Marine Le Pen ou Bardella : le RN intouchable

À quinze mois de l’élection présidentielle 2027, la nouvelle enquête IFOP-FIDUCIAL pour Sud Radio et Le Figaro sur « Les intentions de vote dans la perspective de la prochaine élection présidentielle » confirme une dynamique lourde observée en septembre dernier : Jordan Bardella comme Marine Le Pen surclassent leurs adversaires et creusent un écart net sur leur poursuivant immédiat, Édouard Philippe.
Dans un contexte inédit marqué par l’impossibilité constitutionnelle pour Emmanuel Macron de se représenter, la recomposition politique s’accélère. Et à ce stade, un bloc domine sans contestation : le Rassemblement national.
Le Rassemblement national élargit son socle
Les chiffres sont sans ambiguïté. En 2025, Jordan Bardella était crédité de 33 à 35 % des intentions de vote. Désormais, il progresse encore pour atteindre 36 à 38 % selon les hypothèses testées. Une envolée qui confirme son statut de locomotive électorale.
Marine Le Pen, de son côté, passe de 33 % à 34-35 % dans l’hypothèse où elle serait déclarée éligible à la présidentielle 2027, en cas de décision favorable de la Cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du FN.
Le RN ne se contente plus de dominer : il consolide et élargit son socle. L’écart avec ses concurrents est qualifié de « net et sans bavure » dans l’analyse de l’étude. Le premier tour semble verrouillé en faveur du Rassemblement national.
Au fil des mois, Jordan Bardella apparaît comme l’atout électoral majeur du parti. Son niveau dépasse largement celui de ses adversaires et installe le RN dans une position centrale à droite comme au plan national.
Dans un paysage politique fragmenté, cette stabilité électorale tranche avec l’instabilité des autres blocs.
Édouard Philippe, finaliste potentiel
Face à cette domination, un nom se détache : Édouard Philippe. Crédité de 16 à 19 % des intentions de vote, le président d’Horizons se positionne plus d’un an avant l’échéance comme le finaliste potentiel.
Son niveau reste globalement stable par rapport à septembre dernier. Il conserve un socle central solide, mais reste très loin du RN au premier tour.
Dans une configuration jugée peu probable mais testée par l’IFOP, un « socle commun » avec Bruno Retailleau qui s’effacerait à son profit pourrait le propulser jusqu’à 23 % des intentions de vote. Ce scénario modifierait sensiblement l’équilibre du premier tour, sans toutefois menacer la domination du RN.
L’absence d’Emmanuel Macron redistribue les cartes au centre. Édouard Philippe apparaît aujourd’hui comme le mieux placé pour capter cet héritage politique.
Mais l’écart avec Jordan Bardella reste considérable.
Glucksmann et Mélenchon dévissent
À gauche, la dynamique est inverse. Raphaël Glucksmann, crédité de 14 à 16 % en septembre 2025, chute désormais dans une fourchette de 10 à 13 %.
Même recul pour Jean-Luc Mélenchon, qui passe de 12-13 % à 10-11 %. Une baisse notable dans un contexte politique tendu.
Le sondage a été réalisé les 26 et 27 février auprès de 1 393 personnes inscrites sur les listes électorales. Il intervient environ dix jours après le lynchage du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon et la polémique sur la proximité supposée entre La France Insoumise et le groupuscule d’ultragauche Jeune Garde.
Ces événements ont marqué l’actualité politique immédiate et ont pu peser sur la perception d’une partie de l’opinion.
Du côté des Républicains, Bruno Retailleau, désormais officiellement candidat, oscille entre 10 et 13 %, un niveau comparable à celui qu’il atteignait déjà lorsqu’il occupait les fonctions de ministre de l’Intérieur.
Parmi les autres outsiders au-delà de 10 %, Gabriel Attal progresse légèrement. L’ancien Premier ministre peut atteindre 11 % dans le meilleur des cas, après avoir culminé à 10 % en septembre.
Une photographie politique structurante
Ce sondage IFOP-FIDUCIAL confirme une tendance claire : le Rassemblement national domine très largement le premier tour de la présidentielle 2027.
Jordan Bardella s’impose comme la figure centrale du scrutin à venir. Marine Le Pen, sous réserve de son éligibilité, reste également à un niveau extrêmement élevé.
Édouard Philippe apparaît comme le seul capable, à ce stade, de se hisser au second tour. Mais l’écart avec le RN reste massif.
À gauche, les principaux candidats reculent. À droite, la dispersion persiste malgré des scores honorables.
À quinze mois de l’échéance, rien n’est juridiquement joué. Mais politiquement, une réalité s’impose : le RN part avec une longueur d’avance considérable.
La présidentielle 2027 s’annonce comme un test majeur pour les équilibres institutionnels français. Et à ce stade, la dynamique électorale place le Rassemblement national au centre du jeu.

