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Au delà du récif

Les jeunes craquent pour de Gaulle

12 septembre 2026 à 05:12
4 min de lecture
Les jeunes craquent pour de Gaulle

Résumé IA

Sorti en juin, le diptyque « La Bataille de Gaulle » réunit près de six millions de spectateurs en France, séduisant un public jeune. À Lille, la maison natale du général voit sa popularité grimper, et des spectateurs, comme Françoise et son petit-fils, témoignent d'une transmission familiale. Des jeunes adultes, tels que Marine et Antoine, saluent le courage et la stature du personnage historique.

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Près de six millions de spectateurs. Pour deux films consacrés à Charles de Gaulle.
Cinquante-cinq ans après sa mort, le Général remplit encore les salles et conquiert une jeunesse qu'on disait indifférente.

Le récit national, valeur sûre du box-office

Leur sortie, en juin, avait été compliquée. Les deux longs-métrages de La Bataille de Gaulle ont pourtant signé un succès quasiment inespéré.

Près de six millions d'entrées. Le chiffre parle de lui-même.

Et le phénomène dure. La semaine dernière encore, le diptyque figurait dans le top 10 des œuvres les plus vues au cinéma en France, plusieurs mois après une sortie que rien ne destinait à un tel parcours.

Ce résultat dépasse le simple cas d'un film qui marche. Le Général s'est imposé parmi les locomotives d'un été où les salles ont battu leur record de fréquentation estivale depuis quinze ans, aux côtés de Spider-Man et de L'Odyssée. L'onde de choc gagne même le patrimoine : à Lille, la maison natale du général de Gaulle voit sa popularité grimper dans le sillage des films.

Il y a là un enseignement. Quand la France se raconte avec ambition et sans complexe, les Français répondent présents.

Et à la sortie des salles, ce ne sont pas des souvenirs figés qu'ils évoquent. Ce sont des vertus.

Une transmission qui se joue loin des salles de classe

Derrière les chiffres, une réalité s'impose : 55 ans après sa mort, Charles de Gaulle fascine toujours. Mieux, cette fascination se transmet.

Françoise en est l'illustration. Retraitée, rencontrée à la sortie d'un cinéma lyonnais, elle a été séduite par la façon dont les deux films restituent la stature du général. Elle voit en lui un homme hors du commun et se félicite que la France ait pu compter sur des hommes ayant eu l'étoffe d'accomplir ce qu'il a accompli.

Le plus révélateur reste pourtant son petit-fils.

Treize ans et demi. Emmené voir le premier volet, il a demandé, à peine sorti, à découvrir le second. Grand-mère et petit-fils ont enchaîné dans la foulée, dans le même cinéma.

Un adolescent qui réclame une seconde séance consacrée au Général, dans le cadre d'une sortie en famille : la transmission trouve ici sa forme la plus naturelle. Un lien entre générations, et un grand récit partagé.

Le cinéma vient aussi combler ce que l'école n'a parfois qu'esquissé. Tom, 26 ans, avait bien croisé le nom de de Gaulle en cours d'histoire. Il admet pourtant qu'il ignorait la véritable importance de son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale.

Connaître un nom est une chose. Mesurer un destin en est une autre.

Le courage d'un homme seul, et l'absence d'héritier

Chez les jeunes adultes, une vertu revient avec insistance : le courage.

Marine, 26 ans, dit mieux saisir aujourd'hui la dimension du personnage. Ce qui la fascine, c'est sa solitude de départ. Un homme seul, pris pour un fou, qui parvient peu à peu, avec une grande liberté, à convaincre et à rallier autour de lui.

Tout le mythe gaullien tient dans cette trajectoire. Refuser la résignation quand tout y pousse. Puis entraîner les autres.

Pour Antoine, 20 ans, l'admiration déborde largement le cadre de la guerre. Il voit dans le Général une source d'inspiration, un homme porteur de grandes valeurs, prêt à tout pour son peuple et engagé pour la France.

Le jeune homme pousse la réflexion jusqu'au terrain politique. À ses yeux, aucune figure de la vie publique actuelle ne soutient la comparaison.

Le verdict est sévère. Il n'en est que plus éclairant, alors que de nombreux responsables politiques se réclament encore de Charles de Gaulle.

Car la jeunesse qui sort de ces salles ne cherche pas une étiquette. Elle cherche une stature.

Invoquer le Général est à la portée de tous. L'incarner est une autre affaire.

(Crédit photo : Malgosia Abramowska)