Je me réveille… et la Calédonie retient encore son souffle

La réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie arrive à l’Assemblée.
Enfin… à condition qu’elle survive d’abord à une motion de rejet.
En clair, avant même de débattre du fond, certains veulent déjà refermer la porte.
En face, le FLNKS durcit encore le ton.
Pas question pour lui d’accepter Bougival, ni l’ouverture du corps électoral.
Il réclame des provinciales dès juin, avec les mêmes règles qu’avant.
Et quand il parle de « dangers » si l’État sort du cadre, tout le monde comprend que le climat continue de se tendre.
Sur le terrain, les rapports de force se comptent désormais en foule.
À Koné, 250 personnes contre le dégel.
La veille, ils étaient 3500 à 4000 devant le Haut-Commissariat pour demander l’inverse.
Le pays ne débat plus seulement par communiqués.
Il compte ses camps.
Et puis il y a la vie concrète.
Le passage à la pompe a réveillé tout le monde d’un coup.
+23,70 francs sur l’essence. +25,50 sur le gazole.
Hier soir, les stations étaient pleines.
Aujourd’hui, les mines sont longues.
Rouler devient un calcul.
À Kouaoua, la SLN est à l’arrêt.
Un collectif bloque le chantier de la piste de roulage censée sauver l’activité.
Résultat : plus de production, 200 salariés en congés forcés, et une mine qui commence à regarder le vide.
Quand rien ne sort, tout finit par s’arrêter.
Même glissade du côté de l’hôtellerie.
Les taux de remplissage tombent entre 10 et 20 %.
Le tourisme s’est effondré.
La clientèle professionnelle aussi.
Certains commencent déjà à parler de fermetures.
Au fond, la journée résume assez bien le pays.
Une réforme suspendue.
Une économie qui serre les dents.
Des blocages partout.
Et, au milieu, quelques signaux qui disent que tout n’est pas encore perdu.
Bref.

