 000 espèces végétales et 2 000 espèces animales endémiques sont recensées dans ce périmètre, dont Galaxias neocaledonicus, un poisson micro-endémique strictement inféodé à la plaine des lacs.
Les zones humides du Grand Sud abritent une flore remarquable : bois bouchons, Cunonia deplanchei, Pancheria communis, Melaleuca gnidioides, Eriocaulon neocaledonicum ou encore Sannantha pinifolia.
La faune n’est pas en reste, avec le gobie d’Atiti, le crabe d’eau douce, la crevette de cascade, le cormoran pie, le grèbe australien ou l’aigle pêcheur.
Ces zones humides, comparables aux « reins de la planète », filtrent l’eau, stockent le carbone et soutiennent les activités humaines.
Elles se caractérisent par la présence permanente ou temporaire d’eau douce, saumâtre ou salée, et par des sols gorgés d’eau favorisant des écosystèmes spécifiques.
Mais ce patrimoine fait face à des pressions clairement identifiées :
– les feux de brousse, responsables de pertes d’habitats, d’érosion et de dégradation des creeks ;
– les espèces exotiques envahissantes terrestres (rats, chats, chiens, gros gibier) ;
– les espèces aquatiques invasives, comme le black bass ou les tilapias.
Face à ces menaces, la réponse ne peut être idéologique. Elle repose sur une gestion ferme, des politiques publiques assumées et une implication des acteurs locaux.
La Journée mondiale des zones humides, célébrée chaque 2 février, rappelle que la protection de ces espaces relève d’un choix de civilisation, compatible avec l’intérêt général et la souveraineté française dans le Pacifique.


















