Je me réveille… et même voter devient compliqué

Je me suis réveillé.
J’ai regardé l’actu.
J’ai compris que ça allait être une grosse journée.
Déjà, les avions.
Pas pour voyager.
Pour soigner.
Un corridor sanitaire entre la Grande Terre et les îles.
Parce que tout est bloqué depuis le 2 mars.
Du coup, on improvise.
Un vol.
50 patients.
Des soignants.
Des analyses.
Un peu d’espoir dans une soute.
Je me suis dit : on bricole, mais on tient.
Ensuite, la politique.
Moindou.
Petit village.
Grosse bataille.
Et au final…
Le même maire.
Encore.
Une quatrième fois.
La stabilité, qu’ils disent.
Ou l’habitude.
Je ne sais plus.
Et aujourd’hui, tout le monde vote.
Enfin… presque.
200 000 électeurs.
Des bureaux regroupés.
Des navettes.
Des écoles déplacées.
Même voter devient une logistique de crise.
J’ai commencé à sentir un truc.
À côté, c’était plus léger.
Du BMX.
Des gamins heureux.
Des bosses.
De la vitesse.
Eux, au moins, ils avancent.
Sans se poser de questions.
Un festival de poker aussi.
Des millions sur la table.
Des joueurs concentrés.
Des étrangers qui débarquent.
Tout le monde joue sa carte.
Même ici.
Et puis le monde.
L’Iran.
Israël.
Des missiles.
Des drones.
Trump qui dit que c’est gagné.
Le pétrole qui explose.
Les prix qui montent.
Encore.
Et moi qui regarde mon plein.
Et puis Paris.
Des enfants.
Des agressions.
Des profs menacés.
Toujours les mêmes phrases.
Toujours les mêmes chocs.
Toujours les mêmes silences après.
Là, j’ai arrêté de scroller.
Parce qu’en fait…
Entre les avions pour soigner,
les votes sous tension,
les enfants en danger,
et les guerres qui font grimper le prix de l’essence…
J’ai compris un truc.
On essaie juste de maintenir l’équilibre.
Partout.
Tout le temps.
Comme sur un vélo.
Sur une piste de BMX.
Avec des bosses.
Beaucoup de bosses.
Et personne ne lâche le guidon.
Bref.

