France–Vanuatu : quatre années de coopération renforcée et de nouveaux projets à venir

Après quatre années à Port-Vila, l’ambassadeur de France au Vanuatu, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, dresse le bilan d’une relation devenue plus dense, plus directe et plus concrète. Éducation, santé, climat, sécurité maritime et mobilité seront au cœur de la prochaine étape du partenariat franco-vanuatais.
Une relation politique devenue plus étroite
À l’approche de la fin de sa mission, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer estime que les quatre dernières années ont permis d’approfondir les relations entre la France et le Vanuatu, malgré la persistance de certains désaccords.
Selon le diplomate, ces divergences ne doivent pas masquer la multiplication des échanges politiques. Alors que le Vanuatu n’avait reçu qu’une seule visite ministérielle française entre 2002 et 2022, plusieurs responsables français se sont rendus dans l’archipel depuis le début de son mandat.
Le déplacement d’Emmanuel Macron en 2023, présenté comme la première visite d’un président français depuis l’indépendance du Vanuatu, a constitué un moment majeur de ce rapprochement. La Première ministre Élisabeth Borne, puis plusieurs ministres et responsables gouvernementaux, ont également rencontré les autorités vanuataises.
Une présence française renforcée à Port-Vila
L’ambassadeur souligne également le renforcement des moyens humains de la représentation française. Cinq postes supplémentaires ont été créés au sein de l’ambassade, tandis que l’Agence française de développement et France Volontaires disposent désormais d’une présence permanente à Port-Vila.
Cette montée en puissance doit permettre à la France de répondre plus rapidement aux besoins locaux et de développer davantage de projets dans l’ensemble des provinces du Vanuatu.
La coopération française s’est notamment étendue au-delà de Port-Vila et de Luganville. Des initiatives ont été menées dans les six provinces, y compris dans certaines des îles les plus éloignées du pays.
Près de 2 millions d’euros consacrés aux bourses
L’éducation constitue l’un des principaux axes de la coopération franco-vanuataise. La France consacre chaque année près de 2 millions d’euros aux bourses, soit environ 272 millions de francs CFP.
Près de 350 aides sont attribuées chaque année, notamment à travers les bourses proposées par le lycée français international Jean-Marie-Gustave-Le-Clézio, mais aussi pour financer des études universitaires et doctorales.
La France a également investi environ 6 millions d’euros, soit près de 720 millions de francs CFP, dans l’Université nationale du Vanuatu. Ce soutien a notamment permis de financer des infrastructures, des programmes universitaires et un amphithéâtre accueillant régulièrement des événements publics.
La francophonie au cœur du partenariat
La coopération passe aussi par les établissements scolaires, l’Université nationale, l’Alliance française et le réseau des Maisons de la francophonie.
Pour l’ambassadeur, la francophonie ne se limite pas à l’enseignement d’une langue. Elle constitue également une dimension importante de l’histoire, de la culture et de l’identité du Vanuatu, où une partie de la population parle français ou suit un enseignement francophone.
Des projets de recherche associant des chercheurs français et ni-vanuatu ont par ailleurs été développés dans les domaines de l’archéologie, de la linguistique et de la volcanologie.
Une coopération mobilisée face aux catastrophes
Les quatre dernières années ont été marquées par plusieurs crises majeures : les cyclones Judy, Kevin et Lola en 2023, les événements survenus en Nouvelle-Calédonie en 2024, puis le séisme du 17 décembre 2024, qui a touché Port-Vila et endommagé l’ambassade de France.
Dans ce contexte, la France, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont coordonné leur aide à travers le partenariat FRANZ. Les forces françaises en Nouvelle-Calédonie ont livré du matériel humanitaire, évacué des personnes et transporté des patients ni-vanuatu nécessitant des soins.
Les forces françaises ont également participé à des patrouilles maritimes, organisé des formations et accueilli des agents ni-vanuatu à bord de leurs bâtiments.
Santé, formation et mobilité parmi les prochaines priorités
Plusieurs projets doivent désormais entrer dans leur phase opérationnelle. Un programme de 5 millions d’euros, soit environ 600 millions de francs CFP, doit notamment améliorer l’accès aux soins pour les familles de Pentecôte.
Les étudiants bénéficieront également d’un programme distinct de 3 millions d’euros, prolongé jusqu’en 2028. Celui-ci doit soutenir la jeunesse, l’éducation, l’employabilité et la culture francophone, avec notamment la construction d’un nouveau bâtiment à l’Université nationale.
Un financement de 500 000 euros, représentant environ 60 millions de francs CFP, doit également permettre d’améliorer les déplacements aériens entre Port-Vila et les provinces.
Un câble sous-marin pour renforcer la connectivité
La France prévoit par ailleurs de contribuer à hauteur de 18 millions d’euros, soit environ 2,1 milliards de francs CFP, au projet SMART et à son dispositif de surveillance climatique.
Le programme comprend l’installation de capteurs sous-marins capables de détecter les séismes et les tsunamis, tout en améliorant la connectivité numérique du Vanuatu grâce à un câble sous-marin reliant plusieurs communautés.
D’autres initiatives concerneront la surveillance volcanique, la restauration des écosystèmes et la préparation aux catastrophes naturelles.
France Volontaires va étendre ses missions
France Volontaires doit également renforcer son dispositif au Vanuatu. Une trentaine de volontaires français devraient être déployés dans les six provinces dans les domaines de l’éducation, de l’agriculture, du sport, de la francophonie et de la gestion des risques.
En parallèle, trois étudiants ni-vanuatu doivent effectuer une mission d’un an en Nouvelle-Calédonie, dans le cadre des premières missions réciproques de ce type.
Quinze microprojets communautaires, cofinancés avec les Pays-Bas, seront aussi mis en œuvre dans les six provinces. Ils concerneront notamment le stockage de l’eau de pluie, la rénovation d’un bâtiment chirurgical à Norsup, le soutien aux producteurs de Tanna et l’amélioration de la surveillance volcanique.
Une ambassade appelée à rester durablement au Vanuatu
Après le séisme de 2024, l’ambassade de France a été transférée dans de nouveaux locaux. Des travaux d’extension doivent permettre d’accueillir l’ensemble des services français, mais aussi de proposer un espace accessible au public.
Au terme de ses quatre années de mission, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer insiste sur les liens humains créés avec les autorités, les responsables religieux et coutumiers, les entreprises, les médias et la société civile.
Pour le diplomate, la relation entre la France et le Vanuatu est désormais plus profonde, plus pragmatique et mieux ancrée dans les réalités locales. Les projets annoncés dans la santé, l’éducation, la sécurité et le climat doivent désormais transformer ce rapprochement diplomatique en résultats concrets pour la population.
