Nickel : vote décisif pour sauver l’usine du Sud

C’est un vote qui pourrait peser lourd dans l’avenir industriel de la Nouvelle-Calédonie. Ce matin, le Congrès a adopté en deuxième lecture une loi du pays autorisant l’exportation de minerai non transformable localement. Une décision saluée par Sonia Backès, qui y voit une condition indispensable pour éviter la fermeture de l’usine du Sud.
Un vote sous tension autour de la « doctrine Nickel »
Le texte n’a pas été adopté sans débat. À l’origine, une demande de seconde lecture formulée par le président de la province Nord, opposé aux exportations au nom de la « doctrine Nickel », qui privilégie la transformation locale. Mais face aux réalités économiques, une majorité s’est dégagée. Avec 28 voix sur 54, le Congrès a finalement validé le texte, ouvrant la voie à une nouvelle stratégie pour le secteur.
Si ce texte n’avait pas été voté, c’était la fermeture de l’usine du Sud, a averti Sonia Backès, insistant sur l’urgence de la situation.
Prony Resources au cœur des enjeux industriels
Au centre de cette décision : l’avenir de Prony Resources, acteur majeur du nickel calédonien. L’autorisation d’exporter du minerai non transformable localement constitue une condition essentielle à la reprise du site par un groupe émirati, actuellement en négociation. Sans cette évolution réglementaire, le projet de reprise aurait été compromis.
Ce vote permet de lever un verrou majeur pour la poursuite de l’activité », souligne un observateur du secteur.
Pour les milliers de salariés et de sous-traitants concernés, l’enjeu est clair : préserver l’emploi et maintenir une activité industrielle stratégique pour le territoire.
Une majorité politique assumée
La loi a été adoptée grâce à une coalition large, rassemblant plusieurs groupes politiques : Les Loyalistes, le Rassemblement, Calédonie Ensemble, l’Éveil Océanien, ainsi que le soutien de Yoann Lecourieux.
Merci aux 28 conseillers d’avoir permis aux milliers de salariés et de sous-traitants de garder espoir, a déclaré Sonia Backès.
Ce vote traduit un choix politique assumé : privilégier la survie industrielle face à une doctrine jugée trop rigide par ses opposants.
Une dernière étape avant un accord décisif
La suite se jouera dans les prochains jours. Une réunion est prévue mercredi entre le ministre de l’Économie et le repreneur potentiel afin de finaliser les termes de l’accord. Un rendez-vous crucial.
Tout se joue maintenant, glisse un proche du dossier.
Si les discussions aboutissent, la reprise de l’usine du Sud pourrait être actée, offrant un répit à l’un des piliers économiques de la Nouvelle-Calédonie.
Ce vote marque un tournant dans la gestion du nickel calédonien. Entre pragmatisme économique et débat politique, la décision du Congrès illustre les tensions autour d’un secteur vital. Reste désormais à transformer l’essai : la finalisation du « deal » sera déterminante pour l’avenir de toute une filière.

