«Une primaire à droite, sans le centre» : Éric Zemmour clarifie sa position pour 2027

Saluant la proposition de Laurent Wauquiez et de David Lisnard, le président de Reconquête a indiqué qu’il participerait à une éventuelle primaire pour désigner un candidat unique de la droite.
Gautier Cruchaudet 05/04/2026

Éric Zemmour au Salon de l'agriculture, le 26 février 2026. AFP / © Anna KURTH
Longtemps hostile aux primaires, Éric Zemmour y adhère désormais pour la droite. Invité de l’émission BFM Politique ce dimanche, le président du parti Reconquête s’est dit favorable au principe de désignation d’un candidat unique en vue de l’élection présidentielle de 2027.
« Il y a deux primaires possibles. Celle de la droite et du centre qui va de Retailleau à Attal avec Édouard Philippe, celle des anciens ministres d’Emmanuel Macron ; ça, je n’y participe pas, ils ne veulent pas de moi, je ne veux pas d’eux », a-t-il déclaré. En revanche, il donne son assentiment à la « proposition intelligente » défendue par David Lisnard et Laurent Wauquiez : « Une primaire à droite, sans le centre ».
Oui à Philippe, non à Attal
L’ancien éditorialiste de CNews considère qu’Édouard Philippe, parce qu’il est « le fils spirituel de Juppé, ancien secrétaire général du RPR », pourrait être candidat à une primaire de la droite à la différence de Gabriel Attal, ex-membre du Parti socialiste. Si Laurent Wauquiez défend la désignation d’un candidat unique « de Gérald Darmanin à Sarah Knafo », le maire du Havre et ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron reste néanmoins en retrait, fort d’une bonne position dans les sondages.
Éric Zemmour a par ailleurs profité de cette occasion pour égratigner le Rassemblement national, dont les dirigeants demeurent opposés à toute primaire. « Les électeurs (du RN) pour la plupart se considèrent comme de droite, mais ses dirigeants sont de gauche », accuse-t-il.
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« Depuis 15 ans, j’ai suivi les primaires passées. Une primaire n’oblige pas les vaincus à soutenir le vainqueur, développe-t-il pour justifier sa position. Juppé est rentré à Bordeaux après sa défaite face à Fillon, Fabius et Strauss-Kahn se moquaient en permanence de Ségolène Royal qui les avait battus ». Selon lui, la « tripartition » de la vie politique bouleverse le scrutin présidentiel. « J’ai toujours pensé que le premier tour de l’élection présidentielle était la primaire. Je reconnais que depuis quelques années, la dispersion des candidats, et surtout la division du paysage en trois blocs, a changé la donne », argue-t-il.
Interrogé sur un potentiel duel Philippe/Bardella, qui serait à l’avantage du président d’Horizons selon un sondage Odoxa-Mascaret, Éric Zemmour balaie cette éventualité : « Je vois bien ce que le système médiatique essaye de nous imposer ; on change le casting mais on nous rejoue le même film, d’un côté le candidat du RN, de l’autre celui de la macronie, et on connaît le résultat. » Fort de son expérience de 2022, il souligne que le premier tour pourrait rebattre les cartes et battre en brèche les aspirations d’un candidat en dynamique dans les sondages quelques semaines auparavant. « Je pense que depuis 15 ans, les sondages surévaluent le Rassemblement national dans toutes les élections […]. Toute l’histoire de la Ve République est l’histoire de gens qui étaient donnés vainqueurs (et qui ont échoué) », a-t-il conclu.

