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Élus absents, séance suspendue : la honte ?

7 juin 2026 à 08:05
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Élus absents, séance suspendue : la honte ?
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À moins de trois semaines des élections provinciales, la faible présence des élus lors d’une séance du Congrès de la Nouvelle-Calédonie relance les interrogations sur l’assiduité des représentants institutionnels.

Un hémicycle clairsemé lors d’une séance du Congrès

Vendredi 5 juin, plusieurs textes importants étaient inscrits à l’ordre du jour du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Pourtant, à l’ouverture de la séance, seuls seize élus étaient physiquement présents dans l’hémicycle du boulevard Vauban.

Onze conseillers avaient donné procuration, tandis que vingt-sept étaient absents. Grâce au système des procurations, le quorum nécessaire à l’ouverture des travaux était atteint. Néanmoins, une majorité des représentants n’était pas présente dans l’hémicycle pour participer directement aux débats.

Cette situation intervient dans un contexte politique particulier, à l’approche des élections provinciales du 28 juin. La participation électorale figure parmi les préoccupations régulièrement exprimées par les responsables politiques, alors que l’abstention demeure un enjeu important dans de nombreux scrutins.

Ce n’est pas la première fois que des difficultés de participation affectent le fonctionnement du Congrès. En août 2025, une séance consacrée aux questions au gouvernement avait déjà dû être reportée faute de quorum.

Deux réformes institutionnelles adoptées

Malgré cette faible participation, les élus présents ont adopté deux délibérations.

La première vise à renforcer le fonctionnement du Congrès en rendant obligatoire la présence du membre du gouvernement chargé de défendre un texte devant les élus.

Selon la présidente du Congrès, Veylma Falaeo, plusieurs conseillers avaient fait part de difficultés rencontrées lors de l’examen de certains projets en raison de l’absence du membre du gouvernement compétent. Cette situation pouvait compliquer les échanges et limiter l’accès à certaines informations techniques ou juridiques.

Le nouveau dispositif prévoit que le membre du gouvernement concerné soit présent lors des travaux en commission comme en séance publique. En cas d’empêchement, le président du gouvernement devra assurer son remplacement.

L’objectif affiché est de garantir le droit à l’information des élus prévu par la loi organique. Le représentant du gouvernement est souvent en mesure d’apporter les précisions techniques, financières ou réglementaires nécessaires à l’examen des textes.

Lorsque cette obligation de présence ne sera pas respectée, les travaux pourront désormais être ajournés.

Les conseillers ont également adopté une réforme du régime de protection des élus du Congrès. Le dispositif est étendu à l’ensemble des membres de l’institution et certaines procédures administratives sont simplifiées.

Un débat sur les frais de mission une nouvelle fois reporté

La séance n’a toutefois pas pu aller à son terme.

Après le départ de François Suvé, membre du groupe Les Loyalistes, le quorum n’était plus atteint, entraînant la suspension des débats.

Le texte qui devait être examiné ensuite concernait l’encadrement des frais de déplacement des élus en mission officielle hors du territoire.

Cette proposition de délibération, portée conjointement par Virginie Ruffenach, Philippe Dunoyer et Veylma Falaeo, vise à renforcer les règles applicables aux dépenses engagées lors des déplacements officiels des représentants calédoniens.

Faute d’un nombre suffisant d’élus présents, le texte n’a pas pu être étudié. La présidente du Congrès a donc décidé de reporter la séance au mardi 9 juin.

La question des frais de mission fait régulièrement l’objet de débats publics. En 2025, un rapport de la Chambre territoriale des comptes avait évalué à environ 120 millions de francs par an le coût moyen des déplacements officiels entre 2019 et 2024.

L’institution recommandait notamment un renforcement de la transparence et un encadrement plus strict des dépenses engagées.

Le report de l’examen de cette délibération, en raison de l’absence d’un nombre suffisant d’élus, intervient donc dans un contexte où la gestion des dépenses publiques fait l’objet d’une attention particulière.

À quelques semaines d’un scrutin majeur pour la Nouvelle-Calédonie, cette séance met en lumière les enjeux liés à la participation des élus aux travaux institutionnels et au fonctionnement du Congrès. Les débats prévus lors de la prochaine réunion permettront de poursuivre l’examen des textes restés en attente.

(Crédit photo : Congrès de la Nouvelle-Calédonie)

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