Je me suis réveillé… et le week-end s’annonçait politique

Je me suis réveillé.
J’ai allumé la radio.
J’ai compris que le week-end allait être long.
Dimanche.
On vote.
Partout.
Presque 1 000 bureaux.
Plus de 220 000 électeurs.
Des listes.
Beaucoup de listes.
Trop de listes.
À Nouméa, on regroupe.
À Païta aussi.
Au Mont-Dore, on improvise.
Navettes maritimes gratuites.
Parce que voter, c’est bien.
Nager, c’est moins pratique.
Certains connaîtront leur maire dès dimanche.
Les petites communes.
Les rapides.
Les autres auront droit au suspense démocratique, version deux tours.
Puis j’ai entendu parler d’un hélicoptère.
Exercice de nuit.
Mer noire.
Trois hommes.
Deux qui nagent une heure.
Un qui ne remonte pas.
La communauté est sous le choc.
Les secours salués.
Les civils héroïques.
Et moi, j’ai pensé que la routine peut basculer très vite.
Après ça, la justice.
Un double meurtre.
Perpétuité.
Peine de sûreté.
Silence lourd.
Puis on enchaîne.
Panne des TPE.
Plus de carte.
Juste du cash et de la panique.
Mais ça revient à 13 h.
Ouf.
La civilisation est sauvée.
Le bateau ne part pas.
Encore un problème de moteur.
Les îles attendront.
Les valises aussi.
On crée un site pour l’emploi.
Avec de l’intelligence artificielle.
Pour faire matcher compétences et chômage.
Comme sur une appli.
Mais sans les rendez-vous gênants.
Le gouvernement rassure.
Pas de pénurie.
Ni essence.
Ni médicaments.
Ni riz.
Juste un peu d’angoisse géopolitique.
Les syndicats parlent de l’école après 2030.
60 milliards par an.
Personne ne sait qui paiera.
Mais tout le monde s’inquiète.
Tradition locale.
La culture revient.
Des spectacles.
Pour les jeunes.
Pour apprendre à regarder.
Moi, j’ai déjà du mal à regarder les infos.
Un vide-grenier nautique demain.
Des ancres.
Des jouets.
Des bonnes affaires.
Et sûrement des discussions très longues sur des bouts de corde.
Et pendant ce temps-là.
Le sport continue.
Le monde continue.
Les élections arrivent.
La mer avale des hélicos.
Les plateformes recrutent.
Les moteurs cassent.
Les cartes plantent.
Et moi.
Je dois juste penser à aller voter.
Bref.

