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CRESICA : vers une puissance scientifique du Pacifique ?

23 mars 2026 à 09:00
3 min de lecture
CRESICA : vers une puissance scientifique du Pacifique ?
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Deux signatures, une ambition : remettre de l’ordre dans la recherche et arrêter la dispersion des moyens.
En Nouvelle-Calédonie, le temps de la coordination assumée est venu.

Une gouvernance clarifiée pour sortir de l’émiettement

Le Consortium pour la recherche, l’enseignement supérieur et l’innovation en Nouvelle-Calédonie (CRESICA) franchit une nouvelle étape stratégique avec la signature de son accord 2026–2028.
Un texte qui, au-delà d’une simple actualisation administrative, pose les bases d’une organisation plus lisible, plus efficace et surtout plus responsable.

Depuis sa création en 2014, le CRESICA répond à un constat clair : la dispersion des acteurs de la recherche nuisait à l’efficacité globale.
Multiplication des structures, chevauchements des compétences, manque de visibilité internationale : autant de freins que ce nouvel accord entend corriger.

La principale avancée ? Une gouvernance enfin clarifiée.
L’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) est confirmée dans son rôle de cheffe de file, avec la possibilité de mettre en place des vice-présidences thématiques.
Un choix assumé : donner un pilote identifiable à la recherche locale.

Autre évolution notable : l’ouverture à des partenaires associés, permettant d’élargir les coopérations sans diluer la responsabilité.
Une logique pragmatique, loin des structures lourdes et inefficaces.

Ce recentrage n’est pas anodin : il marque une volonté politique de reprendre le contrôle stratégique sur la production scientifique, au service du territoire.

Une stratégie scientifique au service du territoire

L’accord 2026–2028 ne se limite pas à l’organisation : il fixe sept axes prioritaires clairs, directement liés aux enjeux calédoniens et régionaux.

Parmi eux :

  • le positionnement scientifique sur des thématiques stratégiques pour la Nouvelle-Calédonie et le Pacifique ;

  • la mutualisation des équipements scientifiques, souvent coûteux et sous-utilisés ;

  • l’appui renforcé aux chercheurs, pour éviter la fuite des talents ;

  • la formation par la recherche, au cœur du développement local ;

  • la valorisation économique et sociale des travaux scientifiques ;

  • la médiation scientifique, pour reconnecter la recherche avec la population ;

  • le rayonnement international, indispensable dans une région stratégique.

Ce cadre traduit une orientation claire : la recherche ne doit plus être hors-sol, mais directement utile au territoire.

Le consortium regroupe neuf acteurs majeurs : BRGM, CHT, Cirad, CNRS, IAC, Ifremer, IPNC, IRD et UNC.
Une concentration de compétences unique, désormais appelée à travailler de manière coordonnée et non concurrente.

La logique est simple : optimiser les moyens publics et maximiser l’impact réel des recherches.
Un principe de bon sens, souvent oublié dans les politiques scientifiques.

Éthique, efficacité et souveraineté scientifique

Autre pilier de ce nouvel accord : l’intégration renforcée des exigences d’éthique et d’intégrité scientifique.
Un enjeu majeur à l’heure où la confiance dans les institutions est fragilisée.

Le texte insiste sur :

  • la gestion responsable des données ;

  • le respect des standards d’intégrité scientifique ;

  • une meilleure transparence dans les pratiques de recherche.

Mais au-delà des principes, c’est une philosophie qui s’impose : la recherche doit rendre des comptes.

Le cadre prévoit également une simplification des mobilités entre établissements, facilitant les collaborations concrètes.
Un détail technique ? Non : un levier essentiel pour décloisonner un système encore trop rigide.

Enfin, la mise en place d’une stratégie pluriannuelle pour les équipements scientifiques marque une rupture avec les logiques opportunistes du passé.
Fini les investissements dispersés : place à une vision cohérente et durable.

Ce nouvel accord s’inscrit dans la continuité de la loi du 22 juillet 2013, qui impose une coordination territoriale des stratégies de recherche et de formation.
Mais ici, la Nouvelle-Calédonie va plus loin : elle cherche à construire une véritable souveraineté scientifique à son échelle.

#recherche scientifique#mutualisation#CRESICA#consortium 2026-2028#gouvernance recherche#stratégie scientifique
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