Je me réveille et le monde tient à un fil

Je scrollais l’actu. Tranquille. Enfin, presque.
À Nouméa, une gamine de 14 ans voulait sauter d’un pont.
Ambiance.
Un flic, pas en service, discute.
Ça marche.
Elle descend.
Soulagement.
La circulation, elle, reste bloquée.
30 minutes de pause forcée pour tout le monde.
Comme si la vie appuyait sur pause aussi.
À Lifou, c’est plus simple.
Deux requins citron.
Deux mètres chacun.
Tranquilles.
Près du rivage.
Donc toi, t’avais prévu de te baigner.
Ben… non.
Côté politique, ça s’installe.
Les maires reprennent leurs sièges.
Rien de surprenant.
Pascal Vittori reconduit.
Nadia Ounou élue.
Les projets reprennent.
Routes. Collège. Littoral.
La routine.
Version promesses.
Pendant ce temps, à l’Île des Pins,
le blocage s’arrête.
26 jours quand même.
Les avions vont revenir.
Peut-être.
Si tout se passe bien.
Comme d’habitude.
Air Calédonie, elle, respire à peine.
Procédure collective.
On gèle les dettes.
On espère.
On attend.
Les gens font une dictée.
Personne sans faute.
Ça rassure.
Même l’orthographe galère.
Hier soir, on a éteint les lumières pour Earth Hour.
Une heure pour la planète.
Le reste du temps…
On verra plus tard.
Et moi, je regarde tout ça.
Une ado sauvée.
Des requins qui tournent.
Des politiques qui continuent.
Des avions qui hésitent.
Et une planète qu’on met en veille une heure.
Je me dis que tout tient à pas grand-chose.
Une discussion.
Un vote.
Un moteur.
Un courant coupé.
Et parfois…
ça suffit.
Bref.

