Je me reveille....et la nuit parisienne a encore décidé pour nous

Le feuilleton institutionnel a pris un virage sec.
La motion de rejet a été adoptée à l’Assemblée nationale.
Résultat : pas de débat de fond, pas d’examen article par article, et le texte repart directement au Sénat en seconde lecture.
Autrement dit, rien n’est terminé.
Au contraire, de nouvelles modifications peuvent encore y être ajoutées.
Pendant ce temps, chacun rejoue sa partition.
Le FLNKS voulait bloquer Bougival : mission accomplie pour cette étape.
Les non-indépendantistes, eux, refusent toujours l’idée de provinciales avec un corps électoral gelé.
Bref, le texte recule d’une case, mais le bras de fer, lui, continue sans ralentir.
Et pendant que la politique s’enlise, l’économie, elle, ne prend même plus la peine d’attendre.
La hausse des carburants est déjà là.
Oui, elle est bien liée au conflit au Moyen-Orient.
Et surtout, mauvaise nouvelle : une autre augmentation est déjà annoncée pour le mois de mai.
En clair, ce qu’on vient de prendre n’était même pas le vrai choc complet.
Dans ce contexte, le gouvernement appelle les Calédoniens à lever le pied, moins de déplacements inutiles, plus de covoiturage, plus de télétravail, plus de sobriété.
Le genre de conseils qu’on écoute toujours mieux quand le plein commence à ressembler à un crédit à la consommation.
Dans les airs, en revanche, ça reste chaotique.
Air Calédonie fête un mois de transfert à Tontouta… et un mois de blocage des aérodromes des Loyauté.
Aircalin, de son côté, doit déjà revoir certains vols à cause d’une panne technique.
Heureusement, le Betico reprend enfin la mer.
Sur ce territoire, désormais, quand un transport repart, c’est presque un événement national.
Et comme on approche de Pâques, les chocolatiers tournent à plein régime.
Œufs en nougatine, tickets d’or, boutiques éphémères, lapins, cloches et poules en chocolat :
au milieu de ce pays sous tension, certains continuent au moins à fabriquer autre chose que des motions, des blocages et des communiqués.
Au fond, cette journée raconte toujours la même chose.
La politique repousse.
Le Sénat récupère.
L’économie encaisse.
Et la Calédonie, elle, continue d’avancer en boitant.
Bref.

