Choc pétrolier : Goldman Sachs alerte sur un ralentissement de l’économie mondiale

La flambée des prix du pétrole liée au conflit avec l’Iran pourrait peser sur la croissance mondiale et relancer l’inflation.
Selon Goldman Sachs, le choc énergétique pourrait déjà coûter 0,3 % de croissance au PIB mondial dans l’année à venir.
Une hausse du pétrole qui menace la croissance mondiale
La montée des tensions au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, l’une des routes maritimes les plus stratégiques du monde, commencent à produire leurs premiers effets sur l’économie mondiale.
Selon une analyse publiée par la banque d’investissement Goldman Sachs, la flambée des prix de l’énergie pourrait réduire la croissance mondiale d’environ 0,3 % au cours des douze prochains mois.
Cette projection repose sur une hausse marquée des prix du pétrole et du gaz, directement liée aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial.
Dans ce contexte, les tensions géopolitiques se traduisent déjà par une augmentation du coût de l’énergie pour les entreprises et les ménages, ce qui pourrait freiner l’activité économique dans de nombreux pays.
Une inflation mondiale tirée vers le haut
La hausse des prix de l’énergie devrait également se répercuter rapidement sur l’inflation mondiale.
Les économistes de Goldman Sachs estiment que l’inflation globale pourrait augmenter de 0,5 à 0,6 point de pourcentage au niveau mondial.
L’impact sur l’inflation dite « core », c’est-à-dire hors énergie et alimentation, serait plus limité, avec une hausse estimée entre 0,1 et 0,2 point de pourcentage.
Autrement dit, le choc inflationniste resterait principalement concentré sur les secteurs énergétiques, contrairement à la période 2021-2022 où les perturbations logistiques mondiales avaient provoqué une inflation généralisée.
Un choc économique plus ciblé que pendant la pandémie
Pour Goldman Sachs, la situation actuelle diffère largement de celle observée durant la pandémie de Covid-19.
À l’époque, plusieurs chaînes d’approvisionnement avaient été simultanément paralysées, entraînant une inflation massive sur de nombreux produits.
Aujourd’hui, le choc économique semble davantage concentré sur l’énergie, ce qui limite pour l’instant les effets domino sur le reste de l’économie mondiale.
Les économistes rappellent notamment que les exportations non énergétiques des pays du Golfe représentent seulement environ 1 % du commerce mondial, ce qui réduit le risque de perturbations généralisées des chaînes d’approvisionnement.
Le scénario le plus risqué : une fermeture durable d’Ormuz
Malgré tout, Goldman Sachs souligne que la situation reste extrêmement fragile.
Si le conflit venait à s’intensifier ou si le détroit d’Ormuz restait fermé pendant une période prolongée, les conséquences économiques pourraient devenir beaucoup plus lourdes.
Une interruption durable du flux pétrolier mondial provoquerait une nouvelle flambée des prix de l’énergie, accentuant la pression inflationniste et freinant davantage la croissance mondiale.
Dans un contexte déjà marqué par des taux d’intérêt élevés et une économie mondiale fragile, un choc énergétique prolongé pourrait ainsi raviver les craintes d’un nouveau ralentissement économique global.

