La Dépêche de NouméaLa Dépêche de Nouméa
NouméaChargement...
En direct
L'Actualité locale
Politique
Économie
Société
Coup de gueule
Journée mondiale

Aucun dossier disponible

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo
La Dépêche de Nouméa

Votre source d'information en Nouvelle-Calédonie. Actualités, politique, économie, sport et culture.

contact@ladepeche.nc
Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Rubriques

  • Actualité locale
  • Le Debrief
  • Mémoire
  • Tribune
  • Au delà du récif
  • SudTV

Liens utiles

  • Météo
  • En Direct
  • Régie publicitaire

Abonnement

Recevez toutes les actualités chaque matin dans votre boite mail.

Suivez-nous

© 2026 La Dépêche de Nouméa

Mentions légalesConfidentialitéCookies
0%
AccueilTribune
Tribune

La Fédé : syndicat de la caste administrative

2 février 2026 à 14:14
4 min de lecture
La Fédé : syndicat de la caste administrative
Partager
AAAA
Aa

La Fédération des fonctionnaires se présente comme la conscience sociale du pays. Mais à la lecture de son dernier communiqué, une évidence s’impose : elle ne défend ni l’intérêt général, ni les plus fragiles. Elle défend un modèle administratif devenu hors-sol, financièrement intenable, et politiquement irresponsable. Retour sur trente ans de déni.

Une indignation tardive et sélective

La Fédération des fonctionnaires publie en ce début d’année 2026 une longue lettre ouverte dénonçant l’état dégradé des finances publiques, la faillite des services essentiels et l’abandon du pays.

Le ton est grave. Le constat parfois juste. Mais une question s’impose immédiatement : où était la Fédé quand ces décisions ont été prises ?

Car les dérives qu’elle dénonce aujourd’hui ne sont ni soudaines, ni accidentelles. Elles sont le produit de choix politiques continus, validés, accompagnés - et souvent soutenus - par les organisations syndicales elles-mêmes.

Toujours plus de dépenses, jamais de financement

Depuis le début des années 2000, la Nouvelle-Calédonie a empilé les dispositifs sociaux : RUAMM, allocations familiales de solidarité, aide au logement, minimum vieillesse, handicap et dépendance, Médipôle.

Ces avancées ont été systématiquement soutenues par la Fédé. Mais une constante traverse cette période : aucune exigence sérieuse de financement pérenne.

Lorsque les réformes fiscales globales ont été sabotées, en 2011 comme sous le gouvernement Mapou, la Fédé n’a jamais porté de solution crédible alternative. Pas de plan. Pas de chiffrage. Pas de priorisation.

Résultat : des budgets construits à crédit, des ponctions sur les établissements publics, et une cavalerie financière devenue structurelle.

Le tabou absolu : la masse salariale publique

C’est là que le discours syndical devient intenable.

Aujourd’hui, la fonction publique territoriale représente plus de 11 500 agents, soit 650 de plus qu’en 2021. La masse salariale mensuelle atteint 6,1 milliards de francs CFP, soit plus de 73 milliards par an.

À titre de comparaison, la Polynésie française compte environ 6 000 agents territoriaux pour une population comparable.

Sous le seul gouvernement Mapou, plus de 500 agents supplémentaires ont été intégrés. Sans réforme. Sans trajectoire financière. Sans débat public.

Or, un fonctionnaire, ce n’est pas seulement un salaire : c’est une carrière, des droits à retraite, des engagements différés. C’est une dette implicite massive, totalement absente du discours de la Fédé.

Sur la CLR (Caisse locale de retraite) ? Silence total. Aucune proposition structurelle. Aucun effort partagé envisagé.

La démographie niée quand elle dérange

En 2023, lorsque les chiffres de l’ISEE mettaient en évidence un solde migratoire négatif et une population retombée autour de 268 000 habitants, la Fédé a choisi le déni.

Par communiqué, elle a contesté la baisse démographique en additionnant des fichiers administratifs (Ruamm, aides médicales), méthode explicitement invalidée par l’ISEE : doubles comptes, retraités résidant hors territoire, droits ouverts sans présence réelle.

Pourquoi ce déni ? Parce que reconnaître la baisse de population, c’était reconnaître que le modèle fondé sur la dépense publique massive n’est plus soutenable.

