Je me réveille, et personne ne pilote

Je me suis levé.
J’ai regardé les infos.
J’ai compris que tout le monde parlait.
Et que personne n’avançait.
La réforme constitutionnelle a été rejetée.
Et là, panique.
Pas chez les politiques.
Chez les entreprises.
Celles qui bossent vraiment.
Parce que, pour elles, c’était censé apporter un peu de stabilité.
Un cadre.
Un cap.
Un truc solide.
Résultat : rien.
Enfin si.
90 % des patrons attendent toujours une solution.
Et une entreprise sur deux pense à couler.
Mais tranquille.
On débat.
Les chefs d’entreprise demandent juste un truc simple :
qu’on arrête la politique politicienne.
Qu’on pense à eux.
Qu’on regarde la réalité.
Spoiler : ça n’arrive pas.
Du coup, on propose des réunions.
Encore.
Toujours.
Avec des mots comme « choc de confiance ».
Comme si ça se commandait.
On parle de pacte économique.
D’investissements.
De stratégie.
Mais sur le terrain,
il y a des boîtes qui ferment en silence.
Et d’autres qui font semblant d’aller bien.
Pendant ce temps, à Nouméa,
un camion arrive dans un quartier.
Pas un food truck.
Une épicerie solidaire.
Parce qu’il n’y a plus de magasin.
Parce que tout a brûlé.
Et les gens viennent.
Parce que là, au moins,
il y a des prix cassés.
Et du concret.
Deux enfants se font renverser à Nouville.
Gravement blessés.
Ça, c’est la réalité aussi.
Aircalin galère avec ses avions.
Un A330 en panne,
et tout le programme part en vrille.
Dans le Pacifique,
ça bouge aussi.
En Polynésie,
le parti indépendantiste se fissure.
Démissions.
Tensions.
Majorité fragile.
En Australie,
on hésite à exploiter l’uranium.
Parce que crise énergétique.
Parce que pression économique.
Parce que dilemme.
Et pendant ce temps-là,
on rappelle que les outre-mer,
c’est 11 millions de km² de puissance maritime.
Un levier stratégique.
Un atout mondial.
Sur le papier,
on est forts.
Dans la vraie vie,
on vend des pommes de terre dans un camion.
Et puis le soir,
concert.
Ambiance.
Orelsan arrive.
Première fois ici.
Les gens chantent.
Ça fait du bien.
Parce que, pendant une heure,
on oublie.
Un peu.
Et demain,
on recommence.
Avec les mêmes problèmes.
Les mêmes discours.
Et de moins en moins de temps.
Bref.

