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Guerre en Iran : vers une pénurie de plastique ?

2 avril 2026 à 13:02
5 min de lecture
Guerre en Iran : vers une pénurie de plastique ?
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ALERTE. Le blocage du détroit d’Ormuz a des répercussions sur le prix du litre d’essence, mais aussi sur tous les produits plastiques issus du pétrole. Les industriels redoutent une crise inédite.

Julien Brigot 01/04/2026

Le plastique est utilisé dans la plupart de nos biens de consommation courante.

Le plastique est utilisé dans la plupart de nos biens de consommation courante. © Lionel Vadam / L'Est Républicain via MAXPPP

Ils sont partout dans notre quotidien : bouteilles d’eau, yaourts, mobilier, tuyaux, matériel médical, pneus… La liste est longue. Près de 90 % des objets qui nous entourent sont issus de la pétrochimie et de l’industrie plasturgique. Or, 80 % du polyéthylène du Moyen Orient, l’un des plastiques les plus produits dans le monde, transite par le détroit d’Ormuz qui n’avait jusqu’ici jamais été fermé, même pendant la guerre du Golfe. Dans son chantage énergétique, la République islamique déclare « fermé aux ennemis » le passage entre Oman et l’Iran, classé « zone d’opérations de guerre » par le secteur maritime.

À lire aussiHausse du pétrole : quel pansement pour soulager le pouvoir d'achat ?

Les cours flambent, l’activité mondiale ralentit. « Avant le conflit, le prix de la tonne de polyéthylène était de 1 400 euros, relève Joseph Tayefeh, secrétaire général de Plastalliance, la fédération professionnelle française de l’activité plasturgique. Depuis le 28 février, ce polymère plastique utilisé pour faire des bouteilles de lait, des films plastiques alimentaires ou des canalisations a augmenté de 30 % pour atteindre 1 800 euros la tonne. On frôle désormais la barre des 2 000 euros… »

Ainsi, 80 % du pétrole iranien est acheté par la Chine, qui représente environ 35 % de la production mondiale de plastique, plus que l’Union européenne et les États-Unis réunis. Pour continuer de produire, la Chine s’est reportée sur d’autres marchés, notamment les fournisseurs russes. Mais d’autres pays asiatiques sont déjà forcés de réduire leur production : les stocks de matière première au Japon correspondent à moins de vingt jours de consommation ; en Corée du Sud, les habitants craignent une pénurie de sacs poubelle et surtout d’emballages de ramen ! De l’Indonésien Chandra Asri Petrochemical au leader chinois Sinopec, plusieurs géants de la pétrochimie sont sortis du silence ces derniers jours, confirmant la raréfaction de l’offre

Une question de semaines

Les prix flambent donc et les entreprises françaises doivent acheter au prix fort, tant que c’est encore possible… « Nous n’avons aucune assurance d’avoir encore de la matière première, quel que soit le prix, c’est une question de semaines, estime Joseph Tayefeh qui représente 3 000 entreprises, une majorité de TPE et PME, pour 120 000 emplois directs. Les clients de nos industries plastiques ne sont pas en capacité de faire du stock. » Certaines usines ont déjà cessé de fonctionner. Le risque, à terme, c’est un arrêt de la production de la plasturgie dont dépendent de nombreux secteurs : agroalimentaire, construction, automobile, agriculture, etc. Pour celui de la santé, où il y a énormément de produits plastiques à usage unique, c’est le risque de revivre la période du Covid avec une pénurie des masques.

« Pour le consommateur, les effets seront décalés mais bien réels »

 

Le seul secteur préservé, c’est l’armement, qui utilise beaucoup de plastique pour les missiles et les avions. Les industriels du secteur prennent en charge le différentiel de coût et s’assurent la fourniture de la matière quel que soit le prix. Le risque est immense pour l’emploi en Europe : l’industrie plasturgique compte 50 000 entreprises, pour 1,5 million de salariés. Certaines régions sont directement concernées, comme les 10 000 emplois de la « vallée du plastique », dans l’Ain. Les conséquences sont lourdes aussi pour le pouvoir d’achat. La pétrochimie, considérablement fragilisée par de précédents chocs énergétiques, va progressivement et durablement répercuter les surcoûts.

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Pour le consommateur, les effets seront décalés mais bien réels sur les emballages, les cosmétiques et même les médicaments. Et il n’y a pas qu’Ormuz… Deux événements survenus la semaine dernière ont créé des tensions sur le marché du plastique. La raffinerie Valero, au Texas, qui traite près de 435 000 barils par jour, a fermé après une explosion et un incendie. Et le port de Primorsk, plus grand terminal d’exportation de pétrole russe de la Baltique, a été bombardé par des drones ukrainiens. Privés de sa capacité d’un million de barils par jour, Chinois et Indiens vont devoir reporter leur approvisionnement sur d’autres filières.

La France apparaît dépendante

La nouvelle donne pousse à se tourner vers la matière recyclée, d’autant qu’avec la flambée des cours du pétrole, l’écart de prix entre matière vierge et recyclée, plus onéreuse, tend à se réduire. L’Europe affiche un taux moyen de 41 % de plastique recyclé, mais si la Belgique flirte avec les 60 %, la France atteint péniblement les 25 %… L’appareil industriel est en crise : le secteur a massivement investi, mais plusieurs usines ont fermé et les nouveaux projets se font rares. « Les déchets plastiques, c’est pourtant le pétrole européen ! » plaide Joseph Tayefeh, dont la fédération représente aussi la filière recyclage. Mais le secrétaire général de Plastalliance souligne qu’il est contradictoire d’espérer une alternative par le recyclage et d’atteindre l’objectif d’une suppression de tous les emballages plastiques jetables d’ici à 2040, comme l’a fixé le gouvernement français.

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Impossible d’attirer les investissements pour une industrie qui devrait disparaître dans quinze ans. D’évidence, la guerre en Iran vient souligner la désindustrialisation de notre pays, mais aussi sa dépendance énergétique. Comme le pétrole dont il est issu, le plastique se révèle finalement tout aussi stratégique. Face à la perte du GNL qatari, l’Europe déploie une diplomatie d’urgence pour sécuriser son corridor sud. L’UE vient de verrouiller un partenariat stratégique, exemptant le GNL algérien de certaines déclarations d’origine stricte. « Réduire les industries pétrochimiques et plasturgiques comme on l’a fait en France, c’est aussi perdre de notre souveraineté », souligne Joseph Tayefeh. Plus la guerre au Moyen-Orient durera, plus les conséquences seront difficiles pour l’économie française.

#choc pétrolier#guerre Iran#pénurie carburant
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