Deux ans après, les chiffres du recensement (264.000 habitants) donnaient tort à la Fédé qui a alors choisi le silence afin de faire oublier ses « fake news ».

Le faux procès en néolibéralisme

Dernière pirouette rhétorique : dénoncer un prétendu « oukase néolibéral ».

Les faits sont pourtant têtus :

  • 62 % du PIB dépend directement ou indirectement de la dépense publique.
  • Une pression constante contre toute réforme de la fonction publique.
  • Un refus assumé de toucher aux rentes internes.
  • Une économie privée asphyxiée, mais sommée de financer toujours plus.

L’économie calédonienne n’est ni néolibérale ni libérale : elle est très majoritairement administrée et socialisée. Le secteur public étant deux fois plus riche que le secteur privé.

Ce n’est donc pas du néolibéralisme. C’est un corporatisme administratif, protégé par une alliance tacite entre élus et syndicats.

La Fédé, syndicat de la caste administrative

La Fédération des fonctionnaires ne défend pas le service public. Elle défend une caste administrative construite sur trente ans d’expansion non financée.

Aujourd’hui, alors que le pays arrive au mur, elle se pose en lanceuse d’alerte. Mais l’alerte vient trop tard. Et surtout, elle oublie de dire son propre rôle.

La crise calédonienne n’est pas seulement institutionnelle ou économique. Elle est aussi le produit d’un système où personne n’a jamais voulu dire non, tant que la facture était reportable.

Elle ne l’est plus.

#la fédé
Retour a l'accueil

Newsletter

Recevez les derniers articles par email.

INFOS
Pâques : faut-il culpabiliser de manger du chocolat ?•Île de Pâques : derrière les statues, un drame oublié•Parc : entre écologie et économie, le clash silencieux•Tavini implose : 15 élus font tomber la majorité•Souveraineté alimentaire : le territoire passe enfin à l’action•Face aux défis, l’État frappe fort à Nouméa•Conscience : cette boussole intérieure que nos sociétés ont trop tendance à ignorer•Drogue : un Français exécuté, Pékin inflexible•Crise en Calédonie : l’État sort l’arme Decludt•Je me réveille, et personne ne pilote•Pâques : faut-il culpabiliser de manger du chocolat ?•Île de Pâques : derrière les statues, un drame oublié•Parc : entre écologie et économie, le clash silencieux•Tavini implose : 15 élus font tomber la majorité•Souveraineté alimentaire : le territoire passe enfin à l’action•Face aux défis, l’État frappe fort à Nouméa•Conscience : cette boussole intérieure que nos sociétés ont trop tendance à ignorer•Drogue : un Français exécuté, Pékin inflexible•Crise en Calédonie : l’État sort l’arme Decludt•Je me réveille, et personne ne pilote•
--:--

En Direct

1/2
13:00

Pâques : faut-il culpabiliser de manger du chocolat ?

L'actualité locale

12:00

Île de Pâques : derrière les statues, un drame oublié

Mémoire

11:00

Parc : entre écologie et économie, le clash silencieux

L'actualité locale

10:00

Tavini implose : 15 élus font tomber la majorité

Au delà du récif

09:00

Souveraineté alimentaire : le territoire passe enfin à l’action

L'actualité locale

Voir tout le fil d'actualité

Continuer la lecture

Tribune

La démographie est le destin économique du territoire

POINT DE SITUATION. Les signaux d’alerte s’accumulent : entreprises en difficulté, activité en chute, confiance fragilisée. Mais au-delà de l’actualité...

4 avril 2026
3 min
Tribune

Municipales : et si la vraie victoire se jouait ailleurs que dans les urnes ?

Le second tour des municipales en Nouvelle-Calédonie confirme une tendance nette : consolidation loyaliste dans le Grand Nouméa, recompositions internes dans...

23 mars 2026
3 min
Tribune

Élizabeth Rivière en roue libre

Vous aimez Singapour ? Alors vous allez aimer le Mont-Dore d'Élizabeth Rivière.Il y a des défaites électorales qui appellent à la lucidité. D’autres semblent,...

20 mars 2026
4 min
Ce joyau naturel alimente toute une île

Article precedent

Ce joyau naturel alimente toute une île

Je me réveille, Urgences en colère, Calédonie sous tension

Article suivant

Je me réveille, Urgences en colère, Calédonie sous tension