Deux révolutions silencieuses façonnent désormais la puissance des États : la maîtrise du cyberespace et la capacité à protéger leur souveraineté numérique.
Face à l’explosion des attaques informatiques, la France assume une ligne claire : ne pas subir, mais reprendre la main.
Une stratégie d’État pour défendre la souveraineté et la démocratie
Commandée par le Président de la République, la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 s’inscrit dans le prolongement direct de la Revue nationale stratégique. Présentée officiellement le 29 janvier 2026, elle affirme une priorité régalienne : protéger la Nation face à la montée continue des cybermenaces.
Élaborée sous l’autorité du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), cette stratégie est le fruit d’un travail interministériel associant experts industriels, scientifiques et académiques, loin des postures idéologiques ou des discours alarmistes. Le constat est lucide : le cyberespace est devenu un champ de conflictualité permanent, touchant aussi bien les institutions que les entreprises, les collectivités et les citoyens.
L’objectif est clairement assumé : faire de la cybersécurité un pilier de la souveraineté nationale, au même titre que la défense militaire ou la sécurité intérieure. La protection de la démocratie, des processus électoraux et de l’économie réelle y occupe une place centrale, sans complaisance ni naïveté stratégique.
Former, protéger, anticiper : bâtir une Nation cyber résiliente
Face à une menace qui ne cesse de s’étendre à l’ensemble du tissu économique et social, la stratégie place le développement des compétences cyber au cœur de l’action publique. L’ambition est claire : faire de la France le plus grand vivier de talents cyber en Europe.
L’État entend orienter la jeunesse vers ces métiers d’avenir, renforcer les formations initiales et continues, ainsi que les parcours de reconversion, tout en soutenant l’émergence d’un socle européen de compétences partagées. Cette approche pragmatique rompt avec la logique d’assistanat : il s’agit de former, responsabiliser et professionnaliser, non de victimiser.
Parallèlement, la stratégie vise à élever le niveau global de cybersécurité, en priorité celui des infrastructures critiques et du socle numérique de l’État. Elle prépare l’ensemble des acteurs aux situations de crise cyber, renforce les capacités de réaction et simplifie l’accès à l’accompagnement des victimes, notamment via un portail national unique et un cadre d’intervention plus lisible.
Cette logique de résilience nationale repose sur une conviction forte : la sécurité numérique n’est pas optionnelle, elle conditionne la continuité de l’État, la confiance des citoyens et la compétitivité de l’économie.
Puissance technologique, coopération internationale et indépendance européenne
La stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 assume également une dimension offensive et diplomatique. La France mobilisera l’ensemble de ses leviers judiciaires, diplomatiques, militaires, économiques et techniques pour entraver l’expansion de la cybermenace et renforcer le partage d’informations avec les acteurs privés.
Pour préserver sa liberté d’action stratégique, l’État investit massivement dans les technologies critiques de cybersécurité, soutient la structuration d’un marché européen capable de rivaliser à l’échelle mondiale et vise à réduire les dépendances technologiques, notamment dans les domaines du chiffrement, du cloud et de l’évaluation de sécurité.
Enfin, la France inscrit pleinement son action dans un cadre européen et international fondé sur le droit et la stabilité. La stratégie renforce les capacités collectives de cyberdéfense au sein de l’Union européenne, de l’OTAN et auprès de partenaires partageant les mêmes valeurs démocratiques. Elle développe également une capacité de cyber-solidarité en direction des États les plus vulnérables, assumant le rôle d’une puissance responsable et protectrice dans un cyberespace ouvert mais régulé.

















